‹ La famille de Callières [microforme]Chapitre 2 sur 4 · EE SG · texte numérisé non relu

EE SG

1644, dit : “Les dépêches de (pour la) France étant parties (automne de 1643), on commença d'arracher les petits pieux (la palissade de 1642) qui environnaient le fort, et à mesure on le revêtit de beaux bastions que traça M. d’Aillebout, auquel M. de Maisonneuve laissa la conduite de cette entreprise.”

La sœur Morin écrivait en 1697 : “ La maison du fort de M. de Chomedy à subsisté jusqu'en 1682 ou 1688, qu'on acheva de la démolir, quoiqu'elle ne fat que de bois, où est à présent la maison de M. de Callières, notre gouverneur d'aujourd'hui.”

Pour parler avec précision, il faut dire que l'extréme pointe était occupée, de 1645 à 1644, par le cimetière ; ensuite venait l'emplacement où M. de Callières érigea son chàteau ; en arrière de celui-ci était l'emplacement du fort de M de Maisonneuve; les cartes et plans des XVIIe et XVIIIe siècles le montrent clairement. M. Pierre-Lonis Morin a publié en 1884 un bel album du vieux Montréal, et dans une note il nous dit que le fort de M. de Maisonneuve avait des courtines en bois et des bastions en pierre, et que le tout fut démolien 1672. Alors le texte de la sœur Morin se comprend mieux lorsqu'elle dit que en 1682 ou 1683 on ‘“acheva” de démolir le fort.

Le cimetière et le fort étaient donc disparus lorsque, le 2 juillet 1688, M. de Callières obtint des messieurs du séminaire de Saint-Sulpice, seigneurs de l'ile de Montréal, “ quinze perches et demie de front sur le fleuve à continuer à pareille largeur jusqu'au bout de la petite rivière, en superficie 18824 toises, avec droit de passage sur la pointe en avant, appartenant au seigneurs.” La pointe en avant est le terrain du cimetière de 1643 à 1654. M. Viger n’a rien trouvé pour préciser la date de construction du château de M. de Callières ; il dit qu'il était en pierre avec des ailes servant de bastions. 11 est en cela d'accord avec tous les dessins que nous possédons représentant ce monument. Pour fixer l'endroit du sol où il était assis, il n’y a qu’à porter ses regards sur les anciennes cartes de Montréal. Elles ne sauraient nous tromper, surtout après les explications qui précèdent.

L'ingénieur du Lhut, qui fortifia Montréal par les ordres de M. de Callières, nous a laissé un plan de cette ville sur lequel on voit “ la rivière Saint-Pierre, la Pointe-Callières,” la forme dr château, et derriere celui-ci un tracé ponctué renfermant ces mots : “site de l'ancien fort en 1645.” Le château forme un carré deux fois pius long que large, et iouc autour, à une certaine distance, est une ligne rouge ayant aux quatre angles des bastions réguliers. Sur le plan de Gédéon de Catalogne, année 1728, le même dessin se répète, puis sur d’autres documents du même genre, jusqu’à 1758, où je rencontre encore ces formes nettement accusées. Une vue de Montréal, prise du fleuve en 1760, donne l’élévavation du château, lequel paraît imposant et très haut de murailles. Après cela nous arrivons à 1803 avec un plan qui ne montre à la Pointe-Callières que des terres labourées. Monsieur Viger, né en 1787, dit avoir visité, dans sa jeunesse, les ruines ou fondations du château.

La société des Antiquaires de Montrcal se propose de publier ce que je viens d'écrire et d'y ajouter en gravures la reproduction des cartes, plans, etc., dont j'ai fait usage. Ily a plus de cinquante ans que M. Viger a tenté pour la première fois d’éclaireir cette question, sans se douter que je publierais un jour le présent travail dans l’un des volumes de la Société Royale du Canada à laquelle on était loin de songer de son temps.

! Voyez la brochure publiée en 1880 par la Société Historique do Montréal, Les Véritables Motifs,

La situation de la Nouvelle-France était celle-ci, en 1697: Les sauvages de l'Ouest inquiétaient les postes de traite que messieurs de Frontenac et de Callières avaient étendus au loin, et que le cabinet de Versailles voulait faire abandonner. Les Iroquois au sud-est, nous faisaient onvertement la guerre, La flotte française arrivait sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre pour exécuter enfin le plan de conquête soumis au roi par M. de Callières en 1688, mais elle se détournait bientôt de son but pour faire la chasse aux navires espagnols, anglais et hollandais, dans le voisinage de l’Acadie et de Terre-Neuve. D'Iberville, à la baie d'Hudson, livrait des combats glorieux et reprenait possession de tout ce pays. Le canon grondait sur nos côtes, les tribus sauvages soulevyient des tempêtes à l'intérieur ; cela durait depuis huit ans. Louis XIV, qui luttait seul contre les quatre premières puissamces de l'Europe, avait maintenu le prestige de, ses armes, aussi eut-il l'adresse de consentir à une entente dès que la proposition Ini en fut faite. Le 20 septembre 1697, à Ryswick, en Hollande, la France, l'Espagne cet l'Angleterre signaient la paix; l'Allemagne s’y joignait à son tour, le 30 octobre. La nouvelle ne parvint au Canada que vers le printemps de 1698,

L'été se passa à négocier avec les sauvages pour les amener à une pacification géné-

F ale ; c’est principalement M. de Callières qui conduisit les négociations, car, outre qu’il était fort entendu dans la manière de traite ces peuples, il devait remplacer, en quelque sorte, M. de Frontenac, que ses soixante-dix-huit ans condamnaient au repos. Ce dernier mourut à Québec, le 28 novembre 1698. Le major Prévost en donna avis à M. de Callières qui, si je comprends bien, laissa le gouvernement de Montréal à M. de Vaudreuil, et partit pour Québec ; on se rappelle qu'il était porteur d’un ordre du roi pour suppléer à M. de Frontenac en cas de besoin.

Le messager du major Prévost, en cette circonstance, était Augustin Le Gardeur de Courtemanche, né à Québec en 1668, et lieutenant dans les troupes depuis au moins 1692. Voici comment M. de Callières utilisa ses services : Pour éloigner les soupçons, il annonça que le sieur de Courtemanche, retournant à Québee, se chargerait des lettres et dépêches des particuliers en destination de cette ville — ce qui eut lieu, mais au moment de partir, Courtemanche déposait le tout aux mains de M. de Callières, qui ne devait pas tarder de se rendre à Québec, et il reçut en échange des dépêches adressées par M. de Callières à la cour de Versailles et aux protecteurs de la famille Callières. Ces amis étaient influents, on l’a vu par ce qui précède ; de plus, François de Callières s'était distingué au traité de Ryswick, et le roi l'avait créé marquis, honneur qui entrait pour la première fois dans la famille de Callières. Il était donc naturel que Lowus-HHector espérât succéder, par ces moyens, et par ses propres mérites, à M. de Frontenac.

Si maintenant l'on veut savoir pourquoi il agissait avec mystère dans l’envoi de son messager, nous allons le dire, La garnison de Montréal comptait deux ofliciers, recommandables, en état de remplir les fonctions de gouverneur de cette ville et du district environnant. J'ai lieu de croire que M. de Callières fixa d’abord son choix sur M. de la

Chassaigne, ce qui mécontenta M. de Vaudreuil et amena une explication entre ces trois

personnages, si bien que M. de la Chassaigne se retira et que M. de Vaudreuil prit la place.

Néanmoins, M. de Vaudreuil espérait plus encore ; c’est pourquoi M. de Callières s’en-

toura de précautions. :

Le sieur de Courtemanche, étant païti de Montréal dans les premiers jours de décembre, descendit jusqu'à Sorel, puis fit un crochet, et, nuitamment, remonta la rivière Chambly, traversa les lacs Champlain et Saint-Sacrement, passa par Albany, descendit l'Hudson, s'embarqua à New-York pour l'Angleterre, et de là pour la France. On fut étonné à Québec de ne pas le voir revenir.

Or, MM. de Vaudreuil et de Champigny, tous deux aspirant à être nommés successeurs de M. de Frontenac, se coalisèrent ‘se défiant d'un tour de Normand” à cause de la disparition de Courtemanche, et ils firent partir Charles-Joseph Amyot de Vincelot, né à Québec en 1665, seigneur du cap Saint-Ignace, qu'ils chargèrent de leurs lettres et de l'argent nécessaire pour équipper un vaisseau dans le premier port qu'il rencontrerait. Par les rivières Etchemin et Penobscot, le sieur Vincelot atteignit Pantagoit, et s'y embarqua pour traverser l'océan.

Courtemanche n'arriva à Paris que juste à temps pour remettre à François de Callières les pièces dort il était porteur, et quelques heures après Vincelot frappait chez le ministre. François n’aviut pas perdu une minute, aussi le ministre annonça-t-il à Vincelot que le roi venait de signer la nomination de Louis-Hector de Callières au gouvernement du Canada.

Nos deux Canadiens durent s'en revenir bras dessus bras dessous, riant de leur aventure, chacun ayant fait son devoir avec diligence et un parfait dévouement. Ces détails sont tirés du Recueil de Gédéon de Catalogne, comme ce qui suit.

Dès le petit printemps de 1699, M. de Callières envoya des ordres pour que toutes les troupes vinssent camper à Montréal, pour en faire une revue générale. Les troupes étant en bataille, M. de Callières envoya dire à M. de Vaudreuil de le faire avertir dès que la revue serait faite, qu'il voulait voir défiler les troupes devant lui, et ordonna que les officiers le saluassent de la pique; l'ordre en fut donné aux troupes. M. de la Durantaye, qui était un des plus anciens capitaines, par son rang, du régiment de Carignan, opina contre, et fit connaitre que ce salut n’était dû qu'aux princes où maréchaux de France, M. de Vaudreuil, par son major, en fit porter la parole à M. de Callières. La chose fut longtemps indécise. Enfin arriva M. de Callières dans sa calèche, d’où il ordonna aux troupes de défiler et de lui faire le salut. M. de Vaudreuil lui dit que c'était contre les ordres du roi, et qu'il ne le ferait que par un ordre par écrit; en même temps on fit apporter une caisse de tambour, et l’ordre y fut écrit dessus, et le salut se fit. Parmi tous ces mouvements, il y avait de la partialité: M. de Callières avait sa cour et M. de Vaudreuil la sienne. La plupart étaient fort embarrassés, ne sachant sur qui le gouvernement tomberait; dans cette attente chacun raisonnait. “Comme je n'avais point de parti, dit M. de Catalogne, et que j'étais également bien avec tous les deux, je me souviens qu'étant avec M. de Vaudreuil, il me demanda, le même jour que les nouvelles de France arrivèrent, ce que j'en pensais ; je lui dis nettement que je croyais que M. de Callières l’emporterait ; et j'en étais presque sûr narce que M. le chevalier de Crissasy m'avait fait confidence des avis que M. de Callières avait reçus par les Anglais. Cependant M. de Vaudreuil me dit qu’iln’en tâterait que d’une dent. Le même jour, les paquets de la cour arrivèrent, qui confirmèrent ce que je savais. M. de Vaudreuil n'eut pas de plus grand empressement que de venir à ma rencontre, pour me dire de ne point révéler ce qu’il m'avait dit ; je lui ai tenu parole, car voilà la première fois que je l'ai mise à jour. Les partisans de M. de Vaudreuil, quoique par la même promotion il fut nommé gouverneur de Montréal et M. de Ramesay com-

mandait des troupes, se trouvèrent fort embarrassés, entre autres M. de la Durantaye qui, tout d'un coup, prit son parti, demanda à passer en France, où il fit démission de sa compagnie, et fut fait conseiller au conseil de Québec.” M. de la Durantaye ne fut nommé conseiller que le 16 juin 1703 et prit son siège au mois de novembre suivant, alors que M. de Callières était décédé et que M. de Vaudreuil remplaçait ce dernier.

Le traité de Ryswick ' désigne parmi les plénipotentiaires ‘ François de Callières, chevalier, sieur de la Rochechellay et du Gigny;” la signature au bas de cette pièce est * de Callières.” François a publié les ouvrages dont les noms suivent :

10 — Epitre au roi, en vers; 20 — Les mots à la mode, l'histoire poélique ou la guerre nouvellement déclarée entre les Anciens et les Modernes ; des bons mots et des bons contes, de leur usage ; de la raillerie des anciens ; de lu raillerie et des railleurs de notre temps, Paris, 1692; 80 — Trailé du bon el du mauvais usage de s'exprimer, et des façons de parler bourgeoises ; trailé du bel espril où l'on exe inc les sentiments qu'on a dans le monde, in-12 l’aris, 1695 ; 40 — Traité de la manière de négocier avec les souverains; de l'utilité des négociations, du choix des embass ideurs, el des qualités nécessaires pour réussir dans les emplois, in-12, Paris, 1716, et Amsterdam, 1716, et réimprimé à Londres en 1750; 50 — Traité de la srience du monde et des connaissanres uliles à la conduite de la vie, in-12, l’aris, 1717 ; 60 — Divers discours, dans les recueils de l’Académie française, ete. Il mourut à Paris le 5 mai 1717, comme l'indique son épitaphe dans l'église de Naint-Eustache.

Durant les années 1698-1701, M. de Callicres employa toute son adresse et son énergie à pacilier les sauvages; c'est là son titre de gloire. Par des émissaires envoyés au pays des grands lacs, et qu'il savait choisir parmi les plus capables de nos coureurs de bois, aussi au moyen des assemblées solennelles qu’il tint à Montréal, il eut la joie de pouvoir déclarer en 1701 que les haches de guerre étaient enterrées depuis Montréal jusqu'aux Alleghanys et au Mississipi. Non administration comme chef de la colonie n’a rencontré que des éloges de la part des historiens. Durant les trop courtes années de son passage aux affaires, il s’exécuta des travaux importants dans le pays.

À ceux qui n'ont pas sous les yeux la gravure représentant le château Saint-Louis de Québec, du temps de M. de Callières, nous conseillons la lecture des lignes suivantes :

En 1699, Bacqueville de la Potherie, revenant d'une croisière à la baie d'Hudson, remonta le Saint-Laurent, et, rendu à Québec, il écrivit À une dame de la cour de Versailles une lettre dans laquelle je trouve ce passage :

“ Le château est sur le bord d’une grande côte, escarpée de trente toises. Il est irrégulier dans sa fortification, ayant deux bastions du côté de la ville, sans aucun fossé. La maison du gouverneur général est de cent-vingt pieds de long, au devant de laquelle est une terrasse de quatre-vingts pieds qui a la vue sur Ja basse ville et sur le canal. Ce bâtiment est fort agréable, tant pour ses dedans que pour ses dehors, à cause des pavillons qui forment des avant et arrière-corps 11 est à deux étages; il y manque encore un pavillon de trente-trois pieds de long. Il y a une batterie de vingt-deux embrasures à côté de cette maison, partie dans l'enceinte et partie au dehors, qui commande la basse ville et le fleuve *.”

La Potherie s'exprime assez bien en disant que le “château est sur le bord d'une grande côte,” et plus loin il dit que “au devant de la maison est une terrasse de quatre-

! 11 est aux pages 227-240 du t. II de la collection de documents historiques publiée à Québec. ? Histoire de L'Amérique Septentrionale, T, p. 243.

vingts pieds qui a la vue sur la basse ville,” ce qui est vrai. Entre la déclivité et la maison ou château règnait et règne encore cette terrasse — prolongée récemment de trois on quatre fois sa longueur primitive. Dire que la facade du château qui donne sur la terrasse est le devant de la dite maison est assez incorrect, puisque la grande porte s'ouvre sur la ville, en face d'une place publique appelée le Rond de Chaines, parce qu'elle est ceinturée par des chaînes tendues en guise de clôture. Le château, la terrasse les batteries, tout cela regarde du haut en bas la basse ville et le fleuve — le canal de La Potherie.

Le même auteur nous explique que le gouverneur général de la Nouvelle-France a “ douze mille francs d'appointements, trois mille en qualité de gouverneur particulier, et autant pour le fret de ses provisions qu'il fait venir de France. I] y a huit mille sept cent quarante-huit livres pour sa compagnie des gardes, composée d’un capitaine, d'un lieutenant, d'un cornette et de dix-sept carabines. La garnison du château que les fermiers du Canada entretiennent est composée de deux sergents et de vingt-cinq soldats.”

Je duis à l'obligeance de M. Joseph-Edmond Koy, très versé dans l'histoire du Canada, la connaissance du testament de M. de Callières, dont voici le résumé :

Le 25 mai 1703, “ Louis Hector de Callières, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, gouverneur, et lieutenant général pour le roi de tout le pays de la Nouvelle-France, gisant au lit malade dans sa chambre au château Saint-Louis, sur les dix heures du soir”, dicte son testament à maitre Louis Chamballon, notaire Royal: 10— Selon une certaine coutume du temps il commence par aumôner cinq sols aux pauvres ; 20 — il déclare avoir ‘une singulière dévotion” d'être inhumé et enterré dans l'église des révollets, dont il est le syndic apostolique, le père et protecteur spirituel; il demande que la cérémonie soit la plus simple possible, et espère qu'il n’y aura ni obstacle ni empêchements à ce qu'il soit inhumé chez les récollets; 80 — Désire que son cœur soit séparé de son corps et mis dans une boîte de plomb ou d'argent, pour être gardé jusqu'à ce que monsieur le marquis de Callières, son frère ait fait connaître son avis; 4o — Donne aux récollets douze cents livres monnaie de France, à charge de dire chaque jour durant l'an de son décès, une messe basse pour le repos de son âme, et ensuite, chaque année, un service à perpétuité, au jour anniversaire pour le repos de son âme et celle de ses héritiers ; 50 — Donne la moitié de sa garde-robe : habits, hardes, linge, vaisselle d'argent, au sieur de Hauteville, son secrétaire ; 60 — Donne l’autre moitié au sieur Beaufort, son maitre d'hôtel, et Gillet, son valet de chambre, pour les bons services qu'ils lui ont rendus journellement ; To — Délaisse tous ses biens au marquis de Callières, son frère, qui est son seul et unique héritier, lui recommandant d’avoir soin de monsieur le chevalier de Courcy, ne lui ayant connu que de bonnes intentions ; 80 — Il nomme son secrétaire, le sieur de Hauteville, son exécuteur testamentaire ; en cas de mort, M. François Hazeur, marchand bourgeois de Québec, le remplacera ; prie l’intendant de Beauharnois de lui continuer son amitié en les aidant de ses conseils.

Ce testament, fait en présence de Simon-Pierre Huguet et Joseph Hannibal, de l'Intendant de la colonie, du marquis de Crisasy, lieutenant du roi, de Ramesay, commandant des troupes, du marquis de la Grois, capitaine d’une compagnie, “ ne fut signé exactement à cause du grand tremblement de sa main (M. de Callières), quoiqu'il ait essayé trois diverses fois, mais d’une manière si tremblante qu’il n’est pas possible de lire sasignature, à laquelle on ne peut distinguer que les deux premières lettres,” dit le testament. Les témoins ont signé chacun des essais en question.

A FAMILLE DE CALIHIÈRES 111

es léguéces aux récollets furent versés, le 12 novembre 1703, à archand bourgeois, syndic ordinaire et receveur des aumônes des

atalogne, un contemporain, comine on l'a vu, dit que “ M. de Callières

de ses gouttes ; et la petite vérole fut si violente à Québec qu'il y mourut environ le quart des habitants, et se répandit l'hiver jusqu'à Montréal, sans toucher presque aux Trois-Rivières, où il ne mourut que peu de monde." D'après Mgr Tanguay, le gouver-

neur fut inhumé le 28 mai 1703 dans l'église des récollets, et était figé de soixante et quatre ans. Je pense qu'il faut mettre cinquante-cinq ou cinquante-six ans. Smith, dans History of Canada (1—133), cite l'épitaphe : “ Cy syst Haut et Puissant Seigneur Hector de Callières, Chevallier de Saint-Louis, (Gouverneur et Lieutenant-Général de la Nouvelle- France, décédé le 26 mai 1708.” L'église des récollets était située en face du château Saint-Louis; lorsque le feu détruisit l'édifice, ‘e 6 septembre 1796, il y avait inhumés en ce lieu les gouverneurs de Frontenac, de Callières, de Vaudreuil, de la Jonquière ; leurs cercueils de plomb étaient placés sous les voutes de l'église, sur des tablettes de fer; il n'en a rien été sauvé.

Revoyons les premières années du XVIT siècle, alors que les deux frères Alain et Jacques de Callières vivaient. Leur père, ou leur grand père, avait eu le regret de voir détruire pendant les guerres de religion leur château de Clérace, dont les derniers vestiges sont aujourd'hui à peu près disparus. A mille pieds de l'endroit en question se trouve le château actuel; il a été bâti en plusieurs fois. Il était entouré d'étangs qui lui offraient une défense naturelle ; on en a desséché quelques-uns ; il n’en reste qu’un seul, de l'étendue d’un hectare environ, qui baigne le château au midi. La localité est facile à retrouver sur la carte : Charente-Inférieure, canton de Montguyon, arrondissement de Jouzac, commune de Clérac. Ce château est le lieu d'origine d'Alain et Jacques, fils de Jacques de Callières et de Catherine Green de Saint-Marsault, mariés en 1605.

La cloche de l'ancien prieuré de Clérac porte l'inscription suivante:

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