ACTE DEUXIÈME
Finie!
PRUDENT
Parfait!... Elle nous laisse?...
Six cent mille francs à partager entre mes cinq enfants...
PRUDENT, écrivant sur son calepin.
Cent vingt mille pour nous!... Donc, mademoiselle Lucile...
FOR MICHEL, lui soufflant
Camille!...
PRUDENT
Camille, pardon!... vaut présentement quatre cent vingt mille francs, plus ce qui lui reviendra à votre mort!...
Oh! ça, le plus tard possible, n'est-ce pas?
PRUDENT
Il faut voir!... de cinquante à cinquante-cinq ans, votre âge?...
Cinquante-sept.
PRUDENT
C'est quinze ans à attendre !
Hein?... Comment?... Quoi?
PRUDENT, sans le regarder, comme quelqu'un qui compte avec volubilité.
Et encore! le cou gras, la face congestionnée!... Enfin, mettons quinze ans!... Ça cadre assez avec mes calculs!,... Jo quadruple mon capital... Quatre fois sept, vingt-huit... — Deux millions huit cent mille francs; plus votre héritage, deux cent mille: trois millions!... J'ai deux enfants, pas un de plus! un garçon d'abord, puis une fille!... le garçon est ingénieur civil, la fille est bonne à marier!... Ici, l'héritage de papa!.,.
FORMICHEL, saisi.
Piaît-ii!
PRUDENT, continuant.
Deux millions!... Je case mon fils, je case ma fille!... Trois et deux, cinq, dont je retranche un pour eux, et j'ai mes quatre million.0 ronds... Si l'affaire vous va... cher monsieur... c'est
fait! (Benolton et Formichel se regardent piteusement.) BENOITON.
Ça me va!... ça me va!... Pas tout! Tout ne me va pas!...
PRUDENT
Comment?...
FORMICHEL.
Oui, avec ses diables de calculs!...
Si nous en recausions tantôt, hein?
FORMICHEL.
J'aime autant ça!... après déjeuner... ce massacre!... ça jette un froid dans l'estomac!
PRUDENT, impatienté.
Oh! bien, si c'est comme ça que vous faites les affaires!...
(il remonte et descend à droite.)