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L'augmentation considérable des cas de maladies infectieuses, en général, et de la dysenterie en particulier, était la suite inévitable de la guerre, c'était l’épilogue de la guerre russo-polonaise. Les rapatriés qui venaient de Russie en masse amenaient avec eux des maladies contagieuses. Par suite de la guerre le cordon sanitaire à la frontière russe était rompu, sa réorganisation nécessitait des frais énormes, Le gouvernement polonais a fait appel à la Société des Nations, et a fait remarquer le danger épidémique qui menaçait l’Europe toute entière. La Société des Nations a envoyé en Pologne une commission spéciale qui aidait à renforcer le cordon sanitaire.
En 1922, les cas de dysenterie diminuent, Le total des cas est de 14.335 et le nombre de décès est de 1.704. Si l’on fait la statistique sur 100.000 habitants on trouve en moyenne 53 cas de dysenterie par 100.000 habitants et 6 décès de dysenterie par 100.000 habitants. La répartition géographique de la dysenterie en Pologne est, cette année, un peu spéciale ; les taux les plus élevés se rencontrent dans les régions orientales. Les provinces de Bialystok, de Nowogrodek, de Polésie et de Wolyn ont durement souffert au cours de cette année. Pour le total de la zone orientale polonaise, le taux atteint est de 102 cas pour 100.090 habitants, tandis que dans les autres provinces ce taux oscille entre 13 et 59 et atteint une moyenne de 33 par 100.000 habitants dans la zone du centre-est, 35 dans la zone du centre-ouest et de 48 dans la zone occidentale. La moyenne pour la Galicie ne dépasse pas 40 pour 100.000 habitants.
Statistique des cas de dysenterie d’après les régions en 1922:
Cas Cas Décès pour 100.000 habitan s LES RARE AS a 7.023 102 444 BIMNSTOR ES 1197 89 Nowogrodek ...... 1.658 128 ÉCHOS A en 1.833 214 NVOIND RTE 1.990 133 FAMOPOl Er 180 13 NVAINOREr Re rr 205 42 Centre-Ouest ...... 2.373 35 486 LOUER Ce 618 27 Kiel re 621 25 CTACOVIC PEER 1.134 D Centre-Est "re 3.023 33 599 Varsovie (ville) .... 551 59 Varsovie (district) . 363 17 IRtiiioeonode ste 679 33 REVONN ner 734 27 Stanislawow ...... 696 52 OUEST EEE TER Re 1.916 48 175 POMOrZE AU 313 33 IPPAEN sooudoudout 1.031 52 SAR ne 072 51
La cause des taux élevés dans les provinces orientales est due au rapatriement des polonais dans les conditions les plus défectueuses. Le retour en masse des polonais de Russie à influencé très défavorablement l’état sanitaire des confins est de la Pologne. Pour donner une idée sur la
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vague des rapatriés et des réfugiés et sur leur état sanitaire nous donnons quelques chiffres qui se passent de commentaire.
Sur 14.633 réfugiés arrivés à la station de quarantaine de Baranowicze au cours de trois semaines du mois de janvier on en a hospitalisé 1.611 et on a constaté 335 décès. La mortalité parmi les rapatriés était encore plus grande au courant du mois de janvier. L'hôpital à Baranowicze était insuffisant, 666 malades ont été évacués sur les hôpitaux de Siedlee, Slonim et Biolystok, ayant donné de nombreux cas de décès dans ces hôpitaux.
Le nombre total des rapatriés de Russie par la station de Baranowicze dépassait 300.000 durant l’année 1921, environ 3.000 personnes sont décédées à la station.
En 1923, l’amélioration de la situation sanitaire en Pologne a fait diminuer dans une grande mesure les cas de maladies infectieuses. La dysenterie était encore notable pour toutes les parties de la Pologne, spécialement dans la zone de l'Est.
Cas de dysenterie notés en Pologne par 100.000 en :
1922 1923 Zone Ter ES eee CPC 102 17 Zonercentrale ESP PEE PET ErEECE 33 18 Zone centrale Ouest ........... 39 20 Zone Ouest re eee 48 31
Les cas de dysenterie ont donc beaucoup diminué dans
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toute la Pologne, le total des cas est de 5.314 contre 14.335 de l’année précédente, le nombre de décès est 853. Dans les provinces orientales on note une diminution considérable de cas de dysenterie, de 102 pour 100.000 habitants en 1922 à 7 en 1923.
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LA LUTTE ET LA PROPHYLAXIE ANTI-EPIDEMIQUE PENDANT LA PERIODE 1919-1923
Dès la fin 1918 toute l’œuvre anti-épidémique passa entre les mains des autorités polonaises, c’est-à-dire du Ministère de la Santé publique. Le 19 juillet 1919 fut promulguée une loi sanitaire fondamentale valable pour toute la Pologne ; le 25 juillet de la même année on a voté une loi réglementant la lutte contre les maladies infectieuses.
Pour centraliser la lutte on a créé un Comité central, pour la lutte contre le typhus exanthématique. Ce Comité a développé son action contre toutes les maladies infectieuses. Le gouvernement polonais a acheté le matériel sanitaire de démobilisation de l’armée américaine. Toutes ces mesures étaient insuffisantes, l’action anti-épidémique a été renforcée en 1921 grâce à l’aide apportée par la Société des Nations. Cette aide était indispensable pour renforcer le cordon sanitaire à la frontière soviétique et pour l’installation des hôpitaux. La Commission des épidémies créée pour la Société des Nations a obtenu des subventions d’un très grand nombre d’Etats. Les subventions ont été dépen-
sées pour installer des hôpitaux, des bains-douches, pour l'achat de vêtements, de savon, de médicaments et du matériel sanitaire.
Pour contrôler le rapatriement, le gouvernement polonais a nommé un Commissaire extraordinaire de rapatriement un haut-Commissaire pour la lutte contre les épidémies résidant à Varsovie. Le territoire de l'Est a été divisé en cinq sections, dirigée chacune par un Commmissaire extraordinaire. Chaque section se divisait elle-même en deux ou trois circonscriptions confiées à des inspecteurs.
A la frontière russo-polonaise on a formé un cordon sanitaire qui comportait des points d’entrée, des stations de quarantaine, de première ligne et des stations de deuxième ligne. Pour les arrivants par la voie ferrée, il y avait deux points d’entrée à Stolpce et Zdolbunow, deux stations de quarantaine de première ligne Baranowicze et Rowno, deux stations de deuxième ligne, Bialystok, annexe de la station de Baranowicze et Dorohusk, annexe de Rowno. Les rapatriés arrivaient principalement par la ligne de Stolpce, Baranowicze, Bialystok. A la frontière les malades étaient isolés ; les autres arrivaient jusqu’à Baranowicze, ils y subissaient un triage, les malades étaient envoyé dans les hôpitaux, les autres étaient épouillés, lavés, vêtus ; ils séjournaient à la station cinq jours. Les stations de seconde ligne complètaient le triage quand celuici était insuffisant dans la première station.
Toutes les stations du cordon sanitaire avaient des hôpitaux spéciaux pour rapatriés, qui comptaient au total 3.550 lits, avec les lits des hôpitaux épidémiques installés à l’intérieur du pays cela faisait un total de 11.100 lits.
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Pour les examens de laboratoire on a fondé en 1920 un Institut Central Epidémiologique qui fut ultérieurement transformé en Institut d'Hygiène de l'Etat, quelques laboratoires furent créés sur la frontière de l’Est, à Baranowicze et à Rowno. En outre, deux laboratoires volants et un wagon laboratoire de la Société des Nations se déplaçaient constamment dans les régions contaminées. On faisait des examens de selles des suspects et on a ainsi découvert et isolé des porteurs de germes de dysenterie, de fièvre typhoïde et de choléra. Le laboratoire de l’Institut Central et Bujwid préparaient des sérums et des vaccins qui ont rendu des services énormes.