LES JEUNES GENS
Elle est délicieuse ! ( Zoé passe à la droite . )
ERNESTTNE , riant *
Pas un amoureux .
ALPHONSE et LES JEUNES GENS.
C'est une indignité I
ZOÉ
C7est une injustice ... Il y en a tant qui en ont deux !
ALPHONSE, souriant.
Vraiment! . . . même au village ?
ZOÉ
Au village et ailleurs. . . Vlà mam'zelle , par exemple , qui en a cinq ou six autour d'elle . . . . Ça fait tort aux au- Lres. . . ça n'est pas généreux.
ALPHONSE , d'un air de reproche.
Elle a raison.
ERNESTINE
Vous trouvez?. . . eh bien , je veux faire quelque chose jour elle.
ZOE, vivement.
Est-ce que vous m'en donneriez un?
ALPHONSE
Eh bien , par exemple . . .
* Zoe' , Ernesîine , Alphonse.
22 ZOÉ, ou L'AMANT PRÊTÉ ,
ZOÉ
Dame! . . .c'est les riches qui doivent donner aux pauvres. ERNESTINE , à Zoé.
Ecoute, Zoé; je ne puis pas te donner un amoureux en toute propriété . . . . ( Regardant les jeunes gens d'un air aimable. ) Je suis pour cela trop intéressée. . . . mais je puis l'en prêter un.
TOUS
Comment! en prêter un?. . .
ALPHONSE
Quelque nouveau caprice .
ZOE , sautant de joie.
Quel bonheur ! . . . Eh bien , mam'zelle , c'est tout ce que je vous demande . . . parce que je gagerais que , dès qu'il y en aura un , ça fera venir les autres ... et puis je vous le rendrai exactement, je vous le jure. . . Je suis une honnête fille.
ERNESTINE
Je n'en doute pas. . .Eh bien , regarde. . . tous ces messieurs me font la cour. . . choisis celui qui te plaira le plus.
Air : Oui, je suis grisette ( de Plantade ).
Que. le seul me'rite De'cicle ton choix.
ZOÉ, passant au milieu *.
Vlà pourquoi j'hésite , C'est trop à la fois.
CHŒUR
Vraiment, elle hc'sitc Et tremble, je crois ; Que le seul mérite De'cidc son choix.
ZOÉ
C'est trop de richesse; Pourtant , je sens là Qu'si j'étais maîtresse, J' prendrais celui-là.
( Elle désigne Alphonse. ) TOUS.
Vraiment la petite S'y connaît, je crois; Et le seul me'rite A dicte' son choix.
Ernestinc , Zoe, Alphonse.
ZOÉ , faisant des excuses aux autres.
J' voudrais, dans mon zèle, N'en fâcher aucun ; Mais mademoiselle Ne m'en prête qu'un.
CHŒUR
Vraiment la petite S'y connaît, je crois ; Et le seul mérite A dicté son choix.
ERNESTINE , à part.
Excellente occasion de me venger de lui. (A Alphonse,) Eh bien, monsieur , je vous ordonne , pendant trois heures, de faire la cour à mademoiselle . . .
ALPHONSE
A mademoiselle Zoé ?
ZOE , joignant les mains.
Enfin , en voilà donc un .
ERNESTINE
Cela ne peut vous déplaire. . .c'est tout- à-fait dans votre système. . . pourvu que la personne soit aimable.
ALPHONSE , passant auprès d'Emestine *.
Mais vous n'y pensez pas.... une pareille plaisanterie. . . .
ERNESTINE
Je ne plaisante pas. . .Vous êtes le chevalier de Zoé pour trois heures. ... ce n'est pas long. . . . Allons , monsieur , soyez galant, attentif. . . .bien soumis surtout. . . de ce côtélà , vous avez beaucoup à apprendre et je serai ravie
qu'une autre achève votre éducation.
ALPHONSE , sur le devant du théâtre.
Voilà bien l'idée la plus extravagante . . .Je ne m'y soumettrai pas.
ERNESTINE , à mi-voix.
Prenez garde .... c'est aujourd'hui que je choisis mon époux.. . je veux voir jusqu'où peut aller son obéissance... et si vous hésitez , je vous exclus.
* Ernestine , Alphonse , Zoé.
ZOÉ, ou L'AMANT PRÊTÉ,
Ciel
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ALPHONSE