SCÈNE QUATORZIÈME
f n'était pas avec toi qu'elle se remariait. La bataille » a été vive, la duchesse se sentait bien quelque goût » pour toi^ mais tu avals un rival qu'il n'a pas été
> facile de déloger ; ma femme cependant a fini par » l'emporter. Elle a rappelé combien tu étais drôle, » et gentil, et amusant. Elle a fait allusion à je ne sais » quel roman ébauché entre la duchesse et toi... En » fin de compte, voici ce qui a été décidé : la du- » chesse va s'en aller à son château des Barres. Ledit
> château est à deux ou trois lieues de ton castel... » en se promenant dans la campagne elle fera sem- » blant de t'apercevoir à ta fenêtre, elle entrera chez » toi comme par hasard, mais la vérité est qu'elle y » entrera pour te déclarer qu'elle t'adore et pour t'of-
> frir sa main. Conduis-toi en conséquence et reviens- )> nous le plus vite possible. » Et voilà, ce n'est pas plus difficile que ça!... et l'idée ne leur est pas venue que cela pouvait me déplaire que l'on disposât ainsi de ma personne sans même prendre la peine de me consulter ; l'idée ne leur est pas venue que, lorsque leur lettre arriverait, je pourrais me trouver dans une disposition d'esprit telle que cette lettre, au lieu de me ravir, m'irriterait, me rendrait furieux....
Saturnin est entré an peu oTtal les derniers mots.