SCÈNE VI
LA DUCHESSE, puis le CONCIERGE.
Elle arrive de la gauche en chancelant, et craignant de défaillir
à chaque pas.
J’y suis enfin 1 c’est ici! c’est ici! (Les yeux au ciel.) Delà
force, O mon Dieu ! de la force ! (Ello rassemble son courago et s e dirige rapidement vers la voûte, quand une voix l’arrête brusquement. C’est la voix du concierge, qni ouvre sa porte.)
LE CONCIERGE
• Madame ! madame 1 on n’enlre pas !
Comment, on n entre pas!... moi!... ali! (Elle va pour passer outre.)
LE CONCIERGE, plus fort et venant à elle.
Madame ! madame, retirez-vous!
Je veux parler au ministre de la police.
LE CONCIERGE
Impossible, madame, impossibe !
Il faut que je le voie, à tout prix ! il faut que je le voie!
LE CONCIERGE
Cela no se peut pas, madame, je vous en prie, retirezvous.
Il faut qu’il soit instruit sans relard d’un événement d’où dépend ma vie... plus que ma vie!... conduisez-moj vers lui... ou bien faites-le prévenir !... Je vous demande de me rendre un grand service, voici une grande récompense. (Tirant son portefeuille.) Prenez cet àrgent!
LE CONCIERGE, le repoussant.
Non, madame, non! je ne puis accepter, et je neveux pas non plus perdre ma place , ma retraite, le pain do mes enfants.
Que vous rapporte votre place? de combien votre retraite? quelle compensation voulez-vous? dix mille francs, vingt mille?... (Défaisant son bracelet.) Tenez, prenez ce bracelet, il en vaut le double.
LE CONCIERGE
Oh !
Monsieur!... mon ami!... je vous en prie do toute mon âme... faites ce que je vous demande. (Brusquement.) Ah! vous me croyez folle, peut-être!... Oui, oui !... je suis folle de douleur!... mon Dieu!., mon Dieu! que pourrais-je Vous dire! Vous avez des enfants! moi aussi, j’ai un enfant, je vous implore en son nom!... et au nom de vos enfants à vous!... Allez, faites prévenir le ministre... qu’on lui dise!... qu’on lui crie que je veux le voir, moi la duchesse de... (Se repre-