AVANT-PROPOS
toujours, qu'il était nécessaire aujourd'hui de montrer, aux petits Français et aux petites Françaises, pourquoi nous devons aimer la France et ne jamais désespérer d'elle, car déjà le sujet que je devais traiter m'apparaissait; je me dis qu'il y a des désignations inattendues, qu'il faut les écouter comme des voix ayant autorité, et qu'elles sont dignes surtout d'examen lorsqu'elles troublent nos préférences et l'ordre de nos pauvres projets.
Bientôt je n'hésitai plus. Oui, j'écrirais pour les écoliers de France. Je leur dirais ce qu'est l'âme de ce pays, son caractère, sa vocation, son visage de nation. Le titre allait de soi. Ce serait La Douce France, vocable magnifique, où toute la tendresse de nos pères est enclose, et qui fut vivant dès le xi^ siècle dans les poèmes populaires, et dans les cœurs longtemps avant.
Enfants, comprenez bien pourquoi la France est appelée douce. On l'a nommée ainsi à cause de sa courtoisie, de sa finesse, de son cœur joyeux et tout noble. Mais la Douceur n'est pas faible, elle n'est pas timide. La Douceur est forte. La Douceur est armée pour la justice et pour la paix. Elle ne fait pas d'inutiles moulinets avec son épée, mais elle