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La D�votion au Tr�s-Saint-Sacrement

Mandement de Monseigneur PÉvêque de Montréal, pour approuver et recommander une Association de Prières dite La Dévotion au Très - Saint - Sacrement, ou V 'Adoration Perpétuelle.

IGNACE BOURGET, par la miséricorde de Dieu et la grâce du St. Siège Apostolique, Evêque de IVjfontréal, etc., etc.

Au clergé séculier et régulier, aux communautés religieuses et à tous les pieux Fidèles de notre Diocèse, Salut et Bénédiction en notre Seigneur Jésus-Christ.

Une Pieuse Association, N. T. C. F., se forme en ce moment dans divers pays du monde catholique, dont la fin est de travailler à faire louer, honorer et servir N. S. J. C, résident nuit et jour dans la Ste. Eucharistie, et à sauver des ames.

Pour remplir cette fia sublime, elle se propose de procurer des Adorateurs au Très- Saint-Sacrement, pour que dans aucune Eglise ou Chapelle, il ne demeure jamais seul. Car elle est vivement touchée de l'abandon où il se trouve, dans tant de lieux où, hélas! on ne voit presque jamais personne du matin au soir. Les chemins qui conduisent à ces églises désertes pleurent amèrement. Viœ Sion lugant. Des oreilles pieuses ont entendu leurs lugubres gémissements : des cœurs religieux en ont été touchés ; et voilà que des troupes d'adorateurs en esprit et en vérité s'unissent et se succèdent aux pieds des Saints Autels. Puissent leurs joyeux cantiques, dans les Portiques du Seigneur, faire cesser à jamais leur accent douloureux.

Notre S. Père le Pape, à la veille d'entrer dans sa laborieuse carrière de tribulations, a béni, avec effusion de cœur, et approuvé hautement cette œuvre de zèle, en l'enrichissant de précieuses Indulgences. Celte Bénédiction est une lettre de créance qui la fera recevoir avec empressement dans toutes les parties du monde catholique, et le prélude certain d'un heureux succès. Il sera donc comblé de bénédiction le dévot peuple d'Adorateurs qui va former cette noble

Association. Plenus erit Benedictionibus, (Deut. 23, 23.)

Nous préconisons aujourd'hui, N. T. Ç, F., solennellement cette admirable Association ainsiimprégnée des Bénédictions Apostoliques, et Nous l'incorporons officiellement aux Associations Diocésaines. Car, dans Notre Lettre Pastorale du six Janvier dernier, Nous ne fesions que vous l'annoncer et recommander. Elle va être dès lors comme la Fontaine qui arrosait le Paradis Terrestre, en se partageant en quatre grands fleuves, pour rafraîchir et fertiliser ce jardin délicieux. Car le S. Cœur de Jésus-Christ, dans le Tabernacle de chaque Paroisse, est la source intarissable des eaux vives qui sa déchargent par les canaux sacrés des quatre Associations de la Propagation de la Foi, des Archiconj réries , de la St. Vincent de Paul, et de la Tempérance, établies pour répandre partout l'abondance et la paix.

Les Règles que nous vous envoyons, à la suite du présent Mandement, vous traceront les devoirs de l'Association. Vous y verrez que pour y appartenir, tout se réduit à passer une heure par semaine au pied de l'autel, et que quatre-vingt-quatre personnes, en s'unissant, peuvent adorer J.-C. présent au St. Sacrement, depuis six heures du

matin jusqu'à six heures du soir ; deux demiheures suffisent, si Ton aime mieux prendre pour cela arrangement avec quelqu'autre.

Rien n'empêche de se faire remplacer. Les riches de la campagne, qui sont éloignés de l'église, peuvent charger de bons pauvres de Jeur village de faire leurs heures d'adoration, et leur donner l'aumône dans cette intention.

Si ia piété qui porte à entretenir des lampes ardentes devant le St. Sacrement est sainte et louable, comme on n'en saurait douter, croyez, N. T.' C. F., que la fondation des lampes vivantes, dans la personne des pauvres, sera même beaucoupplus agréable à N. Seigneur. Oh ! oui : l'aumône faite avec une intention si pure est une huile sainte qui guérit les plaies du péché, dissipe les ténèbres de l'ignorance et adoucit l'amertume des maux qui affligent notre pauvre humanité.

L'on voit que par cette organisation vraiment fraternelle, nous aurons le précieux avantage de pouvoir adorer tout le jour J.- C. dans son divin sacrement. Car la communion des Saints nous fait participer à toutes les œuvres de nos Associés, selon le symbole des Apôtres, et cette parole du Prophète : je suis en partage de biens avec

tous ceux qui craignent le Seigneur, (Ps. 118). Chacun des Associés peut donc se dire en toute vérité, en se réveillant le matin : Je vais adorer toute la journée J.-C. au Tres-Saint-Sacremsnt de V Àntd, car c'est là l'œuvre de son Association. Qu'il est vivement senti ce bonheur par les cœurs qui ont goûté les douceurs des Sts. Tabernacles ! Mais ce n'est là qu'un demi bonheur ; et il faut que l'Association le complète, en procurant à ses Membres le moyen d'être jour et nuit avec un si bon Maître.

En effet, cette Association embrasse le monde entier, et est semblable au soleil qui marche à pas de géant, pour fournir en vingt-quatre heures sa longue carrière.

Ce bel astre, en nous disant adieu chaque soir, s'en va réveiller les peuples d'un autre hémisphère et les avertir de louer Dieu. Il reviendra le lendemain nous faire sortir de notre lit de repos, et nous inviter à le louer à notre tour. Admirable succession de jours et de nuits qui, comme autant de voix harmonieuses, chantent les œuvres merveilleuses de Dieu et publient sa gloire. Dies diei éructât verbum ; et nox nocti indicat scientiam. (Ps. 18).

J\7e voyez-vous pas là, N. T, C. F., une image frappante de notre Association qui,

comme une lampe ardente, brille devant tous les Saints Tabernacles, sans jamais s'éteindre ! parce que ses Membres, qui sont de tous les pays que le Soleil éclaire, se succèdent devant le Très-Saint-Sacrement aussi ficlèlenient que le jour succède à la nuit. Chaque Associé peut donc dire en se couchant le soir : Je vais passer ma nuit en adoration, en union avec tant de tonnes ames qui vont prier pendant que je dormirai. Quel doux repos ! Quel délicieux sommeil ? In pace in idipsiim, dormiam et requiescam.

N'est-ce pas là la vie des Anges ? Oui, vraiment, l'Autel de Jésus est pour nous, infortunés enfants d'Adam, qui gémissons sur cette terre d'exil, ce qu'est pour ces Bienheureux Esprits le Trône de Dieu. L'Eglise est notre Paradis, comme le ciel est celui des ames béatifiées. Nous faisons ici pour le St. -Sacrement ce qu'ils font là-haut pour la divine Essence qu'il leur est permis de voir face à face ; c'e^t-à-dire, que nous vaquons à nos devoirs sans cesser d'adorer Dieu. Et en effet, les Anges ne sont-ils pas employés à divers ministères de charité et de zèle en' faveur de ceux qui doivent recueillir l'héritage du salut ? Cependant ne sont-ils pas toujours en adoration ? Un Prophète vit une sublime Intelligence, jouissant du

profond repos de l'éternelle contemplation de la divine Majesté ; et cependant ses ailes étaient toujours en mouvement. Ce qui, selon St. Bernard, marquait que les Saints qui sont au ciel sont toujours en action, sans jamais s'éloigner de la présence de Dieu. Et telle est, autant qu'il est possible de le faire sur la terre, la vie toute céleste que fait "mener l'Adoration Perpétuelle.

Toujours prier, Toujours travailler. Quelle vie ! Oh ! qu'elle a d'attrait ; et qu'elle est un puissant motif de nous enrôler sous son glorieux étendard !

Maintenant, ames ferventes, en quelque lieu que vous soyez, Nous faisons appel à votre piété ; et nous vous proposons de faire sentinelle devant les 182 Tabernacles de ce Diocèse dans lesquels réside le Dieu vivant. Gardons-le bien tout le jour ; et la nuit, laissons ce soin à nos frères d'un autre hémisphère. Que chaque maison se fasse un bonheur de députer chaque semaine quelqu'un de la famille auprès de l'Adorable Sacrement, pour lui rendre ses devoirs et en obtenir ses grâces. Oh ! qu'alors ils seront aimables et aimés ces Tabernacles du Dieu des Vertus !

Jésus-Christ y réside. C'est notre Dieu : en se logeant dans de si pauvres cabanes, il

montre bien clairement qu'il met ses délices à être avec les en fan s des hommes. Ne mériterait-il en retour que dégoût et ennui de notre part ? Serait-ce trop de faire quelques arpens pour le visiter, lui qui fait chaque jour et si souvent par jour le grand voyage du ciel en terre pour le plaisir de nous voir ! Une heure par semaine consacrée à la visite de son Temple, serait-elle trop longue pour nous, quand lui, le Dieu de Majesté, n'a pas cessé et ne cessera jamais, jusqu'à la fin des siècles, de demeurer avec nous ?

C'est Notre Roi. Les Portes de son humble Palais sont ouvertes à tous, du matin au soir. Assis sur l'Autel, il attend patiemment et avec un air plein de bonté, les visites de ses sujets. Il a les mains pleines de grâces, cherchant à les distribuer à quiconque vient les lui demander. Sa cour est-elle fréquentée, du moins autant que celle des grands du monde ? Hélas ! ces maisons sont toujours remplies ; et dans celle du Roi des Rois, on ne voit presque jamais personne. Le cœur saigne chaque fois que l'on entre dans les églises devenues désertes par la tiédeur de ces temps mauvais.

C'est Notre Père. Le bonheur de ce bon père est d'avoir auprès de lui tous ses en-

fonts. Ses yeux sont toujours ouverts, et ses oreilles toujours attentives au cri de leur misère. Refuserions-nous de faire un pas pour aller lui témoigner notre amour, et lui exposer nos besoins ?

C'est Notre Voisin. Sa maison est bâtie au milieu des nôtres. Nous n'avons souvent qu'un chemin à traverser pour nous rendre chez lui. Ne serait-ce pas une hon- 1 te pour lui, si ces voisins ne daignaient pas l'aller voir ? Ne passerait-il pas pour un voisin ennuyeux, si du matin au soir, il demeurerait seul et sans compagnie ?

C'est Notre Hôte. Il veut bien habiter sous le même toît que les personnes qui vivent en communauté, et y avoir sa chambre comme un autre de la maison. Il ne faut, pour se trouver chez lui, que monter un escalier ou ouvrir une porte. Oh ! le précieux 3 avantage que l'on sait assurément sentir et goûter dans ces saintes maisons ! c'est là sans doute où J.-C doit trouver plus d'adorateurs:' 4 ^ v:'r. :;r:'r

C'est Notre Ami. L'on sait que c'est le propre de l'amitié de ne vouloir point se séparer de l'objet aimé. Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin, dit St. Jean. Il l'a bien prouvé en instituant, la veille de sa mort, le Sa-

crement dans lequel il est réellement présent, pour pouvoir demeurer avec ses amis jusqu'à la fin des siècles* Ce bon Ami nous voit passer et repasser sans cesse devant sa porte. Oh ! quel serait son chagrin, si nous ne nous donnions pas la peine d'y entrer, du moins pour le saluer, et lui dire un mot.

Il n'en sera pas ainsi, N. T. C. F., car chaque Paroisse et chaque Communauté se fera un devoir honorable de bien garder son tabernacle. L'Association, en s'y établissant, y entretiendra de pieux Adorateurs qui seront les représentans du Peuple Saint, comme les pains de proposition étaient devant l'arche d'alliance le Mémorial des vœux des douze tribus d'Israël. Priant au nom de tous, ils fourniront à l'Ange, qui se tient à la droite de chaque autel beaucoup de parfums, pour que son encensoir d'or soit toujours fumant de l'encens des ferventes prières des bonnes ames que l'amour amène au pied des Saints Autels,

En voilà assez et plus qu'il ne faut, N. T. C, F., pour vous animer d'un zèle ardent pour une Association qui impose si peu de devoirs et procure tant de précieux avantages. Que de raisons en effet nous pressent de nous y agréger et d'en bien remplir les devoirs ! Messes manquées, ou mal en-

tendues: Communions tièdes et lâches, et peut-être sacrilèges ; irrévérences scandaleuses commises dans le lieu saint à la honte de la Religion ; tout nous avertit que nous avons à faire de grandes et solennelles réparations pour nous et pour nos frères. L'Esprit d'irréligion qui se glisse dans cet heureux pays, de tout temps si distingué par sa foi : les doctrines impies qui commencent à s'y propager ; les scandales de toutes espèces qui s y commettent, sont pour nous de puissants motifs de travailler ardemment à conserver notre foi, et à garder nos Tabernacles. Fasse le ciel qu'il ne nous arrive jamais d'obliger Notre Seigneur à nous quitter, comme tant d'autres peuples qui n'ont plus ni temples ni autels, ou qui, par une profanation qu'il faudrait pleurer avec des larmes de sang, ont changé les Temples du Vrai Dieu en des Temples de l'erreur et de l'infidélité ; en des Temples, par conséquent, où se fait adorer le Prince des Ténèbres. Qu'il ne nous arrive jamais, ce châtiment arrivé à un peuple coupable qui, rassemblé un jour dans son église, entendit, par trois fois, sortir île la sainte Hostie cette terrible parole: Peuple.je (abandonne. Car, à ce troisième Anathème, l'Hostie disparut et le temple s'écroula. N. T. C. F-, ne méritons

jamais de perdre l'Auguste Sacrement qui fait notre unique bonheur ici, ni les temples où il veut bien demeurer avec nous. Pour éviter ce malheur, demeurons humblement et toujours prosternés devant ce grand Sacrement. Tantum ergo Sacramentum veneremur cernui.

A ces causes, le St. Nom de Dieu invoqué, et de l'avis de NN. VV. FF., les Chanoines de notre Cathédrale, Nous avons réglé, statué et ordonné, réglons, statuons ert ordonnons ce qui suit : —

lo. En vertu d'un Induit du Souverain Pontife, nous établissons, pour tout le Diocèse, la pieuse 'Association de la Dévotion au Très-Saint-Sacrement de l'Autel, on Adoration Perpétuelle, afin que dans les Paroisses où elle sera pratiquabîe, elle se trouve érigée de fait et de droit, sans qu'il soit besoin d'aucun autre diplôme. A mesure que les Sections se formeront, on en donnera, avis au Directeur de l'Association de Montréal, pour qu'il l'inscrive sur la liste générale, et lui donne un Nom. Qu'il est à désirer qu'il s'en forme assez pour faire connaître les ineffables Noms que porte J.-C. dans la Ste. Eucharistie ?

2o. Pour encourager et récompenser en même temps m piété des Fidèles envers l'A-

dorable Sacrement de l'Eucharistie, Nous permettons que les Prières des 40 heures et I exposition du St.-Sacrement se fasse une fois par année dans chaque Eglise ou Chapelle où il est permis de le conserver habituellement, avec tous les privilèges et indulgences qui y ont été attachés par les Souverains Pontifes; et cela en vertu d'un Induit du St. Siège, en date du trente-un Mai mil huit cent quarante. Nous confions à l'Association le soin de faire honorer le Très- Saint-Sacremcnt, dans ces beaux jours, comme aussi dans toutes les Processions, par de nombreux et pieux concours. Ces quarante heures et autres prières, ne l'oubliez pas, N. .T C. F., sont pour obtenir qu'il ne se commette jamais et nulle part des sacrilèges par les profanations des Sacrements.

3o. Afin que ['Adoration se fasse hiver comme été, nous laissons à MM. les Curés la liberté de conserver le St.-Sacrement dans le Tabernacle des petites Chapelles, qui, dans beaucoup d'Eglises, sont adossées aux Maîtres Autels, ou de faire pratiquer un regard ou vitreau dans la porte de communication entre l'Eglise et la Sacristie, afin que les personnes en adoration puissent se tenir dans la Sacristie. Ce vitreau sera couvert d'un volet, quand ii ne sera pas d'usage. * ,

4o. Nous invitons chaque Paroisse à mon* trer beaucoup de zèle à accompagner Notre-Seigneur, quand on le porte aux Infirmes pour la communion pascale, ou aux malades, pour celle en Viatique. Il n'y a point de doute que ce Bon Maître ne répande sur son passage des grâces à proportion de la foi et de la piété qui animent ceux qui raccompagnent ou l'honorent sur sa route.

Ce sera aux Associés de chaque Quartier à faire les invitations nécessaires et à déployer leur zèle pour que partout, et chaque fois qu'il sortira de son Temple, la marche de ce Dieu pour nous soit triomphante. Il serait à désirer qu'il y eût, dans chaque Paroisse, une voiture décente exclusivement employée à porter la Ste. Communion aux malades et infirmes, et que l'on appellerait la Voiture dit St. -Sacrement Notre intention, N. T. C. F., en vous invitant à rendre tous ces honneurs à Notre-Seigneur, est d'obtenir pour nous tous la grâce de recevoir dignement tous les Sacremens à l'heure de notre mort. Qu'il y a à espérer un jugement favorable, quand en sortant de ce monde on emporte avec soi son juge !

5o. Nous vous exhortons, ames ferventes, à procurer à Notre-Seigneur un plaisir qui

lui est très sensible ; c'est de travailler, selon Votre pouvoir, à procurer le bonheur de la SainteCommunion à ceux quittant d'un certain âge et n'ayant pas fait leur première communion, n'osent se présenter pour cela aux Instructions publiques. Tâchez de les découvrir ; et par tous les moyens possibles de les conduire à laTable du Seigneur. Que le Pain de vie que Ton fait manger à ces pauvres êtres abandonnés, est une riche aumône !

60. Nous désirons que ce Mandement soit îu le Jeud^Saint au Reposoir, à l'heure jugée pour cela convenable, afin que ce Jour qui a vu naître l'Auguste Sacrement de l'Autel soit aussi le jour où l'Association reçoive son existence canonique et solennelle. Que le S. Cœur de Jésus fasse reposer dans ce grand jour cette jeune société, comme un autre disciple bien-aimé, sur sa poitrine amoureuse, afin qu'embrasée de ses divines ardeurs elle répande partout le feu de la divine Charité !

7o. Nous établissons pour Patron spécial de l'Association, le Père Nourricier deNotre-Seigneur, le glorieux St. Joseph ; ou pour mieux dire, c'est Dieu lui-même qui lui eu confie le soin. Çonstituit eum Dominum domûs suœ. Ses Sueurs et ses travaux pour nourrir ce Dieu homme, devenu le Pain

substantiel descendu du ciel pour donner la vie aux hommes, lui donnant un titre assuré à la gloire de diriger une famille qui va continuer à remplir ses augustes fonctions.

Nous terminons, ô Vierge Sainte, par déposer, à notre ordinaire, à vos pieds sacrés, ce mandement, en vous suppliant humblement de le bénir, et prendre sous votre spéciale protection. Vous êtes la Mère de ce grand Sacrement, puisque le Corps sacré et le Sang précieux, que le Fils de Dieu a unis à sa divinité, ont été formés, par l'opération du St. -Esprit, de votre Sang très-pur et virginal. Cela suffit pour que vous vous intéressiez à répandre dans notre Diocèse une œuvre si glorieuse à votre Fils, et si avantageuse à vos enfans ; sous votre conduite, elle prospérera donc ; et par les grâces que vous lui obtiendrez, Ton aura bientôt la consolation de voir à toute heure, aux pieds des Saints Tabernacles, des Adorateurs dont les continuelles prières formeront des nuages d'encens qui' rempliront nos église de la majesté de Dieu, beaucoup mieux que la Nuée mystérieuse ne remplissait le Temple de Salomon. O Vierge des Vierges, faites-nous courir à l'odeur de ces encens parfumés ! Vous êtes la lampe qui ne s'éteint jamais, Lampas inextinguibilis. Brillez donc sans

cesse devant les Autels de votre Cher et Divin Fils. Ah! de grâce, ne souffrez pas que jamais la dévotion ait Très-Saint-Sacrement s'éteigne ici, et pour cela multipliez les enfants de Y Adoration Perpétuelle. Ainsi soit-il.

Sera, le présent Mandement lu dans notre Cathédrale, dans les Eglises Paroissiales, et dans toutes les Communautés Religieuses, le Jeudi-Saint, ou le premier Dimanche après sa réception.

Donné à Montréal, en Notre Palais Episcopal, le dix-neuf Mars, mil huit cent cinquante, sous notre Seing et Sceau, et le contre-seing de notre Secrétaire.

ffa IG., Eveque de Montréal.

Par Monseigneur,

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