SCÈNÈ XXII ET DERNIÈRE
Mme POLIGNY, DUVERGER, Mme DARVILLE 5 BERNARD, Mme BÉGUINET.
Bernard , étonné.
Que vois-je?. . . le médecin aux pieds de sa malade.
Mme bÉguinet, avec malice.
C'est peut-être la manière de la nouvelle école.
Mme DARVILLE , à madame Poligny , en riant. Cela va mieux, n'est-ce pas , ma chère ?
BERNARD
Ahî ça , permettez. . . C'est donc le docteur qui se trouvait mal?
duverger, embarrassé.
Moi? non, Monsieur.
BERNARD
J'ai pourtant vu...
Mme DARVILLE.
Eh! mon dieu! oui, ce n'est plus un mystère pour personne, et vous devez comprendre...
BERNARD
Éh bien! non , je ne comprends rien du tout.
Mme béguinet , à -part.
A-t-il la tête dure !
Je ris de confiance , parce que je vous vois rire tous; mais je voudrais savoir de quoi...
Mmo DARVILLE.
Eh bien ! mon cher M. Bernard , voici ïe fait : Ma cousine qui a pour vous l'affection la mieux sentie...
Mme poLIGNY.
Ah! sans doute.
Mme DARVILLE.
S'est aperçue... que l'air de la capitale ne vous valait rien.
BERNARD
C'est vrai -? j'y dépéris à vue d'oeil.
Mme polignv , timidement.
Moi , de mon côté, je redoute le bruit de vos manufac-l tures.
Mme DARVILLE.
L'odeur du charbon de terre.
Mme poLIGNY.
Enfin on me défend de quitter Paris.
BERNARD
Bah!
Mme DARVILLE.
Demandez au Docteur.
( Duverger fait un signe qffirmatif.)
Diable!^1 devient très-embarrassant. Si je reste à nul manufactures , et que Madame demeure à Paris , je ne voj pas trop comment...
Mme DARVILLE.
Mais non... Gomme la santé de ma cousine exige d soins particuliers , la présence continuelle d'un médecin on a pensé que par prudence et par économie, elle fer; bien d'épouser... son Docteur.
( 47 ) Bernard > très -étonné.
Ah ! oui... pour Pavoir toujours auprès d'elle.
Mme DARVILLE.
C'est cela !
BERNARD
Je commence à comprendre !... eh bien ! j'en étais à mille lieues.
Mme poligny, lui prenant les mains.
Me pardonnerez-vous?
BERNARD , secouant la tête.
Hum ! chère amie, si c'était pour tout autre motif, mais dès que la Faculté a prononcé... La santé avant tout; vous savez que là-dessus je suis inébranlable !
Mme poLIGNY.
Ah! Monsieur!...
DUVERGER
Mon ami! comment jamais reconnaître...
Bernard , le menaçant du doigt.
Hum! gaillard .. ( Bas.) Vous ne craignez donc pas l'apoplexie?
duverger , souriant.
Moi? au contraire !
BERNARD , bas.
J'entends ! la différence des constitutions. ( Haut.) Allons, je n'ai plus qu'à retourner à Bourges.
Mme BÉGUINET.
Eh bien ! Monsieur , vous qui êtes pour la nouvelle école ! . . .
BERNARD
C'est juste !... il y a cet inconvénient là avec elle ! aussi je change de système , et si je finis par me marier , une bonne tête à perruque , c'est plus sûr!
mAd. darville , à Bernard.
air : Vaudeville du Vieux Garçon.
Votre rival l'emporte, o peine extrême!
Mais , après lui , vos droits sont assurés ;
Si par bonheur il se traite lui-même , Espérez , Monsieur , espérez.
DUVERGER
Battant la charge à son adolescence , Plus d'un guerrier peut monter par degrés ; Voyez passer ce maréchal de France. . .
Espérez, soldats, espérez!
BERNARD
Plus d'un auteur, de génie économe, Pille Shakspeare -, et nous dit : admirez ! Voilà déjà la moitié d'un grand homme , Espérez , le reste, espérez !
MAD. POLIGNY , (LU Public.
Il est ici , ma crainte s'en augmente, Certain docteur dont les droits sont sacrés ; Puisse-t-il dire à la Convalescente :
Espérez! courage, espérez!
FIN
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