‹ La famille de Molière et ses représentants actuels; d'après les documents authentiquesChapitre 28 sur 32 · ME A CULPA · texte numérisé non relu

ME A CULPA

Lettre a M. I. Liseux, mon éditeur

Saint-Rambert-sur-Loïre, SO Mars 1879.

Moucher Monsieur,

C'est tardivement peut-être que je viens vous faire part d'une découverte tout à fait imprévue.

Hier, je bouquinais, - c'est un peu ma passion, — sur les quais du Rhône, à Lyon : je mets la main sur un charmant petit livre sur lequel je lis : Un bisaïeul de Molière, par Ern. Thoinan, Paris, 1878. Je l'ouvre fiévreusement, pensant avoir été devancé dans la publication d'une généalogie de notre cher Molière : mais non, il s'agit des Mazuel, cette famille de « violons du Roy ».

Leur histoire est là tout entière, bien dite et bien pensée : mieux encore, parfaitement costumée.

J'y trouve la constatation d'une erreur que j'ai commise : Agnès Mazuel, la seconde femme de Jehan Pocquelin, premier du nom, n'est pas la fille d'un Jean Mazuel, comme je l'avais relevé quelque part : son père est un Guillaume Mazuel, «joueur d'instruments tanthault que bas »,puis « violon du Boy }>, qui épousa Claude Méchaine.

no LA FAMILLE POCQUELLN.

Il eut au moins trois enfants : Jean Mazuel, qui épousa Claude Levasseur, Antoine Mazuel, qui se maria avec Michelle Grenier, et enfin Agnès Mazuel, que je viens de vous citer.

La rue de la Lingerie paraît avoir été le berceau de cette famille Mazuel, qui n'était peut-être pas d'origine parisienne; ce qui me confirme ce fait, que j'avais toujours soupçonné : que notre Jehan Pocquelin, d'abord porteur de grains et marié à Anne Qaude, changea de quartier; ce fut son second mariage, le H juillet 1594, avec Agnès Mazuel, qui l'amena dans la rue de la Lingerie, où il établit, après la mort de Louis Pocquelin, sa boutique de marchand tapissier, sous l'enseigne de Sainte -Véronique : voilà pourquoi Befara, qui n'a vu qu'une partie des registres paroissiaux de Paris, n'a pas trouvé Robert, Guy et Louis Pocquelin, enfants du premier lit, qui habitaient ailleurs, du vivant d'Anne Gaude.

Comme rien de ce qui touche à Molière n'est indifférent, j'espère que vous recevrez favorablement cet erratum (page 5 de la généalogie des Pocquelin), et que vous donnerez place à ma lettre à la fin du volume, s'il en est temps encore.

Sur ce, honteux et confus, n'osant m' excuser auprès de mes lecteurs, je vous prie d'agréer, mon cher éditeur, l'assurance de mes meilleurs sentiments.

E. RÉVÉREND DU MeSNIL.

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