‹ La famille des Champs de BoishebertChapitre 4 sur 7 · CHARLES DES CHAMPS I)E BOISHÉBERT ET DE RAFFETOT · texte numérisé non relu

CHARLES DES CHAMPS I)E BOISHÉBERT ET DE RAFFETOT

Hé à Québec le 7 février 1727.

Il entra au service en 1742, à l’âge de 15 ans, en qualité de sous-aide-major, dans la garnison de Québec.

En 1743, il lut détaché au fort Saint-Frédéric, sous les ordres du sieur de Fon ville. Les préparatifs de guerre que faisaient les Anglais sur les frontières lournirent à cet officier la première occasion d’essayer les talents militaires du jeune de Boishébert. Il l’envoya à la tête de 25 hommes, vers la rivière de Sarasto, pour reconnaître les préparatifs de l’ennemi. Il s’acquitta de cette mission avec succès; La course était de 60 lieues. Cependant, il revint au bout de 12 jours avec tous les renseignements qu’on pouvait désirer sur les préparatifs des Anglais.

Le gouverneur de Beauharnois informé des travaux des Anglais, envoya un corps de 500 hommes sous la conduite du sieur Marin pour les détruire. M. de Boishébert fit cette expédition en qualité d’aidemajor. Le village de Sarasto fut brûlé, de même que les magasins et bâtiments élevés par les Anglais. 160 ennemis furent tués et autant furent faits prisonniers.

En 1746, M. de Boishébert accompagna son oncle, M. de Ramezay, dans son expédition en Acadie. On apprit, en arrivant à la Baie Verte, que les Anglais avaient au por^ Lajoie, dans l’île Saint-Jean, une

Charles des Champs de Boishébert et de Raffetot

fiegate de 24 canons, la Shirley , et un autre vaisseau de 16 canons, et qu ils voulaient taire une descente dans cet endroit.

de Ramezay donna or.lre à M. de Boishébert d’aller s’assurer de la vérité de ce rapport. Il s’embarqua dans un canot d’écorce et malgré une mer très torte, s’acquitta très rapidement de sa mission. Il rendit à son cbet un compte exact de la force des vaisseaux et du nombre d’hommes que les Anglais avaient débarqués dans l'île. M. de Ramezay se décida aussitôt à envoyer M. de Saint-Pierre, avec 500 hommes, pour attaquer ceux qui étaient descendus à terre. M. de Boishébert fut encore de ce détachement. Le camp ennemi fut surpris et attaqué si vivement, que, de 200 hommes qui le composaient, il ne s’en sauva qu’un seul ; le reste fut pris ou tué.

M. de Boishébert prit ensuite part au siège de Port- Royal sous M. de Ramezay. Mais la flotte commandée par le marquis de la Jonquière n’ayant pu aider à l’assaut de la ville, l’armée canadienne dût se retirer à l’approche de l’hiver. Elle se rendit d’abord aux Mines, puis à Beaubassin.

Dans le cours de l'hiver, les Anglais s’emparèrent du village des Mines. M. de Ramezay organisa un parti de 250 Canadiens pour aller attaquer et déloger les Anglais qui étaient au nombre de 600. L’attaque se fit à quatre heures du matin. Après une lutte acharnée qui dura jusqu’à trois heures de l’après-midi, les Anglais capitulèrent, M. de Boishébert s’était couvert de gloire dans cette occasion.

Dès que la saison le permit M. de Ramezay et sa petite armée reprirent la route de Québec.

Au mois d’août 1747, M. de la Galissonnière, qui venait relever le marquis de Beauharnois, donna à M. de Boishébert le commandement d’un vaisseau parle-

méritai re pour aller à la baie de quelques prisonniers.

Un des premiers soins de M. de la Galissonnière fut d’assurer le commerce des pays d’en haut, où les Sauvages, alliés des Anglais, attaquaient souvent les traiteurs français. Il détacha, pour l’exécution de ce dessein, 600 hommes sous la conduite du sieur de Celoron.

M. de Boishébeit fut employé dans le détachement qui se porta de Montréal au Détroit. Pendant que les troupes séjournaient au Détroit, 60 Sauvages pillèrent une habitation française et tirent plusieurs prisonniers. MM. de Courtemanche et de Boishébert se mirent à la tête de 150 hommes et poursuivirent ces brigands. Ils leur tuèrent 10 hommes, en prirent 15 et recouvrèrent les prisonniers français.

M. de la Galissonnière ayant résolu de s’opposer au projet formé par les Anglais de rétablir au bas delà rivière Saint- Jean un fort qui avait été détruit en exécution du traité d’Utrecht, jeta les yeux sur M. de Boishébert pour exécuter ce dessein.

Il lui donna 180 soldats et miliciens. Le voyage se fit en raquettes de Québec à la rivière Saint-Jean. Le 28 avril 1749, il était rendu au havre de Ménaeoche, et y arborait le pavillon de la France. Le capitaine Rouse, commandant d’une petite escadre anglaise, essaya de lui en imposer, mais de Boishébert lui répondit qu’il ne commencerait par les hostilités, mais qu’il n’abandonnerait pas non plus le terrain qu’il avait ordre d’occuper.

Peu après, M. de Boishébert reçut ordre de M. de la Galissonnière d’aller à Beaubassin pour engager les Acadiens de se donner à la France, et les prévenir qu’on leur envoyait à Chédaïk un commandant qui les soutiendrait.

Gaspé échanger

M. de Boishébert commanda à la rivière Saint-Jean jusqu’en 1751.

Au mois d’octobre 1751, le marquis de la Jonquière, pour donner à M. de Boishébert des preuves de la confiance et de la satisfaction qu’il avait de sa conduite, le chargea de porter ses dépêches à la Cour. Le Roi honora le jeune otficier d’un gratification de 2000 livres. 11 revint au Canada l’année suivante.

Au commencement de 1753, le marquis Duquesne, qui avait succédé à M. de la Jonquière, envoya un corps de troupes à la Presqu’île, pour y construire un fort. M. de Boishébert conduisit l’avant-garde composée de 500 hommes. Il essuya de grandes fatigues, et contribua beaucoup à l’exécution de ce dessein, par l’attention qu’il eut de ménager les vivres pour le lieu où on devait séjourner, et d’en retirer la plus grande partie des mains des soldats, pour en faire un magasin dans la baie de Quinté. Le fort fut bâti ; une garni. -on y fut laissée, et M. de Boishébert revint à Québec.

M. Duquesne envoya, l’année suivante. M. de Boishébert sur la rivière Saint-Jean, où il lui confia le commandement du fort de La Tour. Un des articles de ses instructions était de lever le plan des hâvres situés depuis la rivière Sain;-Jean jusqu’à Boston. Il s’en acquitta promptement, parcourant la côte en chaloupe, déguisé eu pêcheur.

En 1755, après avoir pris le fort de Beauséjour, le général Monckton détacha 1500 hommes pour aller s’emparer du fort La Tour. Les Acadiens et les Sauvages, effrayés de la prise de Beauséjour, refusèrent de soutenir la garnison du fort La Tour. Elle n’était que de 60 hommes. Il eut été impossible, avec cette poignée de monde, de résister à l’ennemi. M. de Boishébert fit transporter toutes ses munitions au haut de la rivière, puis il fit sauter sa petite place. Retranché sur les hauteurs, il attendit les ennemis.

Ceux-ci, malgré leur prodigieuse supériorité, n’osèrent entreprendre de l’y forcer, et ils se rembarquèrent.

M. de Boishébert voyant qu’avec les faibles moyens laissés à sa disposition il ne pouvait rien faire contre les Anglais, s’occupa à transporter dans le gouvernement de Québec et à l’île Saint-Jean une partie des habitants de l’Acadie.

Il se dévoua à cette tâche pendant deux années. Avec sa petite troupe il harcelait les Anglais afin de donner aux pauvres Acadiens le temps de fuir avec leur peu de bien. M. de Drucour, gouverneur de l’île Royale, et M. Dubois de Lamothe, chef d’escadre, rendirent à la Cour un témoiçmao-e si avantageux de ses services que le roi lui accorda, le 15 février 1758, la croix de Saint-Louis.

En 1758, les Anglais firent encore le siège de Louisbourg. M. de Vaudreuil envoya M. de Boishébert au secours de cette place. Ses officiers et ses hommes firent de? prodiges de valeur, mais les Anglais étaient tellement supérieurs en nombre qu’il dût se retirer après leur avoir fait subir le plus de dommage possible.

En 1759, M. de Boishébert prit une part brillante à la défense de Québec. A la fatale journée du 13 septembre, il se leva de son lit de douleur — il était sérieusement malade depuis plusieurs semaines — pour aller se mettre sous les ordres du marquis de Montcalm.

A la bataille de Sainte-Foy, le 28 avril 1760, le chevalier de Lévis chargea M. de Boishébert du commandement des grenadiers. Là encore, il se conduisit en héros.

Enfin, lorsque le pays fut passé aux mains des Anglais, M. de Boishébert s’embarqua pour la France avec la plupart des officiers et soldats qui avaient ré

sisté si longtemps à l’armée anglaise beaucoup plus nombreuse et pourvue de tout en abondance.

Après avoir prodigué sa santé et ses forces pour la défense du Canada, M. de Boishébert, en arrivant en France, fut jeté à la Bastille. Il était accusé avec une cinquantaine de ses compagnons d’armes d’avoir pris part aux prévarications de l’intendant Bigot. Le procès dura quinze mois, mais M. de Boishébert fut déchargé de l’accusation. (1)

M. de Boishébert, fatigué et affaibli par ses nombreuses campagnes, abandonna l’armée et vécut ensuite dans la commune de Raffetot, non loin de Rouen, dont il était le seigneur. Il y vivait encore en 1783. Nous n’avons pu nous procurer la date de sa mort, les registres de cette commune ayant été détruits pendant la Révolution.

M. des Champs de Boishébert et de Raffetot avait épousé à Cliponville, bailliage de Caudebec (Normandie), le 7 septembre 1760, sa cousine Charlotte- Antoinette, fille de messire Antoine- Adrien des Champs, chevalier, seigneur de Boishébert, seigneur haut justicier et patron honoraire de Cliponville, Anvronville, Hautot-le-Valois, etc, etc, et de noble dame Marie- Catherine-Elizabeth-Gabrielle Auber.

De ce mariage naquit un fils : (2)

(1) Nous avons pris nos renseignements sur la carrière de 11. de Boishébert dans le mémoire présenté par son procureur, M. Clos, à la commission présidée par M. de Sartine.

(2) M.' l’abbé Daniel ( Histoire des grandes familles françaises du Canada, p. 287); dit au sujet de Charles des Champs de Boishébert : “ Etant passé en France à la conquête, il donna en mariage une de ses demoiselles à M. Henri-Charles LeBègue de Germigny, d’abord pair de France en 1819, puis préfet en 1826.” M. l’abbé Casgrain ( Une paroisse canadienne , p. 182) fait la même remarque. On a vu (p. 12) qu’ils font erreur.

SmeïéSratîon de la Bo^ene

génération . H. L. des Champs de Boishe'bert

fème génération • R ieSrChHam^S,de Boi^ébert et de Raffetot 4 génération . R. G. des Champs de Raffetot

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