THERESE MADELEINE D'AILLEBOUT DES :\IUSSEAUX
Baptisée à Montréal le 15 octobre 1707 et inhumée au même endroit le 5 décembre 1737, à l'âge de 30 ans.
VII p
IGNACE EENE DAILLEBOUT DE PERIGNY
Baptisé à Montréal !le 15 octobre 1710. Bien qu'officier, il semble s'être adonné principalement au c-omimeree, en société avec .ses frères de Manthet et de la Magdeleine.
Le 33 août 1745, il épouse à Montréal Marguerite Joseph, âgée d'environ 19 ans, fille de Pierre Couraud LaCoste et de Marguerite Aubuchon.
Le 33 juillet 1763, à Montréal, MargTierite Joseph LaCoste, épouse d'Ignace Eené d'Aillebout de Périgny, "^étant sur le point de s'embarquer pour s'en aller à Tancienne France", atteste qu'à cause de l'o]5position qui lui a été faite, il lui a été impossible de gérer les affaires de M. Guiton de Monrepos qui l'avait nommée sa procuratrice. [Docwnenis Failïon, N-N, No 93).
Si Mme d'Aillebout partit alors pour la France, son mari ne la suivit pas immédiatement, car, ayant été institué légataire universel de Catherine d'Aillebout, veuve Linctôt, sa cousine et sa marraine, le 27 juillet 1765, Ignace René de Périgny renonce à la succession, le 17 septembre suivant, à Montréal, en' faveur des pauvres de l'Hôtel- Dieu.
Peut-être alla-t-il rejoindre ensuite sa femme en France, car nous n'avons pu retrouver ni la date de sa mort, ni le lieu de sa sépulture.
De son mariage avec Marie Joseph Couraud La Coste sont issus les 4 enfants suivants:
LA FAMILLE DWILLEBOUT 1(^3
VII i)a — MARGUERITE JOSEPHTE D'AILLEBOl'T DE PERIGNY
Baptisée à :Moiitréal Je 2:i lévrier 174T et iuliumée au méine endroit le 22 avril de la même aimée.
VII pb — PIERRE IGNACE D'ATLLEBOUT DE PERIGNY
Baptisé à Montréal le 20 septemlire 1748 et inhumé au Sault-au- Réeollet le 10 octobre suivant.
VII pc — PIERRE IGNACE D'AILLEBOUT DE PERIGNY
Baptisé à ^Montréal le !) novembre 1^49.
Le 20 septembre KTL il épouse, à Vareunes, Josephte Bailly, fille de François Auguste Bailly de Messein et de Marie Anne de Goutins. Neuf mois après, sa jeune femme mourait après avoir donne naissance à une fille qui mourut aussitôt, et elle était inhumée a Varennes, le 27 juin 1775.
M. de Périgny semble s'être transporté aux Trois-liivières vers la fin du 18e siècle; il résida dans ce district jusque vers 1813. II éta^t un des principaux personnages de l'endroit. L'Almanacli de Quél)ec de 1807 le donne coninie juge à paix pour le district des Trois-Rivières. En 1808, il fait partie avec Thon. L. C. Foucher, juge provincial et Thomas Coffin. greffier, du bureau pour assister les malades et les aliénés du même district. En 1811, il était, conjointement avec le curé des Trois-Rivières, choisi comme exécuteur testamentaire du chapelain Saint-Onge, dont le testament en faveur des Ursulines allait être attaqué par la famille Avrard et déclaré nul.
M. de Périgny n'était pas seulement un citoyen influent, il était j)Our ainsi dire le centre de la société trifluvienne, s'il faut en croire John Lambert qui visita Trois-Rivières en août 1800. Voici ce (ju'en écrit le voyageur anglais dans son ouvrage: "l'ravels lhrou;ih Canada and United States", publié poui- la première fois en 1810:
"A French gentleman of tlie name of d'Aillebout re-sides in the town whose anees^or was govenvor of Three River.< aud Montréal nearly a cer.tury and a half ago. Ile possesses a respectable independency whieli enables him to pas< his time agreeably by gallanting the ladiei* in the moruing and playing at whist, cribbage or piquer with them in the evening. He is a pleasant, lively man and is in much request at the Three lîivers routs. tea-parties, conversazioni and petits soupers.'"' (3e édition, 181(5, p. 490).
Dans ses "Pages d'hisloire du Canada," 189 J, {p. 416) M. Benjamin Suite, parlant de la vie aux Trois-Rivières, il y a un siècle, note d'après Jolm Lambert que "parmi ;΀s personnes de la classe aisée se faisait remarquer le vieux M. d'Aillebout, type accompli du gentilhomme de la fin du siècle dernier.''
Nous demandons grâce pour M. d'Aillebout qui n'était pas un vieillard en 1806, n'ayant à peine que 56 ans. John Lambert d'ailleurs ne l'appelle pas "le vieux M. d'Aillebout."
Cependant M. Suite a eu raison de protester dans le même ouvrage contre l'assertion de John Lambert qui veut que M. de Périgny ait été un descendant d'un gouverneur de Trois-Rivières et de Mofitréal. D'après M. Suite, c'est Ducreux qui a publié pour la première fois en 1664 que Louis d'Aillebout de Coulonge, notre troisième gx)uverneur, avait été gouverneur des Trois-Rivières, et cette erreur a été reproduite par Clîarlevoix et par d'autres. L'on sait d'ailleurs que Louis d'Aillebout de Coulonge n'a pas eu d'enfants et par conséquent ])as de descendants.
M. d'Aillebout de Périgny fut étroitement mêlé au fameux incident parlementaire de l'"impeachment" dai juge Foucher en 1817 : il en fut même l'occasion principale. Tout le rlétail de l'affaire se trouve dans un volume, aujourd'hui fort rare : ''Proceedings in tlie Ilouse of Assembly of Lower Canada on impeachment against the lion. L. C. Foucher. . . Printed by order of the House, 1817."
M. Austin Cuvillier, député à la Chambre d'Assemblée, n'avait pas été heureux comme plaideur devant ]e juge Foucher. Non content des 24 heures allouées à tout condamné j^our maudire son juge, il proposa contre lui, de son siège en chambre, le 21 janvier 1817, une motion d'"impeachment''. Il alléguait que le juge Foucher avait perverti les fins de la justice et préparé lui-même certaines procédures pour le compte d'une des parties dans les causes qu'il devait juger. C'est ainsi qu'il aurait aidé ouvertement son commensal et ami Pierre Ignace d'Aillebout dans plusieurs causes, notamment en 1811 lorsqu'il était poursuivi comme exécuteur testamentaire du grand vicaire Saint-Onge, au nom de la couronne, mais pour le compte de Joseph Boucher de Montarville et de son épouse Marie-Josephte Avrard ; et en 1813, lorsqu'il poursuivait lui-même Etienne Duchesnois, de Va rennes, en recouvrement de rentes collectées. L'enquête parlementaire qui se fit aussitôt, révéla en effet que le juge Foucher avait montré un souci bien particulier des intérêts de son ami d'Aillebout.
La Chambre décida qu'il y avait lieu ii "impeachiuont" et demauda au pouvoir exécutif la suspensiou du juge Foucher. Mais le Prince Régent à qui fut laissé le soin de décider en dernier ressort ne crut pas devoir se rendre au désir de l'Assemblée et maintint (mi ses fonctions le magistrat discuté.
Cette requête nous ap{)rend qu'après avoir vécu dans le tlistrict des Trois-lîivières de 18U3 i\ 1813, M. de Périgny quitta Saint-Jean- Baptiste de Nicolet cette dernière année pour Montréal. Elle nous apprend aussi qu'il avait épousé en secondes noces une demoiselle Beanbien et c'est de ce mariage qu'il tenait ses titres à certaines rentes constituées dans Varennes, l'objet de son procès fameux avec Etienne Duchesnois. Ce second mariage a été célébré au moins en 1803, j)uisque, à cette date, il nomme Thomas Coffin son procureur pour la i)erception des dites rentes constituées.
Il est probable que la demoiselle Beaubieu en question était Charlotte Marguerite, nce en 1766, la fille d'Iùistache Ignace Trottier Desrivières Beaubien et de ^largiierite ^lalhiot. Elle était la soeur d'un des beaux-frères de Pierre Ignace d'Aillebout. En effet, Eustache Trottier Desrivières Beaubien fils avait épousé en premières noces, à Varennes, le T octobre 1783, Marie Apolline Bailly, fille de François Augustin Bailly de Messein et de Marie Anne De Goutins, de même que Pierre Ignace d'Aillebout avait épousé en premières noces, à Varennes, le 22 septembre 1774, Marie Josephtc Bailly, fille des mêmes.
M. d'Aillebout de Périgny mourut en 1822, à Tâge d'environ '4 ans et fut inhumé à Montréal le 27 novembre de la même année.
De son mariage avec Josette Bailly de Messein, il n'eut qu'une fille. Marie Anne, née et morte le 22 juin 17 75, quatre jours avant la mère.
VII pd — .\NOXY^[E
Né à Montréal le lô novembre Kôl et mort le même jour après avoir été ondoyé.