‹ La double mépriseChapitre 8 sur 61 · NOTICE SUR HYACINTHE MAGLANOVICH · texte numérisé non relu

NOTICE SUR HYACINTHE MAGLANOVICH

fessent pom* la plupart *. Un a\jan ou maire de Livno le tira de leurs mains et le prit à son service, oîi il passa quelques années.

Il avait quinze ans quand un moine ca4^holique réussit à le convertir au christianisme, au risque de se faire empaler s'il était découvert; car les Turcs n'encouragent point les travaux des missionnaires. Le jeune Hyacinthe n'eut pas de peine à se décider à quitter un maître assez dur, comme sont la plupart des Bosniaques ; mais, en se sauvant de sa maison, il voulut tirer vengeance de ses mauvais traitements. Profitant d'une nuit orageuse, il sortit de Livno, emportant une pelisse et le sabre de son maître, avec quelques sequins qu'il put dérober. Le moine qui l'avait rebaptisé l'accompagna dans sa fuite, que peutêtre il avait Gonseillée.

De Livno à Scign en Dalmatie, il n'y a qu'une douzaine de lieues. Les fugitifs s'y trouvèrent bientôt sous la protection du gouvernement vénitien et à l'abri des poursuites de l'ayan. Ce fut dans cette ville que Maglanovich fit sa première chanson : il célébra sa fuite dans une ballade qui trouva quelques admirateurs et qui commença sa réputation 2.

Mais il était sans ressources d'ailleurs pour subsister, et la nature lui avait donné peu de goût pour le

1. Tous ces détails m'ont été donnés en l8-i7 par Maglanovich lui-même.

2. J'ai fait de vains efforts pour me la procurer. Maglanovich lui-même l'avait oubliée, ou peut-être eut-il honte de me rccitrr son premier essai poétique.

Page 1