saint-denis-d'argenteuil
« Le vendredy sixième juin mil sept cent trentehuit, le corps de Claude Rachel, écuier, sieur de Montalant, âgé de quatre-vingt-treize ans ou environ, décédé le 4 du présent mois, a été aporté dans l'église de cette paroisse, et après la messe solennelle chantée, a été conduit par le clergé de ladite paroisse en l'église des pères augustins de ce lieu, pour y être inhumé ainsi qu'il l'avoit demandé, et ce en présence du sieur Pierre Chapuis, bourgeois de Paris, y demeurant rue de Gravillers, paroisse de Saint Nicolas des Champs, exécuteur du testament dudit sieur de Montalant, d'Etienne Duny, ancien marguillier de cette église.... Ghapuis, Duny, Maubert. »
REQUÊTE A FINS D'INHUMATION DU CORPS DE SON MART, PRÉSENTÉE PAR MADAME POCQUELIN DE MOLIÈRE , LE 17 FÉVRIER 1673.
« A Monseigneur Viliustrissime et révérendissime archevêque de Paris.
« Supplie humblement Élisabeth-Glaire-Grasinde Béjart, veufve de feu Jean-Baptiste Pocquelin de Molière, vivant valet de chambre et tapissier du roy, et Tun des comédiens de sa trouppe, et en son absence Jean Aubry, son beau-frère, disant que Vendredy dernier, dix-septieme du présent mois de febvrier mil six cent soixante treize, sur les neuf heures du soir, le dict feu sieur de Molière s'estant trouvé mal de la maladie dont il décéda environ une heure après, il voulut dans le moment témoigner des marques de ses fautes et mourir en bon chrestien, à l'effect de quoy avecq instances il demanda un prestre pour recevoir les sacrements, et envoya par plusieurs fois son valet et servante à Sainct Eustache sa paroisse, lesquels s'adressèrent à messieurs Lenfant et Lechat, deux prestres habituez en la dicte paroisse, qui refusèrent plusieurs fois de venir ; ce qui obligea le sieur Jean Aubry d'y aller luy-mesme pour en faire venir et de faict fist lever le nommé Paysant, aussi prestre habitué au dict lieu ; et comme toutes ces allées et venues tardèrent plus d'une heure et demye, pendant lequel temps le dict sieur de Molière décéda, et le dict sieur Paysant arriva comme il venoit d'expirer ; et comme le dict sieur Molière est décédé sans avoir reçu le sacrement de confession dans un temps où il
venoit de représenter la comédie, monsieur le Curé de Sainct Eustache lui refuse la sépulture, ce qui oblige la suppliante vous présenter la présente requeste, pour luy estre sur ce pourvu.
» Ce considéré, Monseigneur, et attendu ce que dessus, et que le dict defunct a demandé auparavant que de mourir un prestre pour estre confessé, qu'il est mort dans le sentiment d'un bon chrestien, ainsy qu'il Ta témoigné en présence de deux dames religieuses, demeurant en la même maison, d'un gentilhomme nommé M. Gouton, entre les bras de qui il est mort, et de plusieurs autres personnes, et que M^" Bernard prestre habitué en l'église Saint-Germain lui a administré les sacrements à Pasque dernier, il vous plaise de grâce spécialle accorder à la dicte suppliante que son dict feu mary soit inhumé et enterré dans la dicte église Sainct- Eustache, sa paroisse, dans les voyes ordinaires et accoutumées, et la dicte suppliante continuera les prières à Dieu pour vostre prospérité et santé, et ont signé.
Ainsi signé : » Le Vasseur et Aubry », avec parafe.
Plus bas est écrit :
« Renvoyé au sieur abbé de Benjamin, nostre officiai, pour informer des faicts contenus en la présente n.'queste, pour information à nous rapportée estre enlinct ordonné ce que de raison.
» Faict à Paris, dans nostre palais archiépiscopal, le vingtiesme feburier mil six cent soixante treize.
Signé » f Arghevesque de Paris. »
REGISTRES DE l'aRCHEVÈCHÉ DE PARIS.
Ordonnance.
« Vu la dicte requeste, ayant aucunement égard aux preuves résultantes de Fenqueste faicte par mon ordonnance, nous avons permis au sieur curé de Sainct-Eustache de donner la sépulture ecclésiastique au corps du défunct Molière dans le cimetière de la paroisse, à condition néantmoins que ce sera sans aucune pompe, et avec deux prestres seullement et hors des heures du jour, et qu'il ne se fera aucun service solennel pour luy, ny dans la dicte paroisse Sainct Eustache ny ailleurs, mesme dans aucune églize des Réguliers, et que nostre présente permission sera sans préjudice aux règles du rituel de nostre églize, que nous voulons estre observées selon leur forme et teneur.
» Donné à Paris, le vingtiesme feburier mil six cent soixante treize.
Ainsi signé : » f Archevesque de Paris. »
Et au-dessous :
« Monseigneur Mgr ange, » avec parafe.
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