‹ La dysenterie épidémique aiguë NostrasChapitre 8 sur 9 · TT · texte numérisé non relu

TT

trémités, progressant très rapidement à la façon des poissons, auxquelles il donne le nom de truitules.

Une 3"° variété, formée d'une série d'éléments sphéroïdaux et caractérisés par leur grande flexibilité.

Des grosses bactéries comprenant 3 ou 4 vibrions juxta= posés, très agiles et se déplaçant rapidement.

Enfin, des bactéries courtes, formées de 2 ou 3 éléments seulement, progressant soit par ondulations, soit par une série de mouvements hélicoïdes. Ces dernières n’ont été rencontrées que dans un essai de culture que fit Moty.

Il trouve de même une assez grande quantité de vibrions mal caractérisés et d’abondance variable suivant les préparations. [] n’établit aucun rapport entre la gravité de la dysenterie et la quantité de microbes rencontrés dans les selles.

Cornil et Babès (1) ne font que mentionner succinctement dans les selles et les tissus, sans en déterminer la signication, la présence de quelques microbes (grands microbes elliptiques mesurant de Ou, 8 à 1x de diamètre, bacilles pâles et fins, chapelets formés par de grands diplococci, spirilles, bâtonnets plus grands et plus foncés que la plupart des autres bacilles).

M. le professeur Bertrand, dans les selles des malades ou dans les cultures de selles, lors de l'épidémie de 1887, a trouvé :

1° Des microcoques à dimensions très variables de 0 y 25 jusqu’à 1 x de diamètre, disséminés dans les déjections de tout type et assez fréquemment fixés sur les éléments anatomiques, cellules épithéliales ou globules.

2° Deux streptocoques, l’un à grains très petits, l’autre à granulations mesurant environ 1 y de diamètre:

3° Des bacilles grêles, à bouts coupés carrément, dont la

(1) Gornil et Babès, Traité des bactéries 1885.

AOL largeur variait entre 1 » 5 et 4 4, leurs dimensions dans ce sens étantordinairement de 24 5. Toujours très abondants dans les déjections dysenteriques, ces éléments se montraient dans les cultures, tantôt disséminés, tantôt en amas irréguliers, tantôt réunis en grappes, rappelant plus ou moins exactement la disposition du staphylocoque.

En faisant des cultures de ces bacilles, on a pu en obtenir des préparations presque pures. Il se rencontre dans les selles physiologiques. On le rencontre en masse dans les matières alvines de l’entéro-colite chronique des pays chauds. £ ;

4° Des bacilles infléchis, comme ceux du choléra et appartenant encore aux garde-robes normales, ainsi que l’ont constaté MM. Cornil et Babès.

9° Des bacilles rectilignes arrondis aux extrémités et présentant, pour une largeur de 0x5, 3 y de longueur. On les rencontrait communément dans les selles et dans les cultures.

6° Des bacilles rectilignes et arrondis comme les précédents, mais un peu moins longs et un peu plus larges.

T Des bacilles coupés carrément, longs de 2 à 4 et larges de 0 & 5, formant des chaînettes rectilignes.

8° Du Bacterium termo.

9° Des filaments de leptothrix, rectilignes ou infléchis, variant en longueur de 5 à 20 et au delà, en largeur de 0Ou2 à 1 et plus, avec des extrémités parfois arrondies, mais le plus souvent coupées carrément, comme s’il se fût agi d’éléments ayant subi une cassure accidentelle.

La plupart de ces éléments se coloraient uniformément par le bleu de méthylène ou la fuchsine, quelques-uns présentaient des parties alternativement claires et sombres, de sorte qu’ils offraient l’aspect de tubes remplis de spores.

Le leptothrix n’a été trouvé en abondance que dans les

ju

Le ti déjections à placards verts et les garde-robes, couleur sauce tomate, purée d’un rouge légèrement jaunâtre, faite d’an mélange de pus, de mucus et de dépouilles épithéliales, précédant d’un ou deux jours les matières alvines vertes. I Sy trouvait mélangé à de gros amas épithéliaux.

Il a été isolé et cultivé dans du sérum, de la gélatine et de l’'agar. Son développement était net dans les premières cultures, il disparaissait des tubes lors des suivantes.

10° Du Séaphylococcus pyogenes. Le plus commun et aussi le plus important des microbes fournis par les matières alvines. |

Dans la plupart des selles, il a été rencontré à l’état .d’amas zooglæiques de granulations rondes disposées en forme de grappes, et, dans un grand nombre de cultures, à l’état de staphylocoque bien développé, qui a été ensuite obtenu à l’état pur. |

Signalons quelques-unes des observations relatives à ces cultures:

On trouve, le 25 septembre, dans les selles du nommé Laur, à examen microscopique, des granulations rondes en zooglæ. On en fait, ce même jour, une culture en tube dans l’agar acide.

Le 5 octobre, clou d’un blanc-jaunâtre, avec liquéfaction partielle de l’agar. Au microscope: grappes zooglæiques.

Deuxième examen, le 10 octobre: staphylocoque formé et zooglæ.

Troisième examen, le 13 octobre : staphylocoque type.

Le 12 février, cette culture, qui avait été abandonnée depuis le 10 octobre dans un tube bien bouché par un tampon de ouate stérilisée, est additionnée de quelques gouttes d’eau distillée, et on essaie de nouveau de l’ensemencer.

Le 16 février, on obtenait des taches franchement jaunes,

He qui, examinées au microscope, étaient bien constituées par du staphylocoque.

On avait conservé dans un tube scellé une petite quantité des déjections de cemême malade. Vertes au début, elles étaient devenues jaunes le 10 novembre. On ensemence une pomme de terre. |

Le 24 janvier 1888, on obtenait du staphylocoque pur. Dans les deux cas, c'était du Séaphylococcus aureus que l’on avait trouvé.

— Le 28 septembre, des selles du nommé Laur, examinées au microscope, révélaient des amas zooglæiques de granulations rondes et du leptothrix.

On ensemence deux tubes: l’un d’agar acide, l’autre d’agar alcalin. | /

Le 6 octobe, on trouvait, dans le premier, du leptothrix et quelques zooglæs à forme de staphylocoque ; dans le second, un clou blanchâtre plongeant profondément dans l’épaisseur de l’agar. Une préparation du 3 novembre y faisait découvrir divers bacilles et des grappes de staphylocoque, sans gangue zooglæique.

On ensemence de nouveau, le 4 octobre, avec des selles du même malade, une plaque d’agar acide.

Le 6, on y apercevait plusieurs taches nacrées, petites et arrondies, les unes superficielles, les autres développées en profondeur et en surface. Au microscope, elles paraissent formées de staphylocoque, mais le microbe est plus net et aussi plus abondant dans les plaques superficielles qui le renferment à l’état de grappes bien isolées et de chaînettes élégantes, que dans les taches interstitielles où la zooglæ domine.

Une plaque d’agar alcalin, ensemencée le 4 octobre avec les mêmes selles, se recouvre le 15 octobre d’une couche opaline, nacrée, où le microscope fait reconnaître quelques

Done de staphylocoque. Cette ciltiees dant eh l’agar alcalin en tube, amène la liquéfaction partielle de l’agar et fait naître, le 21 octobre, autour du point d’inoculation, une tache ramifiée, à l'examen microscopique de la- se quelle on constate des bacilles ainsi qu une grosse grappe ede = staphylocoque. ë

Les matières dysenteriques on. cette fois encore | du Staphylococcus pyogenes, Staphylococcus albus.

—Le 2octobre, c’est avec les selles de Gasu.. que lon ensemence un tube de gélatine. Le 6, on y trouve des bacilles grêles et rectilignes, des bacilles éehe des bacilles trapus, longs d’environ 2 y et mesurant en largeur un peu moins é de 1 , enfin du staphylocoque

On ensemence, le 21 novembre, avec une partie de cette … culture, une tranche de pomme de terre qui se recouvre le 24, à son centre, d’une tache opaline et de quelques moisissures blanches. On trouve dans la tache blanche les bacilles signalés plus haut et du staphylocoque.

Le 29 novembre, la culture s’est grandement étendue. On remarque, à cette date, de la périphérie au centre, une bande jaune superficielle sous forme de pellicule, une zone jaunâtre clair, 3 petites taches jaunes et des moisissures blanches. On trouve au microscope, dans la bande jaune et dans la zone jaunâtre, du staphylocoque et des bacilles.

Le 24 décembre, la culture est en plein développement. On peut y noter 4 zones; une vert clair, une autre vert foncé, une troisième jaune, la dernière jaune-verdâtre.

Les trois premières zones fournissent des bacilles et du staphylocoque; la jaune, du staphylocoque moins impur.

—Le 21 février 1888. Un soldat d'infanterie de marine, Bat. atteint de dysenterieaiguë nostras, mourait à Saint-Mandrier. On en fait l’autopsie et an recueille du liquide intestinal dans le cœcum à l’aide d’une pipette stérilisée, dont on

Es E Ë PE | ’

DS — ferme la pointe à la lampe. Quelques gouttes de ce liquide,

examinées au microscope, laissent voir des grains libres, des

chaînettes et des grappes de staphylocoque.

Le 25 février, on mélange avec le contenu liquéfié d’un tube de gélatine stérilisée. On agite et on ensemence successivement quatre tranches de pommes de terre. On verse une goutte du liquide sur la première, râclant la surface avec le tranchant d’un scalpel stérilisé et en reportant la pulpe sur la deuxième, ainsi de suite.

Le 29 février, la surface des tranches inoculées a pris une couleur blanchâtre et s’est recouverte d’un semis de petites granulations qui, examinées au microscope, sont reconnues constituées par des colonies de staphylocoque. Un tube d’agar alcalin, ensemencé avec la pomme de terre N° 2, donne du Staphylococceus albus à l’état de pureté.

Le 3 mars. Avec quelques gouttes du liquide intestinal que l’on incorpore à la masse fluide d’un tube de gélatine, on fait une culture sur plaque. Elle donne encore du staphylocoque presque pur.

On ensemence de nouveau avec ces taches deux tubes d’agar alcalin. ,

Le 8 mars, opacité blanche.

À l'examen microscopique, le 10 mars, on note sur la plaque deux taches orangé-jaune interstitielles. Le microscope y fait reconnaître le groupement caractéristique en chaînettes et en grappes. Transportée en agar et en tube, la nature des taches donne du jaune-orangé autour du point d’inoculation et du blanc mat à distance. Le liquide intestinal renfermait donc du Séaphylococcus aureus et albus.

- L'on peut conclure de ces faits que le Sfaphylococcus aureus ou albus est un élément constant des selles dans la dysenterie grave.

Deux essais d’expérimentation physiologique ont été ten-

es tés sans succès. Une chienne à qui l’on avait fait avaler dans sa pâtée des cultures de bagilles et de staphylocoque, et un lapin, auquel on en avait introduit dans le cœcum par ponction directe, n’en ontété nullement incommodés. À

Dans notre chapitre d'examen histologique, nous avions signalé la présence de microbes dans les tissus. Voiciice que dit M. Bertrand à ce sujet: «Les pièces que j'ai examinées ont été recueillies directement dans l’alcool à 98°, ou plongées dans ce liquide après avoir séjourné un quart d’heure dans une solution d’acide osmique au centième, et conservées dans un flacon bouché à l’émeri. Elles ci été traitées par la méthode de Gram.

Les coupes du gros intestin nous ont ne voir, depuis la couche du mucus adhérente à la face libre de la muqueuse, jusque dans les parties profondes de la sous-muqueuse, un grand nombre de microbes, microcoques, diplocoques, streptocoques, bacilles infléchis et bacilles rectilignes, les ‘uns grêles, les autres mesurant en moyenne 0 & 4 en largeur pour 3 ou 4 u de longueur. *

Les microcoques représentaient les plus communs de tous ces microbes. Nos préparations ‘les montrent disséminés, réunis en colonies, dessinant des grappes irrégulières, et surtout attachés aux éléments anatomiques dans lesquels ils semblent inclus. Ils farcissent en quelque sorte les cellules lymphoïdes, dont la muqueuse et la sous-muqueuse sont bourrées. Ils se sont répandus dans les interstices des glandes restées intactes et dans la nappe purulente des ulcérations intestinales; on en rencontre même quelques-uns dans les éléments cylindriques, détachés de l'intestin, lesquels sont probablement des cellules épithéliales.

Les diplocoques et les staphylocoques sont libres dans la muqueuse et la sous-muqueuse, ou englobés dans le mucus qui revêt la surface interne de la paroi intestinale. Quant

aux bacilles : bacilles infléchis, bacilles grêles, bacilles courts, isolés ou formant des chaînettes, bacilles relativement volumineux, on les voyait un peu partout dans le mucus, dans le stroma de la muqueuse, dans les éléments lymphoïdes et la cavité des glandes.

Chez Bat..., nous avons trouvé des microbes au delà de la musculeuse, à fibres circulaires.

Une coupe de la rate nous en a offert quelques-uns sous la forme de microcoques incorporés cette fois encore à des cellules lymphoïdes.

Nous regrettons de n’avoir pas poursuivi cette recherche dans les autres viscères abdominaux.

Ces faits sont un argument de plus pour la probabilité du rôle que jouent les micro-organismes dans le processus dysenterique. »

Des ptomaïnes ont aussi été trouvées dans les liquides intestinaux. Des inoculations tentées avec ces ptomaïnes, de même que pour les microbes n’ont donné que des insuccès.

Cependant, deux des pharmaciens occupés à ces manipulations chimiques ont offert, l’un, des accidents de rectite, l’autre de la diarrhée avec ténesme,

Voici les conclusions qu’en tire M. le professeur Bertrand:

« De ce fait d'observations qui, ayant l’homme pour sujet, doit à mon sens prévaloir contre les résultats négatifs de l’expérimentation animale, n’est-il pas permis d’inférer que la matière des selles exhale, plus ou moins mélangées à des gaz infects, des ptomaïnes volatiles qui, absorbées par la muqueuse respiratoire et éliminées par l'intestin, irritent cet organe au passage et ouvrent la porte aux microbes de la fermentation putride et de la suppuration ?

Ces microbes, pour la plupart, grouillent dans les liquides

— 56 — se de l'intestin normal. Il n’est pas impossible que les autres y arrivent en partie accidentellement par les aliments ou les boissons. Inoffensifs quand la surface de la muqueuse est intacte, ils deviennent peut-être pathogènes quand ils la Si trouvent entamée. à

Il est certain, comme nous l’a aonkes Does bois que, qu’on rencontre des microbes dans Ja partie profonde des tuniques intestinales enflammées et ulcérées = pee la dysenterie.

Il est possible que ces at fassent septique et gangréneuse l’inflammation du gros intestin. La dysenterie est, en effet, une recto-colite, comme la fièvre puerpérale est une métro-péritonite, une lymphangite, une phlébite utérine. C’est une phlegmasie, avec quelque chose de plus que l’irritation néoplasique, une phlegmasie infectieuse.

S'il est exact, comme je le pense, que les micro-organismes dont nous avons trouvé de nombreux spécimens dans les matières alvines, contribuent au mécanisme du processus. dysenterique, il est probable qu’au staphylocoque revient la” plus large part de cette pathogénie.

C’est le microbe du furoncle, de l’ostéo-myélite et du ne. mon diffus. Or, les analogies sont grandes entre la physiologie pathologique dela furonculose et celle de la dysenterie, affection dans laquelle les ulcérations intestinales ne reconnaissent pas toutes pour cause la folliculite suppurée, car bien souvent elles succèdent à l'élimination d’une eschare (ulcérations nérobiotiques).

Quand Pasteur eut découvert le Sfaphylococcus pyogenes aureus dans la moelle osseuse enflammée, il dit que l’ostéomyélite est le furoncle de la moelle des os.

Si la présence du staphylocoque dans les selles était bien réellement constante et pathogène, pourquoi, faisant allusion

TO Le FENAES LS

Page 1