SCÈNE XVIII
Les Précédées , hors SAINT-YVES.
DESTAILLIS.
A la bonne heure ! qu'elle s'éloigne!... Plus de mariage... plus d'alliance avec une telle famille ! Arrêtez, monsieur... il y a ici quelque imposture, quel que trahison que je ne puis m'expliquer; mais je renie la parenté... et celte personne-là n'est point ma tante. DESTAILLIS.
Elle n'est point votre tante ?
CORINNE
C'est peut-être son oncle !
TOUS
Et qui donc est-elle ?
VARINVILLE.
Je n'en sais rien... je ne comprends rien à sa conduite... iMais cette lettre qu'on vient de me glisser dans la main... celte lettre nous fera connaître...
TOUS
Lisez vite.
VARINVILLE , jetant les yeux dessus.
Ah î mon Dieu ! [Aux autres.) Permettez... ( Pendant que Variiwille lit sa lettre sur le devant de la scène à gauche, Destaillis et les autres sont restés au fond à dmite. (Lisant bas : ) « Tu m'as conseillé d'enlever la maîtresse d'un ami... celte » maîtresse est Nathalie, et cet ami. . . c'est toi.. Je viens de » l'apprendre... Mais tu me pardonneras , car tu sais qu'en » pareil cas il n'y a que les imbéciles qui se fâchent... ( // fait un mouvement.)
TOUS
Qu'avez-vous?
VARINVILLE.
Rien; je suis à vous. ( Continuant la lecture de sa lettre. ) « J'ai suivi tes avis; suis les miens... fais le généreux, c'est » un beau rôle que je te laisse... Sinon , je suis la , à côté... » je dirai tout. .. je parlerai du beau Dunois.. » [S\in étant.) 11 suffit.
DESTAILLIS , se levant.
Qu'est-ce donc?
VARINVILLE.
Une aventure inconcevable... Je disais bien que ce n'était pas ma tante... Il y avait si long-tems que je ne l'avais vue, qu'il était facile de s'y méprendre... et , prévenu de son arrivée, un ami, un rival... s'est présenté à sa place.
DESTAILLIS.
Un rival .'
M1Ie JUDITH.
Qu'est-ce que j'apprends là?
VARINVILLE.
Ne vous fâchez pas... cela me regarde, {avec emphase)ct je les punirai, les ingrats, en m'immolant pour eux, en faisant leur bonheur... car il aime Nathalie , il en est aimé.
DESTAILLIS.
Sans l'aveu des parens...
VARINVILLE.
Ni celui du futur... Et cet amant préféré, ce rival, cet ami... le voici.