XII. MARIE- LOUISE POWER Née à Québec le 11 mars
Elle réside à Montréal.
PHILIPPE- 1GN Al E-FRANCOIS AIHERT \)K GASPÉ Né à Québec le 8 avril 1814.
Ses études terminées, il embrassa la carrière du journalisme.
En 1835, M. de Gaspé suivait les débats de la Chambre d'Assemblée en qualité de reporter ou de sténographe pour le Canadien et le Mercury. Offensé d'un article du Vindicalor qui l'accusait de rapporter les débats " malhonnêtement," il eut, le 9 novembre, une altercation avec le docteur E.-B. O'Callaghan, député d'Yamaska et rédacteur du Vindicafor. Il la raconte lui-même dans les termes suivants :
" Immédiatement après avoir lu l'article du Vindicator, je nie rendis à la Chambre. Je fis demander M. O'Callaghan par un des messagers de la Chambre et je le priai de sortir avec moi. Il m'accompagna jusqu'à la porte et refusa d'aller plus loin, donnant pour prétexte qu'il n'avait pas son chapeau. Je lui présentai alors le Vindicator en lui disant : — " Pray, doctor, are you the author of this article." Il répondit dans la négative. Je lui dit alors : " I suppose, doctor, conséquent!}' that you will have no objection to deny that it was written with your consent." Il répondit qu'il ne le ferait pas. J'ajoutai : — " If you
were not a member of the House, I would call you a d
d in fer 1 scoundrel, and would aise horsewhip you."
Do retour à la Chambre, M. O'Callaghan se plaignit à l'orateur d'avoir été insulté et menacé part M. de Gaspé. L'orateur donna aussitôt ordre au sergent d'armes d'arrêter M. de (Jaspé.
Le lendemain, 10 novembre, après de longs débats auxquels prirent part MM. de Bleury, Lafontaine, Morin, Viger et Fortin, M. de Gaspé. sur la proposition de M. For tin, fut condamné à «*tre confiné pendant un mois dans la prison commune.
M. de Gaspé sortit de. prison le 'J décembre 1835. (1)
Le 12 février 1S3C, pendant que nos députés discutaient de graves problèmes, Philippe Aubert de Gaspé et Napoléon Aubin, tous deux réducteurs du Fantasque, se glissaient dans la garde- robe de la Chambre d'Assemblée, et
(l) Dm&lf! H tllr'ïii (1rs fierhtrrhfs fl ^'criqurv, M.l. XI, 1». Sttf, HOU* aven* wonté M ue rhil )>(•»- Aubert rie »;av.>e, i auteur de- Ancfn* Canadifui, fut condamné, le liMiovem>>re par larhambre d\As**iidjlée, à un mois «le prison wour avoir niena< • un député.. Il n esc j»mai« trop tard pour réparer une erreur, i 'cet Philippe Aub-.-r: de ea.p< lit* fp:- ; it condannt » l.t "rison le 1" novembre 1.126. '
de Gaspé jetait sur le poêle une certaine quantité d'aaaaftetida.
Une odeur nauséabonde se répandit presque aussitôt non seulement dans la garde-robe et la Chambre d'Assemblée mais dans toutes les autres pièces du bâtiment. Nos deux espiègles s'étaient aussitôt esquivés.
Le Canadien du même jour disait :
" Avant-hier la nuit quelque étourdi a essayé de jeter une bouteille d'assa-fvetida liquide sur un des poêles de la salle des séances, dans la Chambre d'Assemblée. On s'est servi d'une échelle pour monter jusqu'à la croisée du coin du nord, et on a cassé deux vitres, une dans chacune de» deux premières fenêtres, mais soit oubli soit manque d» force, la bouteille est restés en dehors de la croisée intérieure, oïi elle a été trouvée le matin cassée et la plus grande partie du liquide empestant renversée sur la tablette.
" La même tentative a été répétée ce soir aussitôt après l'ouverture de la séance. De l'assa-fœtida a été jetéo sur plusieurs poêles dans l'intérieur de la Chambre, et bientôt l'odeur est devenu insupportable dans tout le bâtiment, qu'on a aussitôt î'umigé avec de la résine. Les empesteurs ont été vus/'
Le Canadien disait vrai. Les empesteurs avaient en effet été vus et, le lendemain, 13 février, MM. Séraphin Bouc, député de Terrebonne, et Alphonso Wells, député de Shefloi d, les dénonçaient à la Chambre.
La Chambre décréta, le même jour, que de Gaspé et Aubin s'étaient rendus coupables d'infraction à ses privi
lèges et elle ordonna à son orateur d'expédier son warrant pour les mettre sous la garde du sergent d'armes.
L'orateur se hâta de confier un mandat d'arrestation au sergent d'armes, M. Coulson. (')
Las deux journalistes, qui avaient étc tenus, par leurs amis, au courant des délibérations de la Chambre d'Assemblée, eurent le temps d'échapper à la poursuite du sergent d'armes.
Ils se réfugièrent au manoir de Saint Jean Port-Joli où ilt passèrent le reste de l'hiver.
Dans l'intervalle, des amis influents avaient fait des démarches auprès des députés et lorsque Us deux journalistes se montrèrent de nouveau dans les rues de Québec on les laissa en paix.
M. de Gaspé fut pendant quelque temps rédacteur de YAbeitte, de la Nouvelle-Orléans.
En 1840, il était nommé rapporteur de la Chambre d'Assemblée de la Nouvelle-Ecosse.
M. de Gaspé mourut à Halifax le 7 mars 1841.
Il ne s'était pas marié.
M. de Gaspé avait publié un roman de mœurs canadiennes, Le chercheur de trésor ou L influence d'un livre.
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