CHAPITRE DIX-SEPTIÈMK
de cent trente-quatre rubis, mais il ne peut dire s'ils font partie de ceux portés en l'état dont il vient de parler.
« Dans les jardins il a été trouvé un gland servant
à un cordon de montre, un porte-crayon d'or
Nous avons trouvé dans les papiers de l'accusée une lettre qui indique la signature rayée de Forth et de Betmaschuson, qui étoit très-lié avec lui. Je l'ai vu fréquenter l'accusée, qui, ayant plusieurs domiciles dans Paris, y recevoit des émigrés ou des partisans de ceux-ci (1). A l'égard des diamants de 1791, l'opinion générale dans Luciennes est que le vol étoit prétendu : j'observe qu'au retour de l'accusée, lors de son premier voyage àLondres, il m'a été présenté un certificat anglois, signé par le duc Guicusbert, grand ennemi de la Révolution françoise. C'est d'après ce certificat qu'elle a sollicité tous ses passeports auprès du département et du ministre des affaires étrangères. »
Dumas, vice-président, à l'accusée.
D. « Quel est le portrait de femme qui a été trouvé dans le jardin, enterré dans le fumier avec celui de Louis XV habillé en carme ? »
R. « Je l'ignore. »
D. « Avez-vous reçu chez vous Forth? «
(1) Ce renseignement devait venir de Salenave, qui dans une lettre à madame du Barry se disculpe de l'avoir dénoncée, affirme « que ce n'est pas lui qui a dit qu'elle avoit trois logements à Paris au mois de septembre dernier, que ce n'est pas lui qui a dit qu'elle avoit été en cachette chez M. de IS'ivernois ».
R. « Oui. »
D. « Vous avez déclaré dans votre premier interrogatoire que, lors de votre retour en mars 1793, votre procès étoit fini : or, je vous demande pourquoi le certificat portoit qu'il y avoit nécessité que vous retournassiez en Angleterre (1). »
R. « C étoit pour recevoii' mes diamants et payer les frais. ))
Greive reprend la parole et ajoute « que l'accusée en a imposé à la Convention, afin d'obtenir une permission d'aller en Angleterre en prétendant que ses bijoux soi-disant volés étoient le seul gage de ses créanciers, tandis qu'elle possédoit des trésors immenses : 150,000 livres de rentes sur l'Hôtel de ville de Paris, cent quatre-vingt-six actions à la Caisse d'escompte de la valeur de 700,000 à 800,000 livres, de diamants et pierres précieuses, de l'or, de l'argent monnoyés en quantité, pour une somme immense d'or et d'argenterie travaillés, un magasin énorme d'étoffes et des marchandises les plus riches, des biens-fonds considérables, une fortune enfin en meubles et en immeubles, que l'on peut évaluer de dix à douze millions, et qu'elle entretenoit à la même époque une maison des plus fastueuses, composée de près de quarante domestiques » .
(1) Sur iine fiche de Greive on lit : « Après son retour forcé de Londres, au mois de mars, elle s'est ser\'ie de tous les moyens possibles pour avoir un nouveau passe-port, sous prétexte que sa présence étoit nécessaire à Londres pour le 17 avril. J"ai eu entre les mains des certificats pour cet effet signés du duc de Quensbury et d'un certain Whitshed Kesne, deux des plus bas valets de Georges III, ennemis les plus acharnés de la révolution, fait dont j"ai p".rlé dans ma brochure. »