PAUL JOSEPH D'AILLEBOUT DE OOULOXGE
Baptisé à Montréal le 10 novembre 1696. Comme les autres fils de Louis d'Aillebout de Coulonge et de Félicité Le Picard, ses frères, il s'adonna principalement à la traite et au commerce dans les pays d'en haut.
Vers 1724, il fut accusé, en même temps que son frère Antoine, d'avoir fait la traite avec les sauvages, et tous deux subirent un procès qui eut du retentissement. Voici le texte de la plainte portée contre les deux frères par le procureur Kaimbault, le 20 juin 1724:
"Vous remontre le procureur du Roi de la juridiction de Montréal, faisant en cette partie les fonctions de procureur général, qu'il a eu avis que les deux jeunes fils du sieur d'Aillebout de Coulon2:c, rendus au bout d'en haut de cette viile, se sont absentés du dit lieu deux fois depuis un an, qu'ils ont monté dans la Grande Rivière avec les nommés Lafeuillade, Denis Franooeur et Olivier fils, leurs engagés, et n'en sont de retour que depuis ce printemps ayant hiverné hors de cette île, pourquoi ledit procureur général requiert qu'étant à présumer qu'ils ne se sont absentés un temps si considérable que pour faire la traite avec les sauvages, ce qui est une contravention aux défenses portées <oax lee lettres patentes en forme d'édit de Sa
Majesté du mois de mars 1716, ils soient assignés à comparaître "
Le lendemain 21 juin, le conseil établi par l'ordonnance de 1716 ordonne qu'il soit informé et procédé contre les accusés par devant M. de la Corne, commis à cet effet.
Ce conseil était composé de M. le Marquis de Vaudreuil, gouverneur et lieutenant général, iprésident, M. de la Chassaigne, lieutenant de roi à Montréal, M. LeVerrier, major de la ville, MM. Bégon, DeGannes, de la Corne, de Moutigny, du Vivier et de Budemont, tous capitaines.
Trois autres membres s'étaient retirés à cause de la parenté qu'il y avait entre eux et les sieurs de Coulonge aux degrés de l'ordonnance du 'CÔté de leurs femmes. C'étaient M. de Eamezay, gouverneur de Montréal, dont la femme Marie Charlotte Denis était la soeur des deux tantes des accusés. Mesdames d'Argenteuil et de Manthet ; M. Celoron de Blainville, premier capitaine et commandant des troupes, dont la femme Gertrude LeGardeur de Tilly était alliée aux Coulonges, 'petits-fils eux-mêmes de Catherine LeGardeur; M, Bouat, lieutenant général, qui était alors remarié à Agathe LeGardeur de Eepentigny.
Les jeunes de Coulonge furent arrêtés et mis en prison en attendant 1g procès.
A l'interrogatoire, devant M. de la Corne, le 8 juillet, Joseph d'Aillebout de Coulonge, l'aîné, âgé de 25 ans, explique ses absences en disant que son père et sa mère étant malades et hors d'état de le faire vivre lui-même, il serait allé à la chasse vers le long Sault, tâchant de tuer quelque chose tant pour sa vie que pour son entretien.
Le plus jeune, Antoine d'Aillebout de Coulonge, sieur de Manthet, âgé de 23 ans, répondit de même façon.
Ces explications n'étaient peut-être pas des plus probantes, mais le conseil parut s'en contenter au moins provisoirement. Le 11 juillet le conseil ordonna qu'il serait plus amplement informé dans un mois et que, entre temps, les accusés seraient élargis des prisons à la charge de se représenter à toutes assignations, élisant à cet effet domicile à Montréal.
L'affaire, croyons-nous, en resta là.
Le 3 août 1730, à ]\rontréal, Jacques Testard, Sieur de Montigny, Joseph d'Aillebout, sieur de Coulonge et Louis Godefroy, sieur de Linctôt, étant tous sur leur détj^art pour Michilimackinac, font ensemble un acte de société. (Documents Failïon EE-GG., p. 275).
A partir de 1740, Paul Joseph d'Aillebout de Coulonge semble s'être établi à demeure dans les pays d'en haut; depuis cette date jusqu'à la fin de 1752, il fignre maintes et maintes fois dans les registres de Mackinac comme parrain et comme témoin aux mariages. (Wisconsin Hist. Coll., t. XIX, passim.)
En 1753, il 'contracte lui-même mariage à l'âge de 57 ans, ainsi qu'il appert à l'acte suivant extrait des Eegistres de Mackinac et reproduit dans WiscOnsin Ilistorical Collections, t. XVIII, p. -180 :
"Le 29 janvier 1753, devant le père Lefranc, de la Compagnie de Jésus, mariage de Joseph d'Aillebout de Coulonge E'inier, fils de Mons. Junis d'Aillebout Elnier et de Félicité Le Picard, d'une part, avec Marianne Parent, fille de Pierre Parent et de Marianne Chabrier, d'autre part, après trois publications.
"Présents: d'Aillebout de la Magdeleine et M. de Langlade."
Cette copie d'acte, telle que transcrite par l'éditeur des Wiscoivsin Historical Collections est évidemment fautive; le copiste a mal lu "d'Aillebout de Coulonge Elnier", au lieu de d'Aillebout de Coulonge, Ecuier, comme il a mal lu "Junis" d'Aillebout" au lieu de Louis d'Aillebout.
Paul Joseph d'Aillebout de Coulonge a dû mourir vers la fiii de 1755 ou en 1756, car nous voyons aux mêmes registres de Miehilimackinac que, le 25 mai 1757, Marianne Parent, sa veuve, se romarib avec François Brisbé dit la Grandeur, sergent des troupes. (IVisc. Hist. Coll., t. XVIII, p. 482.)
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