SCÈNE XII
Les Précèdent VARINVILLE.
Oui... je vais lui dire...
MUe JUDITH , s' enfuyant.
Ah! mon Dieu!... votre cousin!... s'il allait penser...
SAINT-YVES, à Mlle. Judith qui s'enfuit. Ne craignez rien , madame... quand les intentions sont pures. [A VarinoilleS)
Air des Amazones.
Pourquoi viens-tu troubler nos conférences ?
VARINVILLE.
J'arrive à teras que diable faisiez-vous ?
SAINT-YVES
C'est à propos des convenances Qu'en ce moment j'e'tais à ses genoux..... Nous ne parlions tous deux, à cette place, Que biense'ance
VARINVILLE.
Et pourvu, je le vois, Que l'on en parle , aise'mcnt on s'en passe.
SAINT-YVES
On ne peut pas faire tout à la fois.
Du reste , tu vois que je n'ai pas gâté tes affaires , et que je suis assez bien avec Mlle Judith.
VARINVILLE.
Dès la première entrevue, déjà à ses pieds.
SÀINT-YVES Mon ambition en restera là!... je ne tiens plus à m'élever... Mais toi , qu'as-tu fait ?
VARINVILLE.
J'ai annoncé à tout le monde que mon oncle , qui avait à se faire nommer député , venait de partir en poste... mais que son neveu...
SAINT-YVES
En allait faire autant... Je vais lui donner ma voix, à ce cher oncle...
VARINVILLE.
Et que me restera-t- il donc de toute ma famille ?
SAINT-YVES
Ta chère tante que Ton attend... Allons vite à ma toilette.
VARINVILLE.
Et où veux-tu que je trouve un costume de tante?
SAINT-YVES
Dans une maison où on joue des proverbes.
VARINVILLE.
Tu as raison... je vais prendre ce qu'il y a de mieux au magasin... Ah! j'oubliais... un incident qui a failli tout perdre... quelqu'un arrivé du Cheval Rouge...
SAINT-YVES
De mon auberge...
VARINVILLE.
Un domestique en livrée jaune...
SAINT-YVES
C'est le mien .' je lui avais dit que j'allais au château.
VARINVILLE.
Il apportait une lettre que j'ai prise... et je l'ai bien vile renvoyé.
SAINT-YVES
C'est prudent.
VARINVILLE, lui donnant la lettre.
Tiens , la voilà.
SAINT-YVES
C'est bien... mais avant tout songe à ta tante.
VARINVILLE.
Je vais la chercher. {Il sort,)
4o LA FAMILLE DU BARON,