Clotilde, Didier
DIDIER, devant les cendres qu'il regarde, et luttant contre les larmes qui le gagnent.
Des lettres!... des lettres!... que l'on brûle!... Ah! je vouais une preuve... la voilà!
CLOTILDE, frappée, debout.
Mais non!
DIDIER, sans l'écouter.
Ah! mon Dieu! Tout est vrai!... Ah! mon Dieu ! mon Dieu!
mon Dieu!... (Il tombe sur le canapé à droite en se cachant la tête dans les mains et en sanglotant. — Clotilde est assise derrière lui.) CLOTILDE, près de lui, pleurant aussi.
Didier, mon frère!...
DIDIER, désespéré.
Ah! laissez-moi!. . C'est horrible enfin, ce qui m'arrive!... Qu'est-ce que j'ai fait pour le mériter? Rien!... au contraire!... C'est injuste cela! c'est affreux l .. . Travaille donc, forçat!... Épuise-toi le corps et l'âme pour ta femme et pour ton enfant!... Ta femme n'est pas à toi!... Ton enfant n'est pas à toi !... Ce petit être adoré... La joie, le rêve, la fleur de ta vie, c'est l'enfant d'un autre!... Ton cœur t'a menti ! la nature t'a menti! le ciel t'a menti lui-même... et il n'y a de vrai que ta douleur et la vie brisée l... Trahi, trompé!... Et pour que tu n'en doutes pas... (Montrant les cendres.) Tiens, c'est écrit là !.. . Regarde... malheureux, regarde!... (n tombe sur le dossier du canapé en pleurant.)
CLOTILDE, pleurant.
Et c'est moi, pourtant!... Didier!... Didier!...
Ah! laissez-moi pleurer!... Vous savez bien ce que c'est.., on se dit : Oui, j'en suis sûr!... Je ne doute plus! mais au fond de l'âme, il y a toujours l'espoir... tandis que maintenant...
CLOTILDE, debout.
Mais enfin, je ne le sais pas moi-même ce qu'il y avait dans ces lettres!... Sur ma vie, je n'en sais rien. J'ai eu peur... et