I. Champrosé, Benolton
Et la galerie des portraits?...
Ah! les portraits, je les ai gardés!...
CHAMPROSÉ.
Pour en faire de petits Benoîton de Champrosé?
BENOITON, frappé, en souriant.
Tiens... c'est une idée, ça...
CHAMPROSÉ.
N'est-ce pas?
Oui, ça sonne bien... Benoîton de Champrosé... est-ce que vous tenez à ce titre-là, maintenant que vous n'avez plus le château ?
CHAMPROSÉ.
Moi?
Oui!
CHAMPROSE, de même, serrant les dents et se contenant.
Vous savez... j'y tiens et je n'y tiens pas!
Pardaillan... dans votre position... ça suffit!
CHAMPROSÉ, faisant frétiller sa canne derrière lui, comme un homme qui va s'en servir.
C'est-à-dire que voue m'achèteriez mon nom?
Dame, un nom de terre... cela peut s'arranger, malgré la nouvelle loi ! (à part.) Il est venu pour ça!
CHAMPROSÉ.
Nous disons donc que vous m'offrez?...
En bloc... titres...
CHAMPROSÉ.
Armoiries... et portraits?
Ob! vous savezjes cadres sont bien pourris!
CHAMPROSÉ, le regardant.
Il y a plus pourri, monsieur Benoîton!
Enfin, puisque vous êtes venu pour ça...
CHAMPROSÉ, prêt à éclater et marchant sur lui.
Croyez-vous que je sois venu pour ça?...
BENOITON, surpris et reculant.
Hein! pourquoi donc alors?
CHAMPROSÉ.
Je suis venu!... je ne sais plus!... mais... maintenant...
je... je VOiS bien que C'était pOUr VOUS... (Il s'avance comme pouf
l'étrangler.)
BENOITON, effrayé, sautant sur le timbre placé sur la table à droite.
Hé! quoi?