‹ La famille de RamezayChapitre 2 sur 37 · CLAUDE DE RAMEZAY · texte numérisé non relu

CLAUDE DE RAMEZAY

Claude de Eamezay naquit à Lagesse, évêché de Langres, le 15 juin 1659, du mariage de Thimothé de Eamezay et de Catherine Tribouillard. (2)

Lorsqu'il passa dans la Nouvelle-France, en 1685, avec M. de Denonville, il était seigneur de Lagesse, de Montigny et de Boisfleurant.

Le 10 septembre 1686, M. de Denonville écrivait au ministre :

" La grâce que j'ai à vous demander. Monseigneur, est de vous souvenir que vous avez trouvé bon que j'amenasse ici des ofi&ciers avec moi sous l'assurance que vous avez eu la bonté de leur donner qu'ils rempliraient les charges qui viendraient à vaquer. Ils sont capables et ont été officiers et ont du mérite, je vous assure.

" J'avais pris la liberté de vous demander la lieutenance de Lorimier pour Beaumanoir qui a été lieutenant. C'est un gentilhomme très bien fait, qui a été élevé auprès de madame la grande duchesse. Vous en avez envoyé un autre. C'est une mortification pour dix jeunes hommes que j'ai ici qui vous demandent en grâce de ne les pas oublier.

" Je ne vous saurais proposer un meilleur capitaine que Eamezay, lieutenant de la compagnie de Troye."

(1) Ce nom s'est écrit de différentes manières, Ramesai, Kamesay, Ramezai, Ramezay. Claude de Ramezay signait " de Ramezay."

(2) Mgr Tanguay écrit Gribouillard, mais c'est Tribouillard qu'il faut lire.

Le 1er mars 1687, un ordre du roi donnait au sieur de Kamezay le commandement d'une compagnie d'infanterie en Canada, à la place du sieur de Macary.

Il fut remplacé comme lieutenant par le sieur de Louvigny.

Cette même année 1686, M. de Eamezay faisait partie de l'expédition de M. de Denonville pour s'emparer du pays des Iroquois appelés Tsonnontouans, Le 19 juillet 1687, il assistait à la prise solennelle de ce pays (1).

En 1690, lorsqu'on apprit, à Québec, que Phipps remontait le Saint Laurent, le gouverneur de Frontenac était à Montréal. M. Prévost, major de Québec, lui dépêcha un canot. Frontenac partit immédiatement avec sa suite pour la capitale. Le lendemain, comme il était vis-à-vis de Saint-Ours, il reçut d'autres nouvelles de Prévost qui confirmaient les premières. Frontenac dépêcha alors Claude de Eamezay à Montréal pour en donner avis à M. de Callières et faire descendre toutes les troupes et une partie des habitants (2).

M. de Eamezay redescendit avec les troupes de Montréal et se conduisit vaillamment pendant le siège.

Le 1er juillet 1690, M. de Eamezay fut nommé gouverneur des Trois- Eivières en remplacement de M. de Varennes, décédé. Comme le fait rem arquer quelque part M. Suite, le mot gouverneur qui signifiait à cette époque peu de choses est devenu, dans notre bouche, un terme presque royal. Quoi qu'il en soit, en arrivant à Trois-Eivières, M. de Eamezay ne resta pas inactif. Aidé de M. de Beau cour, il fit mettre la place en état de défense. Et au mois de juin 1691, lorsque Frontenac visita Trois-Eivières, il ne put cacher sa satisfaction de tout ce qui avait été fait en aussi peu de temps avec les faibles moyens à sa disposition.

(1) E. B. O'Callaghan, Doeument$ relative to the Colonial history of State ofNeto-Tork, vol. IX, p. 334.

(2) Eelation de Monseignat, Ernest Myrand : Sir William Phipps devant Québec, p. 20.

Le 20 octobre 1691, M. de Frontenac recommandait au ministre d'augmenter les appointements de M. de Eamezay :

" La modicité des appointements de M. de Eamezay l'obligera sans doute de vous supplier de les vouloir égaler à ceux du gouverneur de Montréal, puisque sa place est aussi considérable et importante, qu'elle est du domaine du Eoi et sur un passage qui épuise un gouverneur par les dépenses qu'on ne saurait éviter de faire. Celui-ci est d'ailleurs fort galant homme et qui mériterait quelque chose de meilleur."(l)

Dans l'expédition contre les Onnontagnés en 1696, M. de Eamezay commandait les milices (2).

Le 28 mai 1699, M. de liamezay remplaçait M. de Vaudreuil au commandement des troupes dans toute la colonie.

M. de Eamezay eut cette même année 1699 un différent assez sérieux avec M. de Merville.

M. de Callières raconte cet incident comme suit dans une lettre au ministre en date du 20 novembre 1699 :

" Le sieur de Eamezay étant en cette ville où il était descendu pour ses affaires en partit avec M.

(1) S'il faut en croire Bacqueville de la Potherie, M., de Ramezay n'était guère aimé à Trois-Rivières. Il écrivait au ministre des colonies: '* On vous a donné mille bénédictions, monseigneur, quand vous avez donné à M. Prévost le gouvernement des Trois-Rivières. C'est un homme généreux, il est aimé de toute la ville. Il ne cherche que les moments de faire plaisir à un chacun. Il ne se mêle point dans le commerce des pelleteries des bourgeois qui auraient volontiers chanté le Te Devm, en action de grâce, quand vous leur avez ôté M. de Ramezay. Les peuples des colonies demandent à être menés par la douceur. Il les chagrinait cependant dans leur traite de pelleterie avec les sauvages, enlevant aux marchands avec une autorité fatiguante, tout ce qu'il pouvait trouver de meilleur. Les sauvages qui veulent avoir la liberté de commercer à leurs fantaisies ne s'accommodaient guère de toutes ces manières."

(2) E. B. O'Callaghan, Documents relative to the Colonial Hittory of the State of New-York, vol. IX, p. 649.

l'évêque pour aller aux Trois-Rivières pour conclure le marché de sa maison qu'il lui a vendue pour les Ursulines hospitalières. Le sieur de Merville, qui y était en garnison avec sa compagnie, refusa de le reconnaître comme gouverneur quoique M. Prévost n'eut pas encore été reçu à sa place ayant mis aux arrêts le sieur de Tourbillon faisant la charge d'aide-major pour avoir pris l'ordre de lui et ensuite envoyé un sergent le donner au cercle, ce que le sieur de Eamezay ayant appris fit sortir des arrêts le sieur de Tourillon et envoya ordonner au sieur de Merville de les tenir dans sa chambre, ce qu'il refusa de faire et sur la plainte que le sieur de Ramezay m'a faite par écrit de cette désobéissance, certifiée par les sieurs de Tourillon et de Cournoyer, enseigne, j'envoyai le sieur d'Esgly, aide- major des troupet^, porter l'ordre ei-joint pour l'interdire à la tête des compagnies qui tiennent garnison dans cette place, ce qui l'a obligé, ne devant plus toucher de paye jusqu'à ce que Sa Majesté en ait autrement ordonné, de me demander de passer en France, ce que je lui ai accordé, n'ayant pas de quoi subsister ici."

En 1700, le roi accordait une pension de 600 livres à M. de Ramezay.

Le 20 juin 1703, il obtenait la croix de chevalier de Saint- Louis.

Le 1 5 mai 1704, M. de Ramezay était appelé au gouvernement de Montréal qu'il garda pendant viugt ans.

Comme les gouverneurs de Montréal étaient obligés de pourvoir à leur propre logement, M. de Ramezay acheta, la même année, un emplacement sur la rue Notre-Dame, où il commença immédiatement, sans doute, sa demeure. C'est la maison aujourd'hui connue sous le nom de château de Ramezay.

En 1708, M. de Ramezay se faisait concéder la seigneurie de Monnoir.

En 1709, pendant que la flotte de sir Hovenden Walker se dirigeait sur Québec, une armée sous les

1711 des rades de France, il ne fit connaître ses projeta à ses capitaines que le 22. Trois moi^ et quelques jours après son déftart de France, le 12 septembre, ordres du coloDel Nicholson était envoyée par le lac Chaniplain pour attaquer Montréal.

M. de Kamezay, à la tête de 1500 hommes, fut chargé d'aller à sa rencontre. Son avant-garde, dit Charlevoix était conduite par M, de Montigny. Elle était composée de cinquante Français et de deux cents Abénaquis et soutenus par M. de Rouville avec cent Canadiens. Après eux marchaient cent soldats des troupes du roi, sous les ordres de M. de la Chassaigne. M. de Ramezay suivait à la tête de cinq cents Canadiens, di.'-tribués en cinq comjiagnies commandées par M. d'Eschaillons, de Ligneris, de Sabrevois, Desjordis et de Saint-Martin. C'était bien peu pour s'opposer à des forces très imposantes ; mais la peste s'étant déclarée parmi les Iroquois, elle se communiqua à l'armée anglaise. Cette épidémie jointe à quelques insuccès les découragea et leur fit rebrousser chemin. Ainsi se termina une expédition qui devait ensevelir le Canada sous ses ruines.

En 1710, M. de Ramezay obtint la concession de la seigneurie de Ramezay.

M. de Ramezay mourut à Québec le 1er août 1724.

Il avait épousé à Québec, le 8 novembre 1690, Marie-Charlotte Denys, fille de Pierre Denys, sieur de la Ronde, et de Catherine LeNeuf Leur contrat de mariage fut passé à Québec par le notaire Genaple, le 7 novembre 1690. Madame de Ramezay mourut à Montréal, le 8 juillet 1742, à l'âge de soixante-quatorze ans. De leur mariage naquirent seize enfants :

Claude de Ramezay

Né à Trois- Rivières le 20 octobre 1691. En 1707, il était fait garde de la marine.

En 1711, Duguay-Trouin prépara une expédition avec autant de secret que d'activité. Parti le 9 juin l'escadre s'engageait dans le goulet de Eio-de-Janiero, voiles hautes, enseignes déployées. Elle essuyait aussitôt le feu des batteries de terre. Après plusieurs combats, les Français s'emparèrent de la ville et de tous les forts qui la protégeaient. La ville se racheta moyennant une très forte rançon.

Le jeune Claude de Eamfzay était enseigne sur un des vaisseaux de Duguay-Trouin.

C'est au cours d'un des nombreux et glorieux engagements de cette campagne qu'il trouva la mort, à l'âge de vingt ans.

Cathekine de Eamezat

Née à Trois-Eivières le 2 septembre 1692.

Anonyme

Née et décédée à Trois-Eivières le 27 juillet 1693. Inhumée à Batiscan.

Louis de Eamezay, sieur de Monnoir

Né à Trois-Eivières le 1er juillet 1694.

Il prit le nom de Monnoir d'une des seigneuries de son père.

Comme ses ancêtres il embrassa le métier des armes.

Il fut massacré par les Chërakis, non loin de la rivière Wabash. "Il n'y a pas longtemps, dit Charlevoix, que les Chérakis y tuèrent trente Français ayant à leur tête un fils de M. de Eamezay, gouverneur de Montréal, et un du baron de Longueuil, lieutenant du roi de la même ville."

M. de Vaudreuil écrivait au Conseil de Marine le 12 octobre 1717 :

" Le bruit qui avait couru ici l'année dernière que le fils de M. de Eamezay et celui de M. de Longue uil avaient été tués, ne s'est pas trouvé faux. Une lettre du K. P. des Villes, Jésuite, missionnaire chez les Kaskasia, qui m'a été envoyée du Détroit, nous a appris que ces deux officiers ayant pris leur route pour retourner au Détroit par Ouabache, avec plusieurs autres Français qui les accompagnaient, ils avaient fait rencontre d'un gros parti de Charakis, nation sauvage voisine de la Caroline, qu'ayant voulu reconnaître ce parti, leur troupe en avait été enveloppée et qu'à la première décharge ces deux officiers avaient été tués avec quelques-uns de leurs gens et que le reste ayant été pris et ces sauvages les emmenant captifs, il s'en était sauvé six, lesquels s'étant rendus au village de Kaskasia y avaient apporté cette triste nouvelle."

Charles-Hector de Kamkzay, sieur de la Gesse Né à Trois-Eivières le 18 mai 1696.

Il embrassa la carrière des armes.

Promu au grade de capitaine, il passa en France.

Il périt à son voyage de retour à bord du Chameau. Le naufrage du Chameau eut lieu le 28 août I'l25. Ce naufrage jeta le deuil et la consternation dans un grand nombre de familles. Dans cet affreux désastre, pas un seul homme ne fut Fauve pour venir en porter les tristes détails. Il y avait à bord un intendant, M. de Chazel, destiné à remplacer M. Bégon, et un grand nombre d'officiers et d'autres personnes de mérite appartenant aux premières familles du pays.

Marie-Catherine de Eamezay Née à Trois-Eivières le 7 juillet 1696.

" Après avoir reçu son éducation au couvent des Ursulines de Québec, elle revint habiter avec sa famille à Montréal. Assujetties par la volonté de leurs parents à toutes les bieméances du monde, les demoiselles de Ramezay étaient de toutes les fêtes, et, chose admirable, elles ne perdirent jamais la sainte habitude d'entendre chaque jour la messe.

"Eevenant un matin de Notre-Dame de Bonsecours, le lendemain d'un bal, Mlles de Ramezay furent surprises de trouver leur mère déjà debout. — Quoi! chère maman, s'écrièrentelles, déjà debout, vous qui vous êtes couchée si tard, ou plu'ôt si matin! — 11 le faut bien, mes chers enfants, répondit Mme de Ramezay : votre père doit se rendre avant neuf heures au Champ de Mars pour faire la revue du nouveau régiment, dont nous avons eu hier soir les principaux ofi&ciers. — Mais vous êtes aussi pâle ce matin, chère mère, qui si vous aviez été malade au lit un mois entier. C'est ce malheureux bal qui vous a brisée. Pour nous qui avons dormi depuis onze heures jusqu'à huit heures du matin, nous dormions encore dans la voiture, et c'est à grand'peine si nous avons pu entendre la messe... Dites, chère maman, est-ce que cette vie bruyante et dissipée ne vous ennuie pas ? — Cela ennuie bien un peu, repartit la mère. Pourquoi alors, répliqua Marie-Caiherine, donner ces grands dîners ? — Ah ! mon enfant, répondit la mère en soupirant, j'avoue que nous aurions plus de joie et de paix, si nous pouvions vivre retirés sur nos terres, au milieu de nos censitaires ; mais de quel œil le public nous regarderait-il, si nous refusions de nous associer avec les officiers de Sa Majesté, les citoyens

haut placés, ainsi que les principaux fonctionnaires du gouvernement ? Voudriez- vous donc qu'on nous fit passer pour de fiers aristocrates ? Comprenant par ces dernières paroles la position gênante où la fortune avait placé sa famille. — " Ah ! maman, dit Catherine en embrassant sa chère mère, je vois que vous avez plus de soucis que de plaisirs ! Permettez- donc à vos filles d'embrasser un état qui n'offre jamais de pareils ennuis !" Mme de Eamezay ne répondit pas, car ce langage ne lui était pas étranger; elle prévoyait en cela un sacrifice de plus, et elle avait même prévenu son mari des secrètes intei'tions de ses filles.

" Après un silence de quelques instants entre la mère et les filles, entra M. de Eamezay. Ayant pris sa place, il dit à sa femme en souriant : " Nous voilà donc seuls ce matin avec nos deux religieu-es! — Oui, oui, cher papa, s'éciièrent-elles, vos deux religieuses avec votre permission ! — Quoi donc, mes filles, reprit- il, c'est donc sérieusement que vous voulez quitter la famille ? Estce que la vie chrétienne et ordinaire ne vous sufi&t pas ? Pensez-vous donc que votre mère et moi, nous ne songions pas aussi à notre salut ? Laissez là ces chimères et apprenez à connaître le monde. Aujourd'hui même, je désire vous voir présentes avec votre mère et vos sœurs à la rtvue des troupes."

" A ces paroles prononcées avec toute la force de l'autorité paternelle, il n'y eut pas de réplique, et pendant deux ans, M. de Eamezay continua à éprouver ainsi la vocation de ses deux filles. Gagné enfin par leurs instances, il céda à leurs désirs, exigeant encore néanmoins de la jeune Marie-< atherine un retard de six mois. Ce ne fut qu'au printemps de 1717, qu'elle obtint de venir aux Ursuiines.

" A sa vêture, qui eut lieu le 31 août de la même année, toute sa famille vint de Montréal pour la cérémonie ; les amis de Québec se joignirent à eux en si grand nombre que la chapelle ne pouvant les contenir

tous, on fut obligé de faire passer les dames de la famille dans le chœur des religieuses. Mgr de St- Vallier officia, et le E. P. Gérard, S. J., fit un " ravissant " discours sur le bonheur que l'on goûte au service de Dieu, comparé aux mécomptes et aux déceptions des partisans du monde. A ces consolantes paroles, les traits de la novice s'épanouissaient de joie, sa tendre mère s'efforçait de sécher ses larmes, et son père voyait s'accomplir d'un front moins triste, les solennités du sacrifice qui lui enlevait sa fille.

" Mlle de Kamezay avait fait un immense sacrifice en quittant sa famille, mais Dieu qui lui avait donné l'intelligence de cette parole : " Qui aime son père ou sa mère plus que moi, n'est pas digne de moi," lui donna aussi la force de rompre avec une extrêoae générosité des liens si doux et si chers. Le sacrifice fut réciproque, car M. et Mme de Rameaay avouèrent à sa réception, que les premières larmes que leur arrachait cette fille chérie, étaient ce tribut payé à la séparation.

" Au reste, le sacrifice de la famille avait été le seul pour Mlle de Eamezay; quant aux espérances attachées à une haute position dans le monde, et aux jouissances que peuvent procurer la fortune et la beauté elle comprenait depuis longtemps que ce n'était là qu'une vaine fumée, une poussière, qu'un léger souffle emporte un jour ou l'autre et dont il ne reste pas même la trace.

*' Elle prit l'habit et fit profession avec une joie indicible, et ses vertus allèrent toujours croissant, se détachant de tout pour ne s'attacher qu'à Dieu, ayant fait un divorce général avec tout ce qui pouvait tant soit peu l'éloigner des intérêts de son âme. Elle fit bien valoir ses talents naturel- et les riches qualités du cœur qu'elle avait reçus du ciel ! "

*' Il semble, en effet, que le Seigneur ne l'ait faite si bonne, si gracieuse et si belle, que pour la rendre plus éloquente et plus persuasive à faire aimer la vertu.

Comme elle dépeignait vivement aux élèves les dangers de la vanité, surtout dans les parures! Avec quelle entraîuante émotion elle leur parlait des charmes de la modestie chrétienne, le plus bel ornement et la gloire de leur sexe ! Son ascendant sur les ilèves était tel qu'elle leur persuadait de ne jamais reprendre, à leur sortie du pensionnat des modes qui faisaient alors " fureur ", quelques déraisonnables qu'elles fussent. Les " paniers " à une certaine époque, tenaient lieu des crinolines de nos jours, et n'étaient pas regardées comme moins indispensables. C'était à qui l'emporterait par l'ampleur, et il s'en suivait une vanité dispendieuse autant que ridicule. Les prédicateurs avaient beau crier, comme aujourd'hui les plus zélés curés de nos paroisses, les paniers marchaient toujours, même jusqu'au pied des autels ! Eh bien ! qui le croirait ? La mère de Sainte-Kadegonde réussit à dissuader de cette mode pernicieuse et extravagante un grand nombre d'anciennes élèves, qui furent assez courageuses pour paraître en public sans les admirables paniers ambulants ! En mai 1725, il plut à Dieu de couronner sa jeune servante, qui n'avait jamais cessé de travailler à sa perfection avec une ardeur incroyable. " (})

Marie-Charlotte de Ramkzay

Née à Trois-Kivières le 31 juillet 1697.

Elle résolut dès son bas âge de se consacrer au Seigneur. Le 18 novembre 171o, elle entrait à l'Hôpital- Général de Québec. Elle y fit profession le 30 mai

(') Les Uraulinea de Québec, dipuia leur établitsement jutqu^à not jours, tome second, pp. 102 et seq.

Pendant sa carrière religieuse d'un demi-siècle, la mère Saint-Claude de la Croix fut un sujet d'édification par sa ferveur, tout en servant utilement l'Hôpital- Général par ses talents et son activité.

" La mère Saint-Claude était dépositaire à l'époque du siège de Québec. Obligée par son emploi d'avoir des rapports journaliers avec des personnes de tout rang, elle se montra, par la noblesse de ses manières et la délicatesse de ses procédés, toujours digne de sa haute naissance, et plus digne encore de sa sublime vocation par son humilité, sa modestie, son dévouement. Sa sympathie pour ses compatriotes malheureux était bien connue. Les officiers anglais respectaient sa fermeté, et redoutaient en quelque sorte son influence. Ces messieurs lui reprochaient, entre autres griefs, d'avoir inventé et fait circuler industrieusement, en plus d'une occasion, des rumeurs propres à relever le courage des Français et à produire un effet tout contraire sur l'esprit des troupes anglaises; comme, par exemple, la nouvelle d'une prétendue défaite du général Amherst à l'île aux Noix ; celle de plusieurs désastres qui seraient arrivés à l'ennemi sur les lacs et dans le Pays d'en Haut ; celle d'une paix universelle qui aurait été publiée en Europe, et qui obligerait bientôt tous les partis à poser les armes, etc. Le général Murray luimême ne fut pas loin d'ajouter foi à d'aussi absurdes accusations, et, jugeant sans doute qu'il serait avantageux de gagner à son parti une femme de cette trempe, il s'engagea à réserver pour la sœur du commandant de Eamezay la première place de sergent qui viendrait à vaquer! Cependant, ô injustice ! la légende n'ajoute pas que la mère Saint-Claude ait jamais obtenu ce petit honneur. Elle ne fut pas non plus enrôlée dans les grenadiers, comme le même général Murray l'avait, paraît-il, si authentiquement promis.

" Minée par une assiduité continuelle aux devoirs de sa charge, soit comme supérieure, soit comme déposi-

taire, la mère Saint-Claude succomba à une fièvre lente, le 15 novembre 1767, à l'âge de soixante et dix ans. Elle avait survécu quarante-deux ans à sa sœur Marie-Catherine de Ramezay de Sainte-Radegonde, religieuse au monastère des Ursulines de Québec." (^)

Pierre-Thimothée de Ramezay Né à Trois-Rivières le 2 octobre 1698.

Décédé à Québec le 23 avril 1706.

Louise-Geneviève de Ramezay Née à Trois-Rivières le 21 novembre 1699.

Mariée, le 10 décembre 1721, à Louis-Henri Deschamps, sieur de Boishébert, fils de Jean-Baptiste- François Deschamps, seigneur de la Bouteillerie, et de Catherine- Gertrude Macard.

A la mort de son père, M. de Boishébert hérita de la seigneurie de la Bouteillerie, mais il séjourna peu à la Rivière-Ouelle où était le manoir seigneurial. Fixé à Québec, où il occupait le grade de major, il y acquit d'importantes propriétés. Ses mérites personnels et les services qu'avait rendus son père lui valurent le poste de gouverneur de Louisbourg. Il mourut à Québec le 7 juin 1736.

Lorsque ses enfants furent établis, madame de Boishébert se mit en pension à l'Hôpital-Général de Québec où avait vécu sa fille, la sœur Sainte-Geneviève, et où vivait encore sa sœur, la mère Saint-Claude. La fortune de sa famille avait subi le choc des événements;

(•) Monseigneur de Saint- Vallier et V Hôpital- Général de Québec, p. 393.

mais le cœur de cette noble dame était demeuré grand et généreux, et, jusqu'à sa mort, elle fit à l'Hôpital- Général tout le bien que lui permettaient ses modestes ressources. Elle mourut le 13 octobre 1769, et fut inhumée dans l'église de l'Hôpital- Général.

Madeleine-Angélique de Eameza.y Née à Québec le 21 janvier 1701.

Elle ne se maria pas. En 1735, une maladie contagieuse fut communiquée à la population de Montréal par un vaisseau du Roi. Mademoiselle de Ramezay sollicita auprès des religieuses de l'Hôtel-Dieu de Montréal la grâce d'être admise dans leur hôpital pour leur aider à soigner les malades. Les Hospitalières admirèrent la charité de mademoiselle de Ramezay, elles lui en témoignèrent leur reconnaissance, mais elles ne crurent pas devoir l'exposer à une mort inévitable.

Madeleine- Angélique de Eamezay mourut à Montréal le 25 décembre 1749.

Elle recevait une pension du Eoi.

François de Ramezàt

Né à Québec le 4 octobre 1702.

Décédé à Québec le 4 décembre 1702. Inhumé dans le cimetière de Beauport.

Françoise-Ursule de Eamezay

Née à Québec le 28 janvier 1704.

Décédée à Québec le 3 mars 1704. Inhumée à Charlesbourg.

Françoise-Louise de Eamezay Née à Montréal le 6 juillet 1705.

Marie-Elizabeth de Eamezay

Née à Montréal le 14 février 1707.

Le 1er septembre 1740, elle devenait la femme de Louis de la Corne, sieur de Chapt et de Saint-Luc, lieutenant d'une compagnie des troupes du détachement de la marine.

Le 4 novembre 1772, Elizabeth de Eamezay, veuve de Louis de la Corne de Chapt, âgée de 62 ans, entrait pensionnaire chez les Sœurs Grises, à Montréal.

Jean-Baptiste-Nicolas-Eoch de Eamezay Le continuateur de la lignée.

Marie-Marguerite-Louise de Eamezay Née à Montréal le 19 août 1711.

Décédée au même endroit le 27 novembre 1711.

Jean- Baptiste-Nicolas- EocH de Eamezay

Jean-Baptiste-Nicolas-Eoch, le quinzième enfant de Claude de Eamezay et le continuateur de la lignée, naquit à Montréal le 4 septembre 1708.

Il fut fait enseigne dans les troupes de la colonie en 1720. Il n'était alors âgé que de douze ans. Il servit dans la garnison de Montréal pendant six ans.

En 1726, il était promu lieutenant.

Il fut envoyé la même année à Niagara avec d'autres officiers afin d'y établir un fort pour servir de barrière aux entreprises des Anglais qui venaient de s'établir à Chouaguen.

En 1728, il fit la campagne des Eenards sous les ordres de M. de Lignery.

Le 24 octobre 17^19, Mme de Ramezay écrivait la lettre suivante au ministre en faveur de son fils :

" Je prends la liberté de représenter à Votre Grandeur que de quatre enfants que j'avais au service deux ont été tués, un autre s'est noyé dans le Chameau en 1725 et le dernier est lieutenant dans les troupes de ce pays. Il s'est marié l'année dernière avec l'agrément de M. le marquis de Beauharnois. Je supplie Votre Grandeur de vouloir bien accorder la première compagnie qui vaquera ou une expectative au seul qui me reste, en considération de trente- cinq années de service de feu son père, en qualité de gouverneur et commandant des troupes et de ceux de ses frères.

" J'ai eu l'honneur de vous écrire l'année dernière pour vous supplier de vouloir bien me remettre les 300 Ibs que mon fils la Gesse, qui s'est perdu dans le GhaTïieau, avait pris dans la caisse en avance sur ses appointements qui auraient été perdues de même s'ils fussent restés dans la dite caisse.

" M. l'Intendant a l'honneur de vous en écrire pour vous prier de vouloir bien me faire cette remise. Les pertes considérables que j'ai faites sur mes bois m'ont absolument dérangé, ce qui ne serait pas arrivé si on avait voulu les recevoir, comme on fait aujourd'hui, de ceux de M. Lepage, quoique le vaisseau du Roi soit perdu. J'ai été obligé par ce dérangement de vendre

une partie de mes biens fonds et d'engager ma pension de 1000 Ibs pour pouvoir acquitter mes dettes qui ne le sont point encore, ne pouvant rien donner à mes filles pour leur entretien. Elles furent obligées, il y a deux ans, d'avoir recours aux grâces que le Eoi laisse à M. le Gouverneur-Géaéral à distribuer. Il leur donna à chacune 200 Ibs. Vous pouvez juger par ce détail, Monseigneur, de ma triste situation."

Le Eoi s'étant rendu à la demande de Mme de Kamezay, elle remercia le ministre par la lettre touchante qui suit :

•' J'ai l'honneur de vous faire mes très humbles remerciements de la remise des 360 livres que vous avez la bonté d'ordonner qui ne me soit pas imputées à remboursement envers Messieurs les Trésoriers généraux de la marine, pour avances qu'ils avaient faites en 1725, de pareille somme sur les appointements de feu mon fils de la Gesse, lorsque j'ai eu le malheur de le perdre sur le vaisseau du Roi qui périt y étant passager.

" J'ai bien lieu de me flatter, Monseigneur, parce que vous me dites d'obligeant que les services de feu Monsieur de Kamezay, mon époux, vous sont toujours présents, et que dans les occasions qui se présenteront pour l'avancement du seul fils qui me reste, vous lui ferez la grâce que les services de son père préviennent en sa faveur. Ce n'est point en mère aveugle, Monseigneur, que j'ai l'honneur de vous assurer qu'il sert avec tout le zèle et l'application d'un bon officier ayant l'applaudissement de ses supérieurs et l'estime de Monsieur le Général. Il me paraît. Monseigneur, que la mort de Monsieur Desgly est une occurrence favorable pour lui et que les mouvements que cela produira dans le corps est le moment, Monseigneur, de lui faire ressentir l'effet de vos grâces. J'ai l'honneur de vous en presser pour qu'il soit d'autant plus en état de m'aider, d'assister le reste de ma famille. Je prends la liberté, Monseigneur,

de vous représenter qu'on me fait en France, mille difi&cultés au sujet de ma pension et qu'il arrive que je ne la touche jamais par l'arrivée des vaisseaux. Je suis bien lasse des raisons de ceux auxquels je suis obligée de me confier pour toucher le payment. Ne vous serait-il pas possible, Monseigneur, de m'ordonner cette somme à l'avenir sur les fonds de cette colonie, afin de me délivrer d'une inquiétude à laquelle je ne sais comment remédier, et que je puisse être sure d'un état fixe avec lequel je dois pourvoir à mon entretien et celui de mes enfants,"

En 1731, les Anglais avaient envoyé un collier aux sauvages de la pointe de Chagouamigon pour les engager à égorger tous les Français qui étaient dans les postes environnants. M. de Eamezay fut envoyé chez ces sauvages pour les maintenir dans l'obéissance du roi. Il réussit dans sa mission. Les sauvages lui remirent le collier envoyé par les Anglais, et M. de Ramezay la remit à M. de Beauharnois, alors gouverneur-général.

En 1734, M. de Eamezay fut nommé capitaine.

En 1742, on confia à M. de Eamezay le commandement du poste de Nipigon, à la baie d'Hudson. La proximité de ce fort du fort Eupert occupé par les Anglais rendait la tâche de M. de Eamezay très délicate. Il s'en tira très bien.

En 1746, M. de Ramezay fut envoyé en Acadie, à la tête de dix-huit cents canadiens et sauvages, pour y attendre l'escadre française commandée par le duc d'Anville. Par le travers de Gaspé, il apprit que les Anglais s'étaient emparé du fort Lajoie, lie Saint- Jean, où ils attendaient, au passage, avec une frégate de trente à quarante canons et deux autres vaisseaux de moindre force. Avec ses six ou sept bâtiments, dont le plus fort était de trois cents tonneaux, il se rendit à la Baie Verte, lieu de sa destination. Là, il fit un détachement de canadiens et de sauvages des plus ingambes, qu'il envoya avec quelques oflB.ciers et cadets, sous les ordres

de M. de Montesson, contre les anglais embusqués. Leur garde qui était à terre fut prise et le reste tué.

De là, il se rendit au village des Mines. Deux vaisseaux du roi commandés par M. Duvigneau étaient arrivés au port de Chibouctou. M. Duvigneau n'ayant aucune nouvelle de l'escadre, chargea de Ramezay de plus de soixante prisonniers et retourna en France. M. de Ramezay donna avis de cette relâche à M. de Beauharnois. Celui-ci lui donna ordre, au cas de défaut de nouvelles de l'escadre du duc d'Anville, de s'en retourner à Québec à la fin d'août, avec la majeure partie de son monde, et de ne laisser, en Acadie, qu'un faible détachement. Il n'était pas plutôt parti, qu'un exprès lui apprenait l'arrivée de l'escadre à Chibouctou. Il revint sur ses pas et se mit aux ordres du commandant de l'escadre, M. de la Jonquière, Celui-ci lui ordonna d'aller bloquer Port-Royal pour faciliter le débarquement. Il s'y rendit, et avec trois ou quatre cents hommes, canadiens et sauvages, il soutint les efforts de seize à dix-sept cents hommes pendant vingtdeux jours. Mais M. de la Jonquière ayant relâché, M. de Ramezay se retira à Beaubassin.

En janvier 1748, quatre cents anglais s'étant emparés du village des Mines comptaient chasser les Français de Beaubassin, M. de Ramezay voulut les prévenir ; mais indisposé d'une chute, il forma un détachement de trois cent cinquante canadiens et sauvages, dont il donna le commandement à M. Coulon de Villiers, avec la marche, l'ordre de la bataille et la façon dont il fallait les attaquer. M. Coulon de Villiers, ainsi instruit, se rendit en trois ou quatre jours près des ennemis sans en être aperçu. Il fit la distribution de son monde pour attaquer tous ensemble suivant le plan à lui donné. Les ennemis furent battus partout ; dix maisons qui étaient autant de corps de garde furent prises. Les ennemis demandèrent alors à capituler.

Au commencement de juin 1748, M. de Eamezay retourna à Québec. (^)

La même année, il était décoré de la croix de Saint- Louis.

En 1749, il fut nommé major de Québec. Il occupa cette place pendant neuf ans à la satisfaction de ses supérieurs.

Enfin, en 1758, il était promu lieutenant du roi de la même ville de Québec. C'est en cette qualité que, le 18 septembre 1759, il eut la tâche peu enviée de remettre Québec entre les mains des Anglais. On a blâmé M. de Eamezay d'avoir rendu la ville de Québec à l'ennemi, sans avoir opposé une assez longue résistance. Un Mémoire qu'il présenta au Roi, et qui a été publié par la Société Littéraire et Historique de Québec, en 1861,(2) contient un certain nombre de pièces justificatives qui contribuent beaucoup à jeter un nouveau jour sur les causes qui précipitèrent la capitulation de Québec. Il est évident, d'après toutes ces pièces, que M. de Eamezay n'avait d'autre alternative à prendre que de capituler.

Après la capitulation de Québec, ainsi qu'il en avait été convenu entre l'amiral Saunders et le général Townshend d'une part, et M. de Eamezay de l'autre, le lieutenant du roi à Québec fut conduit en France.

Le roi lui accorda une pension de 800 livres.

Nous n'avons guère de renseignements sur M. de Eamezay après son départ pour la France.

C) Dans son Histoire populaire de Montréal, M. A. Leblond de Brumath nous donne Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay comme gouverneur de Montréal. Erreur. M. de Bamezay fils n'a jamais été gouverneur de Montréal.

C) Mémoire du sieur de Eamezay, commandant à Québec, au sujet de la reddition de cette ville, le 18 septembre 1759, d'après un manuscrit aux Archives du bureau de la Marine, à Paris, Des presses de John Lovell, Québec — 1861.

En 1767, il résidait à Paris. (^)

D'après un document cité par M. Doughty, M. de Ramezay serait mort à Cayenne, dans l'hiver de 1771- 1772. (2)

M. de Ramezay avait épousé, à Trois-Eivières, le 6 décembre 1728, Louise Godefroy de Tonnancour, fille de René Godefroy de Tonnancour et de Marguerite Ameau. De ce mariage naquirent six enfants qui, tous, à part l'aînée, moururent en bas âge.

Charlotte-Marguerite de Ramezay Née à Trois-Rivières le 15 novembre 1729. Mariée, à Québec, le 7 mars 1758, à Antoine- Joseph de Bellau, capitaine au régiment de Guyenne et chevalier de Saint- Louis.

Deux enfants naquirent de cette union : 1" Jean-Baptiste-Joseph de Bellau né à Québec le 23 mars 1762.

1° Roch-François-Antoine de Bellau né à Québec le 24 juin 1763.

Claude-François-Roch de Ramezay Né à Trois-Rivières le 6 août 1733.

Décédé au même endroit le 18 août 1773.

PlERRE-ROCH DE RaMEZAY

Né à Trois-Rivières le 18 septembre 1736. Décédé au même endroit le 3 décembre 1736.

C) Etat général de la noblesse canadienne, résidant actuellement dans la province de Québec, ou au service de l'armée française — Rapport sur les archives canadiennes pour 1888, p. 33.

(') Rapport sur les archives canadiennes pour 1905, p. 495.

JOSEPH-JOACHIM DE EaMEZAY

Né à Trois-Eivières le 19 août 1738.

Décédé au même endroit le 28 août 1738.

Louise-Hyacinthe de Eamezay Née à Trois-Rivières le 18 novembre 1739. Décédée au même endroit le 8 décembre 1739.

Jean-Baptiste de Eamezay Né à Montréal le 1^' janvier 1743.

Décédé au même endroit le 11 février 1745.

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