SCÈNE PREMIÈRE
au cercle^ ou bien encore... (ii fait claquer ses doigts.) Ah! c'était le bon temps... que voulez-vous? le boa te.nps est passé... nous sommes ruinés pour le moment^ absolament ruinés...
JACQV1SS.
Oui, quant à ça, absolument.
SATURNIN
Eh bien! c'est bon, nous prendrons patience... en attendant que la fortune revienne et que nous puissions retourner à Paris...
JACQUES
C'est que voilà... je crois bien que la fortune n'a nulle envie de revenir, et j'ai grand'peur que jamais nous ne retournions à Paris...
SATURNIN, incrédala.
Ohl
JACQUES
Je ne voudrais pas te tromper...
SATURNIN
On s'ennuiera alors, cC Ton tâcherm de s'y faabâiuor.
JACQUES
Je t'assure que tu ferais mieux...
SATURNIN
Oh! je vous en prie. Monsieur m'a dit quelquefois que je n'étais pas pour lui un domestique ordinaire...
Sans doute, nous avons fait la guerre ensemble...
SATUUNIN.
Justement... Vous n'avez pas élé trop méconlenl de moi... j*ai été, moi, enchanté de mon officier de vingt ans... Eii bien, puisque c'est comme ça» ne parlons plus de mon départ, n'est-ce pas?
JACQUES se lè.e
Ne te fâche pas, Saturnin^ nous n'en parlerons plus.
SATURNIN
A la bonne heure. . .
JACQUES
Qui est-ce qui nous arrivc-là? il me semble que j'entends. . .
SATURNIN, à la fenêtre du fond.
Cestle docteur dans sa petite voiture... il est avec sa fille...
JACQUES
Ab! Diable! Avons-nous des bonbons au moins?..
(n regarde dans une bonbonnidre). Elle est tOUt à fait gentille^
cette gamine...
Oui, elle est gentille^ mais elle se fâcherait si elle savait qu'on l'appelle gamine... Nous allons avoir seize ans . . .
JACQUES
Si ce n'était pas une gamine est-ce que tu te figures que son père la laisserait venir ainsi.