I. — LES ALGIES POTTIQUES D'ORIGIiNE CERVICALE
Les Potts cervicaux sont les plus rares, mais leur symptomatologie douloureuse nous a paru assez riche.
Nous avons observé ?? cas douloureux. I] nous ont permis d'individualiser un certain nombre de douleurs. Certaines ont quelques caractères particuliers. La plupart ne sont qu'une manière d'être des algies jusque là notées, dues à la localisation dans ce segment rachidien,
Ce sont :
Les torticolis,
les douleurs funiculo-radiculaires,
les douleurs pseudo-névralgiques,
les sensations dysesthésiques des membres et les phénomènes sympathiques,
les douleurs fulgurantes,
les douleurs d’abcès,
les viscéralgies.
l. — Les Torticolis
Nous avons observé des torticolis à types de courbatures cervicales vespérales. Ils cédèrent au décubitus, à l’immobilisation, au repos. Ils nous ont paru entièrement superposables aux lombalgies et aux dorsalgies.
Leur nature musculaire, en rapport avec la contracture des muscles cervicaux, est des plus vraisemblable. Mais la direction différente de chacun des principaux groupes musculaires cervicaux leur confère trois aspects cliniques particuliers
— Le Torticolis trapézien a été noté dans l'observation C 4.
C'était un Pott cervical moyen : O 3 - G 4 - C 5. Il evpliquait l'allure de l'algie cervico-scapulaire, et sa prédominance au début de l'affection sur la partie postéro-supérieure du moignon de l'épaule, sur l’acromion, aux points d'insertion scapulaire du muscle.
Elle s’étendit par la suite, prédominant cependant aux insertions inférieures scapulaires et supérieures occipitales.
— Le Torticolis postérieur.
Le torticolis postérieur des muscles de la nuque à été observé dans l'observation CG. 2 Poti CO 6 - G 7 - D 1).
Ce torticolis traduit la contracture des muscles de la nuque, et en particulier, du complexus et du splenius, dont les insertions inférieures atteignent la région dorsale supérieure et descendent jusqu'à la 4 et la 6° verlèbre dorsale. C'est cette algie de contracture qui explique la parenté des douleurs cervicales et dorsales supérieures, l'une et l'autre se traduisant par la même manifes- (ation algique, « un poignard planté entre les deux épaules ».
— Le:torticolis sterno-mastoidien.
Le torticolis sterno-mastoïdien a été observé dans un cas de
LA
Mal de Pott sous-occipital (Obs. GC 4).
Nous avons cru retrouver sa description dans les remarquables travaux de Bergmann et dans la thèse de Lucien Rousset. Ces auteurs décrivent en effet une algie mastoïdienne et retro-mastoïdienne qu'ils considèrent comme d’origine névralgique.
En fait, il nous a semblé qu'il s'agissait d’une douleur de contracture, intéressant le sterno-cloïdo-mastoïdien, et plus particulièrement, son trousseau fibreux d'insertion mastoïdienne.
Il. — Les Douleurs funiculo-radiculaires
Ces douleurs ont été notées dans deux observations : CROP POTC CU = D'IOpbS,/C 3 Pott OC 4 = C 5.- C6
Aux deux foyers de localisation de ces deux maux de Poli correspondaient deux territoires d’algies radiculo-funiculaire,
Dans le premier cas, les douleurs irradiaient dans les terriioires CO 8 - D 1 du bras ; elles avaient tous les caractères des funiculalgies, sur lesquelles nous ne reviendrons pas.
Dans le second cas, la douleur était thoracique supérieure ; elle correspondait au territoire de la 4° cervicale. C'était une douleur en chape; avec manifestations objedtives de douleurs à l'émergence nerveuse.
HT. — Les Douleurs pseudo-névralgiques
Nous avons cru déceler un cas de douleurs pseudo-névralgiques au cours du Mal de Pott cervical (Obs. CO 8).
il s'agissait d'une douleur en barre étendue d’une épaule à l’auire, de caractère constrictif et pongitif, sans signes objectifs. Comme pour les autres Potts, nous l'avons considéré d’origine sympathique ou plutôt articulaire, en tous cas, elle n'entrait ni dans le cadre de radiculalgies, ni dans celui des funiculalgies.
IV. — Les sensations dysesthésiques des membres et les phénomènes sympathiques
L'observaiton C 3 décrit le seul cas que nous ayons de sensations dysesthésiques par compression cervicale. Cette sensation dysesthésique accompagnait une diplégie bracchiale ; elle se caractérisait par des fourmillements, des crampes et des impressions de chaleur dans les deux membres supérieurs. Comme dans les autres compressions médullaires, nous lui avons reconnu une origine sympathalgique.
C'est à ces phénomènes sympathiques que nous rattacherons des phénomènes douloureux décrit par Barré au cours des arthrites chroniques sous le nom de : « Syndrôme Sympathique cervical postérieur ».
Il s’agit de phénomènes douloureux entièrement subjectif: auxquels Barré reconnaît une éliologie purement sympathique.
Il oppose ce syndrome algique a usyndrome objectif de Claude Bernard Horner.
Ce syndrome se caractérise par une céphalée occipitale, des troubles vertigineux, des troubles visuels, des bourdonnements d'oreille, un abaissement de la voix et une sensibilité particulière de la région profonde du cou.
Ces phénomènes ont élé observés plusieurs fois au cours du mal vertébral par notre Maître le Docteur Georges Hue. Il leur reconnaît la même étiologie que Barré. Comme celui-ci, il met en cause le nerf sinu-vertébral.