‹ La famille du baronChapitre 3 sur 35 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

OSCAR, CORINNE, DESTAILLIS<mzs, NATHALIE, Mlle JUDITH assise *

COR1NISE , regardant une corbeille.

Oui, certainement, cela vient de Paris ; car ce n'esl pas à Vendôme qu'on ferait des broderies pareilles!... Ne trouvez-vous pas, Oscar, que celte corbeille a quelque cbose d'élégant , de poétique , qui donne à rêver ?

OSCAR

Oh! vous, ma belle cousine, qui êtes la Sapho du département, vous voyez de la poésie partout... mais moi, qui suis pour la prose, pour le solide... pour cet écrin, par exemple. . . parlez-moi de celui-là. . . il y en a là au moins pour trente mille francs... n'est-ce pas, mon oncle?

Eh! qu'importe?... voilà ce qui me plaît... voilà ce que j'aime ! {Montrant le dessus de Vècrin. 1 Des armes gravées et dorées... Savez -vous que ce cher Yarinville a de brillantes armoiries !

M,le JUDITH.

Il est d'assez bonne famille pour cela... Il y a eu un Varinville tué à la Terre-Sainte ; car il y a toujours eu dans cette maison-là de bons sentimens et de bons exemples.

* Le premier acteur inscrit tient toujours en scène la droite An théâtre.

OSCAR

De bons exemples que notre futur cousin a bien fait de ne pas suivre.

CORINNE

C'est un baron qui a de l'esprit.

DESTAILLIS..

Ils en ont tous , ma chère.

Ml,e JUDITH.

Et celui-là encore plus que les autres.

OSCAR

Si c'est possible.

M,!e JUDITH.

M. Oscar rit toujours.

OSCAR

Et ma tante Judith ne rit jamais... elle est presque aussi grave et aussi sérieuse que Nathalie... une fiaueée qui a l'air d'une veuve.

NATHALIE

Moi , mon cousin !

Eh ! oui... Ton ne se douterait pas que tu es la mariée». je n'étais pas comme cela , quand j'ai épousé M. de Brévannes votre frère, qui alors était chambellan... Voyons, comment trouves-tu la corbeille ?

NATHALIE

Cela ne me regarde pas, ma cousine... Dès que ma famille la trouve bien....

CORINNE

Et le prétendu ?

NATHALIE

Dès que ma famille l'a choisi...

DESTAILLIS A merveille, ma nièce, à merveille!... voilà comme parlaient les demoiselles d'autrefois.

MIIe JUDITH.

La famille avant tout.

DESTAILLIS.

On ne faisait rien sans l'avis et le consentement de ses ascendans.

OSCAR

Laissez donc... quand on voulait mener son époux, on demandait...

DESTAILLIS.

L'avis des parens.

CORINNE

Et quand il était maussade, ou jaloux , et qu'on voulait le punir... il fallait peut-être...

MMo JUDITH.

L'avis des parens.

Qui ne le refusaient jamais.

Air de Marianne.

Oui, pour l'honneur de la morale, En famille tout se passait; Et l'on arrêtait le scandale Avec des lettres de cachet.

C'e'tait parfait:

On enfermait Un fils joueur, Un neveu se'ductcur; La femme aussi; Puis , dieu merci ,

Ses créanciers y mettaient le mari

vSi bien que, sous la même grille, Femme , enfans, époux et neveux, Disaient : Ou peut-on être mieux:

Quau sein de sa famille ?

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