scène wm
MARTEL, COLIGNON, JUDAS.
JUDAS , en ouvrier , à la cantonade.
C'est bon! buvez toujours!... ( A paru ) En v'ià qui iront bien... A ceux-ci!... {Haut.) Salut , les anciens. . .
( Colignon et Martel quittent la table. )
MARTEL
Ah ! le v'ià!
colignon , lui serrant la main.
Vous voyez. . . les amis n'ont qu'une parole. . .
MARTEL
Ah! ça, il se prépare donc quelque chose ?. . .
judas , d'un air de bonhomie.
Moi, j' sais pas. . .
COLIGNON.
Hum! farceur!... y n' sait pas,.. Mettez-vous là, et contez -no us ça. ( Ils se mettent à table. — ( Appelant. ) Garçon ! un verre ! . . .
JUDAS
Dam1 , mes eufans, faut pas se dissimuler une chose. . » l'ouvrier n'est pas content.
MARTEL
C'est-à-dire , il est content dans un sens. . .
COLIGNON.
Mais il n'est pas satisfait dans l'autre.
jtjdas , d'un air en dessous.
C'est ça. •. Je le calme tant que je peux. . . mais il y a des mal intentionnés qui le remuent...
MARTEL
Des jésuites. . .
COLIGNON.
Ah I les porichinels de jésuites ! .. . J' pourrai pas mettre la main d'sus un . • .
judas, appuyant.
Après ça, faut être juste. . . on a remué des pavés. . . c' n'est pas pour des prunes ! c' n'est pas pour que l'ouvrier se r'fuse un verre de vin qoand il a chaud. . .
martel, buvant.
Et il se le refuse!
COLIGNON, idem.
Il ne fait que ça.
judAS , regardant la bouteille.
N'y a plus rien. • . ( Appelant. ) Garçon, du même. . . ( Haut. ) Pour lors , d'où voulez-vous qu'il tire sa subsistance ?. . . {Au garçon. ) Du cachet vert» ( Haut et chaudement. ) Faut donc qu'il se laisse tyranniser par les chefs d'ateliers . par les maîtres de fabriques , qui croient qu'ils ont tout fait quand ils vous ont payé c' qu'ils vous doivent. . .
MARTEL
Se laisser tyranniser!. . ..
COLIGNON.
Nous ne serions pas Français. . .
judas.
Partons d'un principe.
MARTEL
J' veux bien.
COLIGNO&, se levant.
En route !
judas , l'arrêtant.
Eh ! non . . .
COLIGNON.
Ah î oui. . . partous assis.
judas , faisant rasseoir Coiignon* Ils font tout avec des machines.
air : Haïr est une folie.
En une heur' un' mécanique
Vous fait dix raille aun's de draps. . .
C'est pour nous casser les bras. . .
MARTEL
Et même on m'a dit tout bas
Qu' par un' machine hydraubique ,
Ils allaient fair' des souliers.
COLIGNON.
Pour ruiner les cordonniers !
Enfin ils ont pris des m'sures, Et la vapeur va , mon, gros , Fair' marcher tout's les voitures.
MARTEL
C'est pour supprimer les chevaux!
COLIGNON.
Pauvres chevaux ! encore des mécontens î . . .
JUDAS
Et les compagnons qui vont être. obligés de travailler nuit...
COLIGNON.
Sans augmentation?
JUDAS
Au contraire , on les diminue. . . ( Ils se lèvent. )
MARTEL
Mille tonnerres!
C'est à nous de faire la loi. . .
MARTEL
Nous rogner notr' paie I
COLIGNON.
Ils la raugment'ront. . .
MARTEL
Du double !
COLIGNON.
Du triple !
MARTEL
Ça y est.
COLTGKOH.
Faut les forcer . . .
judas, se frottant les mains.
C'est ça... soyons des hommes î Je vas prévenir Ions les quartiers. . . Le rendez-vous est ici. . . Soulevez-vous en même temps, pour que ça soye plutôt fini... parce que je n'aime pas le bruit, moi. . .
COLIGNON et MATLTEL.
Nous non plus.
JUOAS.
air ; J'ons un curé patriote.
Les menuisiers nous demandent ,
Afin de s'faire augmenter :
Les boulangers nous attendent,
Faudra bien les écouter.
Enfin v'Ià les maréchaux Qui n'veui'nt plus ferrer les chevaux ;
Ça march'ra , (bis.) Ça mardi ra bien mieux comm1 ça.
TOUS
Ça march'ra , etc.
Commençons par les fabriques
Et les machin's à vapeurs ;
A quoi serv'nt les mécaniques
Et les press's des imprimeurs?
Les Trycicles n'rouTront plus,
On cass'ra les Omnibus.
Ça march'ra , (bis.) Ça march'ra bien mieux comme ça. . .
Oui , ça march'ra bien mieux comm' ça.
TOUS
Ça march'ra , etc. ( Il sort en courant. )'