ACTE TROISIÈME
CHAMPROSÉ.
Le vicomte Hector Pardaillan de Champrosé...
DIDIER
Alors, c'est bien de vous qu'il est question dans cette lettre?..
CHAMPROSÉ.
Une lettre?...
Veuillez lire, monsieur... (Apercevant Adolphine qui a fait un mouvement pour se rapprocher. Clotilde remonte tout en épiant sa physionomie. \
pour vous seuil...
CHAMPROSÉ, après avoir lu.
C'est une indignitél... Et quand je saurai... (n va pour tourner
la page.)
DIDIER
C'est inutile, Ce n'est pas Signé... (Adolphine tend le cou, surveillée par Clotilde qui ne la perd pas de vue.)
CHAMPROSÉ.
Une lettre anonyme?... Ah! monsieur, cela se déchire 1 (n
rend la lettre. Didier va la prendre.)
CLOTILDE, descendant et la saisissant vivement au passage .
Non pasl... quand on veut savoir qui l'a écrite!...
DIDIER
Et le moyen?...
CLOTILDE
Il y en a... (Regardant la lettre.) D'abord , c'est d'une femme, ça!...
CHAMPROSÉ.
A quoi le voyez-vous?...
CLOTILDE
Ohl ^her ami, toutes les écritures de femmes se ressemblent, aiême contrefaites!... Et de plus, d'une femme Dien irritée!...
1. Benoîton , Champrosé, Didier, Clotilde, Adolphine au deuxième plan, Marthe à l'extrême droite.
car c'est tout tremblé!... Elle n'est pas jeune... car cela sent les Mille fleurs, un parfum de 1830, sa jeunesse... Elle est myope, et norle de longues anglaises, (tous les regards s* portent sur
.Adolphine qui -este impassible. Clotilde continue.) Car elle a dû ^e pencher sur le papier pour écrire, et n'a pas pris garde que ses tire-bouchons balayaient les bords de la lettre, en y laissant leur trace, comme les oreilles du chien de Zadigsurle sable... Enfin, c'est une vieille fille I... car le mot mari est souligné avec rage!... et de plu?, une ignorante, car la lettre est criblée de fautes d'orthographe...
ADOLPHINE, s'oubliant et voulant prendre la lettre.
Oh! ça!... par exemple!...
CLOTILDE, vivement.
Ah! ... c'est donc voup, ma chère!... Je voulais vous le
faire dire... merci!... (Elle jfonne la lettre à Didier et va près de MartheJ DIDIER à Adolphine.
C'est donc vous, madame?..
ADOLPHINE, confuse.
Moi... je...
DIDIER, lui montrant la lettre.
Oui... VOUS?...
ADOLPHINE, se remettant,
Croyez ce qu'il vous plaira... Peu m'importe après tout...
DIDIER, menaçant.
Mais répondez donc... Est-ce vous?
ADOLPHINE, avec hauteur.
Il ne me plaît pas de répondre, moi, et je veux sortir, laissez-moi passer.
DIDIER, lui faisan* place.
Malheureuse...
ADOLPHINE, se retournant effrontément sur le seuil de la porte à gauche.
Hein!... et de quel droit m'interrogez-vous? Je n'ai rien à
voir dans VOS Scandales de famille! (Elle sort. Mouvement de Didier contenu frjr un geste de Benoiton qui sort derrière la vieille fille, j