‹ La douceur de croire: pièce en trois actes, en versChapitre 25 sur 33 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

DEUXIÈME ÉTUDIANT

La Science a des droits sacrés...

Qu'il parle!

LA FOULE

Non!

PREMIER ÉTUDIANT

Vous parlerez, Maître! nous saurons vous défendre!

SIMON

Pourra-t-il nous prouver jamais Par des mots?...

MAITRE ANDRÉ, se redressant.

Des mots?... Non, des faits î

OLIVIER, de très près, à Mailre André, arec chaleur.

Maître, au nom de ma fiancée, De Lisbeth, que vous aimez tant.

Ne bravez pas, en l'irritant.

Toute cette foule ofTensée !

mon cher Maître, calmez-vous!

Craignez que le ciel en courroux Ne vous entende et ne la venge, La douce Sainte au regard d ange.

Qui vous contemple de là-bas !

Il montre la statue.

MAITRE ANDRE, ironique, croisant les bra^ et regardant la statue.

Elle? Je la regarde en face Et sans crainte! Quoi que je fasse, Le Ciel ne la vengera pas...

Car au Ciel elle n'a point place!

Grand mouyement dans la foule. Musicf de scène jusqu'à la fin du tableau.

SIMON

Quel blasphème a^t-il proféré!

PREMIER BOURGEOIS

Anathème sur Maître André!

LA FOULE, menaçante.

Anathème I ... A mort I . . . Sus au traître !

PREMIER ÉTUDIANT, ba«, & Mattre André.

Fuyez, de grâce î

DEUXIÈME ÉTUDIANT, de même.

Fuyez, maître!

LA FOULE, de plus en plag menaçante.

Sus au traître ! Il a blasphémé

Le nom d'Hilda!... Mort àTinfâme!

Votre sainte n'est qu'une femme !

LA FOULE

Anathème !

MAITRE ANDRÉ

Ce nom aimé Qui courbe vos fronts jusqu'à terre; Ce nom qu'entoure le mystère De tout un passé merveilleux ; Ce nom qu'adoraient nos aïeux Et que chérit votre tendresse.

Ce nom — - j'en atteste les cieux — N'est que le nom d'une traîtresse I

Il monte vivement, menaçant, rers la statue.

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