LA BARONNE, PHILIPPE
LA BARONNE
Eh bien î Monsieur , où courez-vous ?
PHILIPPE
A l'autre, maintenant.
LA BARONNE
Depuis une heure que je vous attends au salon bleu. Philippe , à part.
C'est la baronne.
la BARONNE , avec dépit.
Mais je ne dois pas m'en étonner , vous me fuyez , ma tendresse vous est importune , ingrat!
PHILIPPE, à part.
Allons , v'ià les douceurs qui commencent» ( Haut. ) Ecoutez , ma chère dame...
LA BARONNE
Àh ! laissez cette yoix et ce ton , je vous prie. . . ce n'est pas avec moi que vous pouvez continuer un rôle indigne de vous , mon cœur vous connaît trop bien, Philippe, à part.
Son cœur a du tact. ( Haut. ) Eh bien! parlons raison.
LA BARONNE
Raison!... Ali ! prince, ce n'est pas là ce que vous me disiez encore ce matin.
Philippe , à part. Qu'est-ce que je lui disais?
LA BARONNE
Vous juriez de n'avoir jamais d'autre épouse que moi.
Philippe , à part.
Tiens , c'te bêtise ! . . . le prince épouser une baronne, « . encore im service à lui rendre.
LA RARONNE.
Vous me trompiez donc?
PHILIPPE
Eh bien ! oui , Madame , le prince vous trompait.
LA BARONNE
O ciel ! il ne fallait pas me le dire.
Philippe , à part.
Allons , il paraît qu'elles ont du plaisir à être trompées. ( Haut. ) II n'y a pas de ma faute ; mais , voyez-vous , la princesse, ma cousine, d'un côté, et puis cet honnête Pilzow , brave et digne homme, qui fera un excellent mari,
la baronne , d'un air résigne'.
Je vous comprends 5 je l'épouserai puisque votre altesse l'ordonne. ( avec une colère concentrée.) Mais je connais la véritable cause de votre abandon ; ne vous contraignez plus, Levez le masque, Monsieur.
PHILIPPE
Du tout!
LA BARONNE
Vous brûlez de me quitter.
Uo )
PHILIPPE
Moi?
LA BARONNE, lui saisissant la main.
Ne le niez pas; quand vous êtes sorti du bal, tout-à~ l'heure , je vous ai fait suivre; je sais qu'à la faveur d'un déguisement vous devez vous trouver à trois heures à la fontaine St. -Grégoire.
PHILIPPE, frappé.
À trois heures !
LA BARONNE
Pour y voir votre nouvelle conquête; et quel choix, grand dieu! une petite 611e! la nièce d'un garde de nuit!
Philippe , s* oubliant.
Rose! il serait possible?
LA BARONNE
Vous en convenez vous-même.
Philippe , troublé , à part.
Dieux! et c'est pour cela qu'il m'a emprunté mon manteau! quelle trahison. Courons vite. . .
la baronne , V arrêtant.
Vous n'irez pas.
Air de la petite Lampe.
A vos désirs , toujours fatale , Je vous suivrai . . .
PHILIPPE
Grand Dieu ! quel embarras \
LA 13 ABONNE
Vous ne verrez pas'ma rivale.
PHILIPPE
De grâce , ne me retenez pas !
Bientôt trois heur's. . .
LA BARONNE
Je m'attache à vos pas.
PHILIPPE
J'arriverai trop tard, je gage.
LA BARONNE
Si mon malheur est votre ouvrage,
Je veux encor, cet espoir m'est bien doux ,
Partager avec vous , [ Partager mon malheur avec vous.
ENSEMÎJ-LE. < PHILIPPE.
\ Grand raerct , niais gardez tout pour vous.
Philippe , voulant s'en débarrasser.
C'est égal.
LA baronne , le retenant toujours.
Barbare ! . . . vous ne me quitterez pas; j'aurai plutôt une | attaque de nerfs.
PHILIPPE
Madame. . .
LA baronne , se laissant aller dans ses bras. Ah ! je me meurs.
PHILIPPE
Allons . . . elle n'y a pas manqué , v'ià qu'elle me tombe sur les bras.