ACTE TROISIEME
MAR THE
Les dentelles ?...
DIDIER
Oui!...
MARTHE
Pourquoi cette demande, après votre refus ?.«
DIDIER
C'est que j'ai réfléchi qu'il est vraiment puéril à moi de semer entre nous tant de discorde pour un motif si futile, et comme gage de réconciliation, je voulais précisément vous offrir...
MA HT II E , vivement.
Je vous remercie, je n'y tiens plus!...
DIDIER
Vous n'y tenez plus?...
MARTHE
Ce matin, oui !... maintenant, non!
Voyons, c'est du dépit, Marthe, réfléchissez bien...
MARTHE
C'est tout réfléchi : c'est une fantaisie qui m'a passé !...
DIDIER
Pourtant...
Mon ami... puisque elle-même...
DIDIER
Bah ! Vous l'écoutez?... C'est un enfantillage, et je vais dé
Çe pas... (il va pour prendre son chapeau.)
MARTHE, vivement.
Je vous assure que je ne veux plus de ces dentelles... et qu'après ce qui s'est passé, je les ai prises en horreur... (Eue
■'asàied sur le canapé.]
DIDIER, s'arrÉ tant comme convain eu.
Ah!...1 Alors, si vous les avez prises en horreur, Marthe, comment se fait-il que vous veniez de les acheter à l'instanf même?...
CLOTILDE
Ah!...
Moi?...
Oui, vous !...
Qui vous a dit?..
MARTHE, troublée.
DIDIER, froidement.
MARTHE
DIDIER
Monsieur Muller, chez qui je suis allé tout à l'heure à votre intention et qui m'a répondu : c'est livré !
MARTHE
Eh bien! puisqu'il vous l'a dit... Oui, c'est vrai!... mais je ne voulais pas l'avouer par un sentiment... que vous comprenez bien... enfin...
DIDIER
Oui, je comprends cela jusqu'à un certain point... mais ce que je ne comprends pas du tout, c'est que cette garniture...
VOUS l'avez payée... (Mouvement de Marthe et de Clotilde.) Car j'ai
voulu solder la facture... et l'on m'a dit : madame a la quittance.
MARTHE, troublée.
C'est vrai!... Oui, j'ai payé... puisque vous refusiez de le faire...
DIDIER
Vous avez donc de l'argent?...
MARTHE
Sans doute!