‹ La famille Alain (volume 2)Chapitre 19 sur 21 · FIN DE FA DILZE · texte numérisé non relu

FIN DE FA DILZE

Mon très-excellent et très-ancien camarade, Jules Sandeau, veut que j'imprime, ce qui suit en tête de Fa Dieze — je ne le mets qu'à la fin pour que le lecteur ne quitte pas mon livre, préférant aller lire le même sujet traité par Sandeau auquel je serre cordialement la main,

« Qu'est-ce que j'apprends, mon cher Karr? je vous ai, sans m'en douter, dévalisé comme au coin d'un bois. Je me suis emparé d'une de vos inventions, les plus poétiques^ les plus originales: /"a J/èz'î est devenu le prologue, et, pour ainsi dire, le point de départ d'un petit roman que je viens de publier dans la Revue des deux Mondes sous ce titre : Un Héritage. Hélas ! mon ami, je n'ai même pas la ressource de m'excuser en disant que je n'avais pas lu Fa dièze ; je Tavais \u, je viens de m'en assurer en le relisant. Ne vous-est il jamais arrivé d'entendre chanter tout à coup en vous des phrases musicales, des mélodies charmantes, et de vous demander avec inquiétude si vous les aviez entendues pour la première fois? c'est ce qui m'est arrivé, quinze ans après avoir lu Fa dièz", avec une étourderie que je regrette et dont je m'accuse; j'ai pris un souvenir pour une inspiration personnelle, pour ma voix, l'écho de la vôtre. Je sais bon nombre de gens qui s'accommoderaient difficilement d'une pareille justification ; mais notre connaissance ne date pas d'hier seulement, et je merassure en pensant que vous ne sauriez suspecter ma bonne foi ni ma loyauté, dites-moi que vous ne m'en vouiez pas ; laissez-moi espérer que mon brigandage involontaire n'altérera pas les bons rapports qui nous unissent depuis plus de vingt ans.

Votre dévoué, Jules Sandeau.

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