‹ La Dyssomnie: Dans La DyshypophysieChapitre 10 sur 33 · THÉORIE HYPOPHYSAIRE DU SOMMEIL · texte numérisé non relu

THÉORIE HYPOPHYSAIRE DU SOMMEIL

Alors que Forneris d’abord et Arnold Lorand ensuite édifiaient une théorie du sommeil basée pour le premier sur l’hyperfonctionnement de la glande thyroïde et pour le second sur son hypofonctionnement, Salmon expose le rôle de l’hypophyse dans la production de l’hypersomnie. — Fa "

Considérant que le sommeil physiologique ne peut être regardé comme l'effet d’un simple phénomène vasomoteur, cet auteur, dans ses premiers travaux (1905), estime plus logique et plus vraisemblable d’en attribuer l’origine à une sécrétion interne physiologique.

La glande pituitaire, en raison de son siège spécial près des centres psychiques, de ses relations étroites physio-pathologiques avec le système nerveux central lui semble la glande la plus adaptée à remplir ces fonctions.

Il attribue donc tout d’abord à cette glande la sécrétion d’une hormone hypnogène. Puis, quelques années plus tard (r917), cet auteur revenait sur sa première idée et -émettait l’hypothèse que le rôle de la pituitaire ne résidait point dans la sécrétion de cette hormone mais « dans ses propriétés trophiques et antitoxiques à l'égard des cellules nerveuses corticales. On comprend en effet que si le sommeil est intimement lié à la fonction réparatrice des éléments corticaux, il se modifie par toutes les altéra-

tions des organes présidant à la nutrition et à la défense antitoxique des éléments. C’est justement par ce mécanisme que les troubles hypniques d'origine hypophysaires trouvent leur plus claire explication. »

Comme on le voit, ces deux phases de la même théorie se ramènent à l’action de la sécrétion hypophysaire.

Et les auteurs semblent aujourd’hui admettre l’idée que la sécrétion interne de l’hypophyse n’est pas négligeable en ce sens. « Tous les auteurs et nous-mêmes, disent Renon et Delille, avons observé que l'injection d'extrait pituitaire à un animal amenait une torpeur et une somnolence presque immédiate ». Notons ici en passant l’analogie de ce fait avec les résultats obtenus par Piéron. Les mêmes extraits hypophysaires employés chez les insomniques ont donné des résultats satisfaisants aux mêmes auteurs qui ajoutent « quelle que fût l'affection traitée, l'action générale de l’hypophysé a porté toujours... sur le sommeil... Dans tous les cas,.les mala-. des ont ew plus de sommeil. L'opothérapie pituitaire a donné à tous ces malades un sommeil meilleur et souvent même excellent. » ‘

Voilà les résultats de l’expérimentation. Il nous reste à. examiner les faits et à discuter les observations, mais il nous paraît utile auparavant de rappeler très brièvement l'anatomie et la physiologie de l’hypophyse, puis ce qu'il faut entendre par sommeil pathologique.

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