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La lutte contre les maladies épidémiques fut presque l’unique soin du service de santé de l'Etat polonais. Le ministère de santé publique a mobilisé toutes les forces disponibles pour lutter contre de graves fféaux. Depuis 1914, trois envahisseurs ont fait de la Pologne le théâtre de la guerre, qui lui a laissé en héritage la famine et les épidémies.
On peut présenter en trois périodes l’évolution de la dysenterie du début de la grande guerre jusqu’en 1923 :
1) Celle de la grande guerre, 1914-1918 ; 2) les années de la guerre avec l’Union soviétique, 1919-1920 ; 3) la période des rapatriements en masse des polonais, en 1921-
La guerre, avec son cortège inévitable de dévastations, de misère et de famine eut évidemment une répercussion funeste sur l’état sanitaire du pays. La dysenterie, d’ailleurs, est une maladie inséparable de la guerre dans tous les climats et en toutes saisons de l’année. Depuis la guerre de Péleponèse, il n’y a pas eu une campagne prolongée dans laquelle la dysenterie n’ait pas frappé les armées en
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présence. Dans la guerre de Secession les troupes fédérales perdirent 37.794 hommes par diarrhée et dysenterie, dans la guerre franco-allemande de 1870-1871, il y eut 38.652 cas et 2.380 décès de dysenterie dans l’armée allemande. Pendant la période 1914-1918, il y a eu en Pologne des explosions très étendues de dysenterie et d’une forme maligne : ce fut le cas en 1915 en Galicie pour une épidémie qui avait commencé tardivement dans l’automne de 1914, de même en 1916 et 1917, dans la Pologne du Congrès. La lutte anti-épidémique, était dirigée exclusivement par les autorités de loccupation qui cherchaient surtout à en préserver leurs armées.
Deuxième période 1919-1920
Dès la fin 1918, toute l’œuvre anti-épidémique passa entre les mains des autorités polonaises (Ministère de la Santé publqiue). Par suite de la diminution du contrôle sanitaire les épidémies sévirent à nouveau avec une extrême violence. La situation empira encore aussitôt que commença la guerre avec l’Union soviétique.
Au cours de l’année 1919 on a noté 15.734 cas de dysenterie. A cette époque le typhus exanthématique dominait toutes les autres maladies contagieuses. Mais l'incidence de la dysenterie a augmenté beaucoup au cours de l’été et de l'automne 1920, par suite de la retraite et de l’avance des différentes armées et du mouvement en masse de la population de vastes portions du pays. Durant l’année 1920 pour laquelle les déclarations ne peuvent être considérées que comme approximatives dans un rapport de 1 à 6, il n’y eut pas moins de 32.000 cas déclarés aux auto:
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rités sanitaires, le nombre de décès enregistrés était de 5.168, chiffre qui, de toute évidence, est inférieur à la réalité. L’Ouest, le Sud-Ouest de la Pologne, ainsi que la Galicie orientale étaient d'ordinaire les plus atteints. Mais pendant cette année la région Nord-Ouest était également atteinte, dans les provinces orientales les foyers étaient séparés les uns des autres par de larges territoires indemnes. La Poméranie, qui, en 1919, a donné asile aux réfugiés durant l’avance russe était visitée par une épidémie qui s’étendait avec rapidité.
Des vaccinations préventives, par vaccin polyvalent provenant de l’Institut des Epidémies de Varsovie et de l’Institut Bujwid de Cracovie étaient appliquées sur une grande échelle, surtout dans les postes sanitaires et les stations de secours aux refugiés. L’épidémie était particulièrement grave en Galicie orientale. En deux mois on a vacciné 50.000 personnes, on a employé durant l’année environ 1.500 litres de vaccin. Dans 80 % des cas on n’a pas constaté de réaction. Dans 15 % à 18 % des cas, on a remarqué une élévation de température dans les 24 heures et dans ANCcoiley eut complication de diarrhée. Le traitement par vaccination a donné des résultats négatifs, tandis que le traitement par sérum a donné toute satisfaction.
L’épidémie de dysenterie s’est encore aggravée l’année suivante. Durant l’année 1921, on a déclaré aux autorités sanitaires 32.944 cas et 4.988 décès. Ces chiffres sont beaucoup inférieurs à la réalité, de nombreux cas, en effet, n’ont pas été déclarés.
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