PAUL D'AILLEBOUT, SIEUR DE PERIGNY
Cinquième enfant de Charles Joseph d'Aillebout des Musseaux et de Catherine Le Gardeur; baptisé à Montréal le 31 mars 1661, ayant pour parrain Paul Chomedy de Maisonneuve, et pour marraine Mlle Jeanne Mance.
Son nom de Périgny vient sans doute du village champenois du même nom situé dans la partie du dépatrement de l'Aube attenante au Tonnerois dans l'Yonne.
En 1690, il accompagne le comte do Frontenac dans son expédition contre les Iroquois. Nous lisons en effet dans "La Relation de ce qui s'est passé de novembre 1689 à novembre 1690": "Les Sieurs de Mantet, Périgny son frère, St-Pierre de Repentigny .... et M. le Comte partirent aussy accompagnés de 50 hommes pour aller du costé du fort Frontenac essayer de faire quelques prisonniers." (^Collection de Manuscrits, I, p. 515).
En 1G91, il est proanu lieutenant et il se prépare à passer en Acadie l'année suivante.
Dans un mémoire adressé au ministre et daté de 1692, les intéressés en la Compagnie de l'Acadie proposent le sieur de Villebon, lieutenant et aide-major en Canada pour commander, avec ime commission de capitaine, les soldats envoyés en Acadie, et ils ajoutent qu'on "pourrait lui donner pour lieutenant le Sieur Périgny qui est lieutenant réformé dans les troupes du Canada." (Coll. de Manuscrits, II, p. 95).
M. de Périgny se rendit en effet en Acadie, et il ne tarda pas à susciter les mécontentements au moins de qulques-uns, s'il faut en juger par la lettre suivante de l'intendant de Cham'pigny au ministre, en date du 10 'novembre 1692 :
"Les habitants de l'Acadie imputent au Sieur des Isles, l'un des frères du sieur de Villebon, et au sieur de Périgny, son cousin germain, officier des troupes 'servant au dit lieu, d'avoir commercé avec le nommé Aldin, Anglais, et lui avoir donné la pelleterie provenant de leur traite pour leur faire venir des marchandises de Boston," (Coll. de Manuscrits, II, 9, 93).
Cela n'empêche pas M. de Frontenac et j\I. do Champigny de lui concéder le 16 avril 1693, l'île du Grand Menane en Acadie, à titre de seigneurie. (Documents relatifs à la teniire seigneuriale; Tableau des concessions, no 236).
Notons en passant que dans la plainte ci-dessns M. de Champigny fait de M. de Périgny un cousin germain du Sr de Villebon. gouverneur d- l'Acadie. Ils étaient plus exactement cousins issus de germains. Joseph Robineau, Sr de Villebon, était fils de René Rpbineau et de Marie Anne Leneuf, le petit-fils du côté maternel de Jacques Le Neuf et de ^Farguerite LeGardeur, soeur de Pierre Le- Gardeur de Repentigny, l'amiral.
Paul d'Aillebout de Périgny, de son côté, éteit fils de Charles d'Aillebout des Musseaux et de Catherine LeGardeur et le petit-fils du côté maternel de Pierre LeGardeur de Eepentigny, frère de la su&(]ite Marguerite LeGardeur, l'épouse de Jacques Leneuf.
Le Sr de Villehon était le cousin germain par alliance de Pierre d'Aillebout d'Argenteuil, Mme d'Argenteuil et lui étant les enfants des deux soeurs, Catherine et Marie-Anne LelSTeuf.
Au baptême de sa fille Marie Thérèse en juin 1704, M. de Périgny est dit "de présent commandant à Chambly". Il fut relevé de ce commandement à sa demande, vers 1709, d'après le passage suivant d'un mémoire pour cette année reproduit dans la Collection des Manucrits (/, p. 619) :
"IL de Longueuil eut l'ordre de conserver le fort Chambly où le Sieur de Périgny commandait qui envoya son espouse pour demander d'en estre relevé, ce qui lui fut accordé et M. des Bergères fut nommé à sa place."
Le 3 juillet 1713, M. de Périgny est promu capitaine. Le roi lui accorde la compagnie vacante par la mort de M. de la Pipardière. Dans sa lettre, le ministre fait remarquer que le brevet a été fait sous le nom de d'Aillebout plus connu que celui de Périgny. {Rapp. Archives 1899, Suppl. Richard, p. 459).
Dans une liste d'officiers datée de 1739 que publie l'abbé Daniel dans son Histoire des grandes familles, la note qui suit se trouve inscrite en regard du nom de M. de Périgny : "Homme de beaucoup d'esprit et d'une conduite irréprochable. Il est chevalier de St-Louis".
Sa commission de chevalier date en effet du 20 avril 1734. [Rapp. Archives 1904, p. 195).
Dans sa Généalogie de la famille LaValtrie (B. R. H. fév. 1917, 9,42), M. P. G. Roy fait mourir M. d'Aillebout de Périgny à Montréal le 3 février 1745. D'autre part, dans la Relation de ce qui s'est passé en 1745 et en 1746, publiée par E. B. O'Callaghan dans Doaivnients relative to the Colonial History of the State of New York, [t. X, p. 39), nous lisons, à la date du 3 février 1746: "Captain de Périgny died at Montréal on the 24th ultimo." Le différend^ croyons-nous, est réglé par les registres de Montréal qui disent: "Le 27 janvier 1746, sépulture de Paul d'Aillebout, sieur de Périgny, chevalier, premier capitaine, âgé de 85 ans, mort le 25 janvier."
Le 11 décembre 1698, étant lieutenant et âgé de 36 ans, M. de Périgny avait épousé à Montréal, Madeleine Louise, âgée de 22 ans, fille de Séraphin Margane de La Valtrie et de Louise Bissot.
LA FAMILLE D'AILLEBOUT J^J^f)
Mme de Périgny survécut plusieurs années à son mari. Le 22 mai 1761, elle entrait en pension chez les Soeurs Grises de Montréal. (Huguet-Latour, Annuaire de Ville-Marie, II, p* 86).
La révérende soeur Fauteux, archiviste de l'Hôpital Général de Montréal, nous apprend qu'il se peut qu'elle soit décédée à l'hôpital, mais que, n'ayant pas été inhumée dans le cimetière de l'institution, la date de sa mort na pas été conservée. Elle a dû mourir peu après 1761, car elle était alors âgée de 85 ans. '
De ce mariage sont issus quatre enfants.
Va