FOURNI A MADAME LA COMTESSE DU BARHY PAR BERTIN
DU Grand Mogol.
Octobre 1779. — Un chapeau à grande forme, de paille blanche, relevé des deux côtés et bordé de ruban ; un tour et un grand nœud de large ruban blanc et bleu cannelé, moucheté de noir; un gros panache de plumes noires et blanches que madame la comtesse a fourni 24 1.
Février 1780. — Un grand tablier de crêpe rayé de bandes de satin blanc découpées, cousues à plat ; une belle blonde, grande hauteur, à étoiles badinée tout autour, et une bande de satin à plat sur la couture 00 I.
Août 1780. — Un chapeau à grande forme à paille bleue anglaise doublée de taffetas; un tour et deux nœuds de large ruban satiné 24 1.
Décembre 1783. — Un fichu en colinette bordé par en bas d'une comète en satin blanc et d'une belle blonde fond d'Alençon, à bordure droite, la fraize garnie à deux rangs de la même blonde et du ruban de satin blanc dans la coulisse 120 1.
Janvier 1784. — Une chemise ajustée en crêpe, les parements bordés de velours noir, les manches garnies à plis plais, un bracelet au milieu de satin rose bordé de velours noir, et une boucle d'acier, une pièce en crêpp bordée de deux rangs de boutons d'acier, un jupon do crêpe garni par en bas d'un volant bordé haut et bas do velours noir, une jupe de taffetas d'Italie rose bordée do velours noir , 144 1.
Mai 1784. — La garniture d'une robe à l'anglaise d'étofife blanche à étoiles jaunes, les parements garnis grosse chicorée de gaze d'Italie découpée, deux cordons de même chicorée au jupon (1) 90 1.
Aux armes de France, chardon, marchand chapelier... Le seul dans Paris qui tient les vrays castors anglais pour les dames portant leurs plumets naturels, pluches ou non pluches, chapeaux d'amazonnes, de bal, de chevalet pour la chasse, a fourni a madame la comtesse du barry :
Septembre 1779. — Un castor superfin pluché. . 30 1.
(1) tJne quantité d'articles sont remis par Le Normand, Pagelle, M"' Bertin, Bertin du Grand Mogol à madame Sigly, la couturière de madame du Barry.
Une garniture de large ruban anglais 6
Un bouquet de belles plumes fines et blanches et une follette puce 108 1.
MÉMOIRE POUR MADAME LA COMTESSE DC BARRY DES OUMIAGES ET FOURNITURES FAITES PAR CARLIER, MAITRE TAILLEUR A PARIS (1).
Mars m i. — Pour le coureur, fait une polonaise de drap bleu céleste bordé d'un galon d'argent, veste et culotte de tricot de soie couleur chamois, façon lo 1.
Fourni ^ au. 1/2 de drap bleu céleste à 22 livres l'aune 33 1.
3 au. i/2 de croisé chamois pour la doublure de la polonaise, à 6 1. 10 s. l'aune 22 I. 15 s.
1 1 aid. de galon d'argent à l'aune qui borde la polonaise et veste, pesant? onc. 2 gr., à 7 1. 10 s. . D41.7s.6d.
Fourni 6 houppes en argent garnies de corde. 191.2s.6d.
2 pièces de tricot de soie chamois pour la veste et la culotte, à 24 livres chaque 48 1.
12 gros boutons d'argent pour la polonaise. 6 1. 10 s.
3 douz. 1 /2 de petits pareils pour la veste, culotte et manches de la polonaise H 1. 7 s. 10 d.
1 paire de jarretières d'argent à l'aune assortie aux boutons 12 1.
Mais 1774. — Pour Zemord {sic), fait une polonaise et fourni deux culottes de baracan, façon 12 1.
Fourni 5 aid. de baracan gris de fer pour la polonaise et 2 culottes à 6 hvres 30 1.
9 aid. de tresse de soie de galette qui borde la polonaise et veste, à 12 Uvres l'un, etc 58 1.
Novembre 1774. — Pour Zemord. Avoir fait vme redingote et veste de drap large anglais, bordées d'une tresse
(1) Dans ce compte 'l y a le détail d'un habillement fourni à M. Desontaines, secrétaire de la comtesse du Barry,
assortie, les boutonnières faites de même et culotte pareille, façon 12 1.
Avril 1775. — Pour Zemord. Avoir fait un frac complet bordé d'un galon d'or à l'anglaise, ayant deux culottes, façon 15 1.
Fourni 3 aid. de drap vert de Saxe pour le frac, veste et culottes, à 26 livres l'un 78
8 aid. de galon d'or qui borde le frac et veste pesant 3 onces 7 gros, à 11 livres 42 I. 12 s. 6 d.
Dans d'autres comptes de Carlier, conservés à la bibliothèque de la ville de Versailles, M. Le Roi a encore relevé pour Zamoi'e :
Un costume de houzard, blanc, galonné en argent, habit, culotte, bonnet et brodequins eu poult de soie, boutons d'argent, ceinture et petit sabre. Plume au bonnet avec houppe et paillettes.
Un costume de houzard en velours cerise galonné en argent, le ceinturon et le fourreau du petit sabre en velours de même couleur.
Un autre costume couleur de chair, plume et houppe au bonnet de même couleur.
U'n autre de cannelé rose garni d^rgent.
Un autre en étoffe d'argent et rose.
Un autre en taffetas blanc garni d'argent.
Un costume de matelot de bazin de Silésie , bonnet et culotte de bazin, le tout garni de brandebours d'argent, rubans de soie rose au bonnet, ceinture de taffetas avec franges d'argent.
Ces comptes de taUleur, ces comptes de Carlier sont, au fond, pleins de révélations historiques. C'est ainsi que le prêtre Gomard de Vaubernier, qui avait donné son frère comme père à la Lange , et qui allait faire fabriquer le faux acte de naissance pour le mariage, nous le voyons habiller aux frais de la favorite pour remplir les démarches à ce nécessaires, en tenue convenable. Au mois de mars 1768 Carlier recevait la commande pour l'abbé d'un habit com-
plet de drap noir et de deux culottes (1), et dans le mois d'août la commande, toujours pour l'abbé, d'un frac de bouracan marron à boutons d'or, d'un habit, veste, culotte de camelot de Lille, d'une soutanelle de drap et d'un manteau de raz de Saint-Maur; frac, habit, soutanelle et manteau bien certainement portés par Gomard de Vaubernier à la cérémonie du mariage de la Lange avec Guillaume du Barry, célébré à la paroisse Saint-Laurent le !«' septembre 1768.
Ces comptes de Carlier nous montrent toute la valetaille de la favorite sous sa grande et petite livrée.
Madame du Barry avait huit valets de chambre : Déglé, Pellier, Frémont, Bellecour, Bourguignon, Augustin, Luxembourg et Paris. Elle avait huit valets de pied : Noël, Morin, Desmoulins, François, Raclot,Deflandre, La France et Etienne.
La grande livrée se composait d'un habit de drap écarlate galonné en or et doublé de gros de Naples blanc pour les basques, le devant de l'habit et les manches ornés de brandebourgs avec franges et bouillons en or, culotte et veste écarlate avec boutons d'or, jarretières d'or en tresses, bouts et boucles de culotte en or.
Pour la petite livrée , l'habit était de drap chamois galonné d'argent, veste et culotte en soie chamois à boutons d'argent. Les jarretières de la culotte ainsi que les bouts et les boucles étaient d'argent.
Par les mauvais temps, les laquais portaient par-dessus la livrée une redingote de drap gris.
Il y avait deux cochers : Comtois etMazières. Leur livrée était de drap bleu céleste, veste chamois, boutons d'argent.
Les piqueurs qui couraient devant sa voiture étaient Delorme, Tavernier, Morlot. Leur uniforme était de drap bleu galonné d'argent sur toutes les coutures et à boutonnières d'argent.
(1) Bulletin de la bibliothèque de la ville de Versailles. N» 111, 1872,
Les postillons, — madame du Barry étant toujours menée à quatre chevaux, — se nommaient Lajeunesse, Durand, Mathurin. Ils portaient une veste de drap bleu galonnée d'argent ainsi que les boutonnières.
Deux porteurs de chaises, alors en usage pour se promener dans un parc ou se rendre visite, avaient la livrée de drap écarlate galonnée d'argent.
Cinq palefreniers, deux sous-palefreniers à livrée bleue galonnée d'argent, complétaient l'écurie.
De plus, un maître d'hôtel, un officier d'office, deux valets de garde-robe, un suisse et deux jardiniers, tous portant la livrée bleue à galons d'argent, formaient la domesticité mâle de la maîtresse du Roi (i).
MEMOIRE D UN MEUBLE BRODÉ POUR MADAME LA COMTESSE DU BARRY PAR TRIPPERET, MARCHAND ET BRODEUR DU ROY PRÈS LES NOUVELLES CATHOUQUES , COMMENCÉ AU MOIS DE SEP- TEMBRE 1769.
Douze grands fauteuils de gourgourand de soie jaune, brodés en bordures de fleurs de soie nuées au naturel d'après le tableau, au milieu de laquelle bordure il y a à chacun un médaillon fond blanc représentant difl'érents paysages et figures aussi d'après le tableau, brodés en soies nuées et satinées : lequel médaillon est soutenu par un beau nœud de ruban rayé ; les manchettes desdits fauteuils brodées aussi à bordures et médaillons, à six cents livres 7,200 1.
Ottomane brodée de même à six grands médaillons représentant les Moissonneurs 2,400 1.
Écran de même 4o0
(1) Bulletin de la bibliothèque de la ville de Versailles. (Article de M. Le Roi.) N« 111, 1872.
MÉMOIRE DE MADAME LA COMTESSE DU BARRY, POUR OUVRAGE FAIT ET LIVRÉ PAR MOI, DAVAUX , BRODEUR, RUE SAINT- DENIS.
Janvier 1770. — Livré un grand habit, et la jupe, et le corset, et la pièce d'estomac de tissu argent brodé en paillettes or et argent, et réseau or et paillons de couleur et soie nuée de toutes sortes de bouquets. Prix fait avec madame la comtesse 10,600 1.
Octobre 1770. — Livré un fauteuil sur fond blanc d'une guirlande de roses brodée en soie nuée, pour. . . 432 1.
De plus, avoir payé à M. de Saint-Aubin pour le même fauteuil .' 60 1
De plus avoir payé à M. de Saint-Aubin pour le dessin du grand habit 200 1.
Avril 1774. — Livré une paire de bas, les quatre coins brodés en or et argent, paillettes et paillons de couleur, pour 48 1.
LIQUIDATION DE FOURNITURES ET DE RACCOMMODAGE DE MONTRE A MADAME LA COMTESSE DU BARRY PAR LEDIT SIEUR LE- PAUTE.
Pour le prix d'une montre enrichie de diamans vendue par ledit sieur à ladite Dame, la somme de cinq mille quatre cents livres 5,400 1.
Et pour réparations faites à la montre d'or émaillée de ladite dame, suivant mémoire dudit sieur du 7 juin 1774 96 1.
ÉTAl DES ILUCUANDISE5 QUE FONTAINES, UAUCHIND d'ÉT0FFS9
ÉTRANGÈRES, Au Laïu'ier du Roy, a ed l'honneur de