Ibid,, 18 avril
ancien en date est celui de M.Trudaine. On lit sur le socle qui le supporte rinscription suivante :
Carolo Danieli Trudaine
quod eju8 pcUi'Ocinio
jEdes istœ surrcxei^nt
Antecessores
Grati animi
monumentum
Anno MDCCLXXIL
M. Tarbé de Sain t-Hardoin, dans ses notices biographiques, ne soupçonna pas Torlgine de cette dédicace et il tâcha d^expliquer le mot antecessoreê de la manière suivante : c ...Antecessores, » dit-il ^, « dont rinterprétation a paru souvent difficile, semble devoir s'appliquer aux premiers élèves qui remplissaient les fonctions de professeurs ou de répétiteurs vis-à-vis de leurs camarades. » Pour qui connaît l'histoire de la Faculté de droit, il n'y a pas Tombre d'un doute, cette explication est erronée, et nous nous trouvons en face du buste sculpté par Le Moyne pour les docteurs a antecesseurs » en l'année 1772. Trudaine, du reste, ne s'occupa à cette époque d'aucune autre construction importante <. M. de 8aint-Hardoin lui-même arriva à se convaincre de cette origine du fameux buste, d'une façon fort curieuse. Feuilletant par hasard l'almanach royal de 1754, il y découvrit que l^eippellation d'anlécesseurs appartenait aux professeurs de la Faculté de droit. Ce fut pour lui un trait de lumière; il se renseigna, releva aux archives de l'école de droit les délibérations de 1772 et, avec une loyauté qui n'avait d'égale que son mérite, l'éminent ingénieur entreprit de faire restituer à ses propriétaires le buste que détient injustement l'école des Ponts et chaussées. Il est mort avant d'avoir pu réaliser son généreux dessein, mais, en dépit des oppositions et des refus injustifiés, rinscription du piédestal demeure comme une protestation permanente : « de suo faciendum curaverunt ». Espérons avec M. le doyen Beudant, que l'exil immérité de Trudaine ne se prolongera pas toujours : « Le temps est galant homme... l'heure vient tôt ou tard où ce qui est légitime triomphe^. »