CHAPITRE V Personnages marquants de la Faculté (suite
(XV* siècle et première moitié du XVI»).
Le ooncile de Pise (1409], où se réunirent les cardinaux de Benoît XIII et de Grégoire XII, afin de mettre fin au schisme qui dé-^ solait rÉglise, compta de nombreux docteurs de TUniversité de Paris, venus pour concourir de toutes leurs forces à cet important dessein. Un manuscrit conservé autrefois à Tabbaye.de Jumiéges rapportait parmi les souscriptions des ecclésiastiques présents, les noms de deux maîtres qui ne nous étaient pas connus autrement, les docteurs Robert de Quesneio et Pierre de Provens, envoyés de la Faculté de Décret.
Olivier Donjon, docteur en décret, mourut en 1410, en fondant six bourses pour de pauvres écoliers, mais ses héritiers se refusèrent à Taccomplissement de ses dernières volontés.
A partir de 1414, il devient plus facile de retrouver les noms des professeurs de la Faculté, puisque c'est à cette année que commence le MémoricU, Nous nous contenterons d'indiquer rapidement les plus célèbres et parmi eux les doyens, dont quelquesuns ont laissé dans Thistoire de TËcole une réputation méritée. Un classement chronologique exact et à peu près complet du personnel enseignant ne serait désormais plus impossible, mais il mérite d'être entrepris dans un travail spécial qu'il ne nous appartient pas d'essayer ici.
En 1418, Paris fut pris par le duc de Bourgogne et les plus illustres maîtres furent massacrés ou dispersés. Gerson s'exila volon-
tairement et les collèges de rUniversité, mis au pillage, fermèrent leurs portes à leurs boursiers désolés. La Faculté, privée de la plupart de ses membres, choisit un licencié pour la représenter avec d*autresnotablessavants,auxconférencesentaméespourlerétabli8sement de la paix à Troyes, après la mort tragique de Jean-sans- Peur, à Montereau *, ce licencié était Pierre CatAChon. De jour en jour, ce personnage devint plus cher aux Anglais. Devenu évêque et placé dans les redoutables circonstances que Ton sait, il n'hésita pas à entraîner TUniversité de Paris dans l'erreur funeste qui lui fit condamner Jeanne d*Ârc, la noble vierge de Lorraine. Son influence néfaste souilla la patriotique renommée du grand corps enseignant, et rassemblée générale, réunie aux Mathurins, eut la regrettable faiblesse d^écrire à Jean de Luxembourg et au duc de Bourgogne, pour obtenir d'eux que Tinnocente prisonnière fût remise aux mains de Tlnquisiteur de la Foi ou de l'évêque de Beauvais '. Honteuse page qui déshonore lldstoire de lUniversité et que ses mérites et sa gloire n'ont jamais pu effacer ! C'était Cauchon qui poussait l'Université dans cette voie criminelle : c Universitas, instigante M. Petro Cauchon, episcopo Belvasensi, a scripsit ad ducem Burgundice ut eam Ecclesise traderet... ' » Ce misérable avait tellement su persuader l'imprudente assemblée, qu'elle lui reprochait de n^aller pas assez vite en besogne : < Si « forsan in ejus rei prosecutione vestra paternitas diligentiam « praebuisset acriorem^ nunc in ecclesiastico judicio causa pr»c fatœ mulieris ageretur^. 9
Un autre élève de la Faculté, contemporain du précédent, fut moins tristement célèbre, et eut un rôle plus enviable. Philippe de Loiiçolio fut procureur de la nation de France en 1424, 1430, 1432 et 1436. Il fut honoré de la dignité rectorale à trois reprises, en 1435, 1436 et 1438, et il finit ses jours honoré de l'estime de tous dans son archidiaconé de Laon.
Louis BaiUy, maître es arts et licencié en droit canon, enseigna dans la Faculté. Il fut procureur de la nation de France en 1431, 1432, 1433, 1435 et 1437. Avocat de la curie épiscopale, il fut élu recteur en 1433, 1434, 1436 et 1437.
Au commencement de ce siècle, l'enseignement fut illustré par les docteurs H. Pouchard, Guillaume de Blancherive et Jean de Bretofis, Nous parlerons tout à l'heure de leurs collègues Jean