SCENE
Les Précédées, BEAUVOISIS *.
BEAUVOISIS
Eh bien! où est donc tout le monde?.. . on me laisse seul. . . je vous cherchais, ma jolie cousine.
MATIiiLDE.
Vraiment !
Malhilde, Beauvoisis, Mlle DTIarville , Fre'de'ric, Philippe. Philippe. 3
Moi, qui m'endors dès que je ne fais rien, je m'amusais à feuilleter votre carton de dessins. . . des choses ravissantes. . . lorsque tombe à mes pieds cette lettre touk cachetée.
Je l'ignore , ma tante. . . voyez vous-même.
PHILIPPE, bas h Frédéric qui fait un mouvement,
Qu'avez-vous donc ?
FRÉDÉRIC , de même.
C'est fait de moi !
MUe D'HARVILLE, qui , pendant ce tems , a décacheté la lettre. Une déclaration ! Signé , Frédéric. . .
BEAUVOISIS, MATHILDE, M1,e D'HARVILLE, PHILIPPE. Frédéric !.. -
Air : A nos sermens l'honneur t'engage ( de la Muette ).
/Mlle D'HARVILLE et BEAUVOISIS.
MATHILDE
FRÉDÉRIC , à part.
Qu'ai-je entendu !
Plus iTcspe'rance ..
Mon imprudence A tout perd tu
PHILIPPE et MATHILDE.
Qu'ai-je entendu !
Quelle imprudence Plus d'espérance , Tout est perdu î
Dieu ! qu'ai-je lu î Quelle insolence !
C'est l'indulgence Qui l'a perdu.
M1'6 D'HARYILLE.
M'outrager ainsi !
BEAUVOISIS
Quelle audace !
MUe d'HARYILLS Manquer à ma famille !
BEAUVOISIS
Oublier ce qu'il est!
m' Ie d'haryille.
A mes bontés, voilà le prix qu'il réservait !
FRÉDÉRIC
Ah! de,grâce...
BEAUVOISIS
Il fallait le tenir à sa place.
Mlle d'hARVILLE.
11 suffit !... de ces lieux qu'il s'étoigne à l'instant*
MATHILDE
Que dites-vous , ô ciel!...
MHe d'haryille , regardant sa nièce et Philippe.
J'espère maintenant Que personne , chez moi , n'osera le défendre.
( Mathilde baisse les yeux. )
FRÉDÉRIC
Ah ! madame... daignez m'entendre.
I mile D'HARVILLE fit BEAUVOISIS.
^ [ Dieu! Qu'ai- je lu! etc.
£Ej J PHILIPPE et MATHILDE.
W \ Qu'ai* je entendu! etc.
J2j I FREDERIC , a part.
H$ \ Qu'aî-je entendu ! etc.
Mlle D'HARYILLE.
Ou^ii sorte de mon hôtel. . . (/4 Bemwoisis.') Tenez , vicomte, voici la clef de mon secrétaire ; allez. . . faites un bon sur mon banquier d'une année de pension. . .
FRÉDÉRIC
Et je pourrais encore accepter vos bienfaits I
PHILIPPE, bas à Frédéric
Taisez- vous.
PHILIPPE
Mlle d'haRVILLE.
Rentrez, Mathilde , dans votre appartement. . . et vous, Philippe, suivez-moi. . . {Philippe veut lui parler-.) Et pas un mot. (Beauvoisis sort le premier; MUe d'Haiville , avant de sortir, ordonne du geste à Mathilde de rentrer chez elle ; Frédéric et Philippe implorent Mlle d'Harville , qui les regarde d'un air courroucé , et sort; Philippe la suit. Mathilde est seule à droite auprès de la porte de son appartement.)