ACTE PREMIEk
CLOTILDE, à Champrosé à part1, désignant Jeanne.
C'est bien celle-ci?
CHAMPROSÉ, de môme.
Oui ; miséricorde, quelle toilette !
CLOTILDE
Bah! ce n'est rien! tenue des champs I
Mesdemoiselles, je vous présente M. Formiehel fils*
FORMICHEL, présentant son fils.
Prudent Formiehel.
CHAMPROSÉ, à Clotilde, virement.
Ne me présentez pas!...
CLOTILDE, à demi-voix.
Ah!
CHAMPROSÉ, de même.
Non! je n'avais vu que la tête; mais cette robe-là! Je crois que je vais me sauver !
CLOTILDE
Pas encore, poltron!
JEANNE, allant à Clotilde avec un petit bouquet de violette».
Mavraine, voici un petit bouquet pour ta fête... Avec mon
Cadeau ! (Elle l'embrasse.)
CAMILLE, passant derrière Clotilde, à gauche*. Et le mien ! (Elle l'embrasse.)
CLOTILDE
Merci! mais d'où venez-vous, folle jeunesse? On ne vous a pas vues de l'après-midi...
1. Champrosé debout, Clotilde assise, Jeanne, Théodule, Camille et Stéphen au ^.euxième plan, Benoîton, Formiehel et Prudent sur le dev^t de la scène.
2. Champrosé, Camille, Clotilde, Jeanne, Benoîton, Formiehel et Prient à la droite, Stéphen et Théodule au deuxième plan.
JEANNE
Moi, je suis allée à Paris, avec ma maîtresse de piano, acheter de la musique ..
CAMILLE
Et au retour, nous avons fait un tour de promenade aux environs.
Seules?
JEANNE, revenant à Benoîton.
Ah! voilà le papa Français. (L'imitant, sous son n«.) Seulesl
CAMILLE, de même, à droite.
Pourquoi pas seules, comme en Amérique?
Nous y viendrons!
Oui, mais en attendant!...
CAMILLE
En attendant, c'est notre voisine, Mme Courvalof, qui nous a conduites dans son panier pour l'essayer chez mistress Edwart, où nous avons vu... oh! un chef-d'œuvre... la merveille des merveilles!
Quoi donc?
CAMILLE
Ses écuries !
CHAMPROSÉ, à lui-même.
Si j'attendais les écuries, par exemple ! (Benoîton va «'asseoir près
de Formichel qui est sur le banc, son fils derrière lui.) CAMILLE.
Non! mais vois-tu, papa! après ça, il faut tirer l'échelle! Les mangeoires doublées d'argent! les boxes, tout debène, incrustés de cuivre doré, et de grandes plaques de faïence sur les murs; les conduites de marbre blanc et du sable de touia