‹ La famille du baron; vaudeville épisodique en un acte (volume 2)Chapitre 43 sur 267 · LA BARONNE, PHILIPPE · texte numérisé non relu

LA BARONNE, PHILIPPE

LA BARONNE

Eh bien î Monsieur , où courez-vous ?

PHILIPPE

A l'autre, maintenant.

LA BARONNE

Depuis une heure que je vous attends au salon bleu. Philippe , à part.

C'est la baronne.

la BARONNE , avec dépit.

Mais je ne dois pas m'en étonner , vous me fuyez , ma tendresse vous est importune , ingrat!

PHILIPPE, à part.

Allons , v'ià les douceurs qui commencent» ( Haut. ) Ecoutez , ma chère dame...

LA BARONNE

Àh ! laissez cette yoix et ce ton , je vous prie. . . ce n'est pas avec moi que vous pouvez continuer un rôle indigne de vous , mon cœur vous connaît trop bien, Philippe, à part.

Son cœur a du tact. ( Haut. ) Eh bien! parlons raison.

LA BARONNE

Raison!... Ali ! prince, ce n'est pas là ce que vous me disiez encore ce matin.

Philippe , à part. Qu'est-ce que je lui disais?

LA BARONNE

Vous juriez de n'avoir jamais d'autre épouse que moi.

Philippe , à part.

Tiens , c'te bêtise ! . . . le prince épouser une baronne, « . encore im service à lui rendre.

LA RARONNE.

Vous me trompiez donc?

PHILIPPE

Eh bien ! oui , Madame , le prince vous trompait.

LA BARONNE

O ciel ! il ne fallait pas me le dire.

Philippe , à part.

Allons , il paraît qu'elles ont du plaisir à être trompées. ( Haut. ) II n'y a pas de ma faute ; mais , voyez-vous , la princesse, ma cousine, d'un côté, et puis cet honnête Pilzow , brave et digne homme, qui fera un excellent mari,

la baronne , d'un air résigne'.

Je vous comprends 5 je l'épouserai puisque votre altesse l'ordonne. ( avec une colère concentrée.) Mais je connais la véritable cause de votre abandon ; ne vous contraignez plus, Levez le masque, Monsieur.

PHILIPPE

Du tout!

LA BARONNE

Vous brûlez de me quitter.

Uo )

PHILIPPE

Moi?

LA BARONNE, lui saisissant la main.

Ne le niez pas; quand vous êtes sorti du bal, tout-à~ l'heure , je vous ai fait suivre; je sais qu'à la faveur d'un déguisement vous devez vous trouver à trois heures à la fontaine St. -Grégoire.

PHILIPPE, frappé.

À trois heures !

LA BARONNE

Pour y voir votre nouvelle conquête; et quel choix, grand dieu! une petite 611e! la nièce d'un garde de nuit!

Philippe , s* oubliant.

Rose! il serait possible?

LA BARONNE

Vous en convenez vous-même.

Philippe , troublé , à part.

Dieux! et c'est pour cela qu'il m'a emprunté mon manteau! quelle trahison. Courons vite. . .

la baronne , V arrêtant.

Vous n'irez pas.

Air de la petite Lampe.

A vos désirs , toujours fatale , Je vous suivrai . . .

PHILIPPE

Grand Dieu ! quel embarras \

LA 13 ABONNE

Vous ne verrez pas'ma rivale.

PHILIPPE

De grâce , ne me retenez pas !

Bientôt trois heur's. . .

LA BARONNE

Je m'attache à vos pas.

PHILIPPE

J'arriverai trop tard, je gage.

LA BARONNE

Si mon malheur est votre ouvrage,

Je veux encor, cet espoir m'est bien doux ,

Partager avec vous , [ Partager mon malheur avec vous.

ENSEMÎJ-LE. < PHILIPPE.

\ Grand raerct , niais gardez tout pour vous.

Philippe , voulant s'en débarrasser.

C'est égal.

LA baronne , le retenant toujours.

Barbare ! . . . vous ne me quitterez pas; j'aurai plutôt une | attaque de nerfs.

PHILIPPE

Madame. . .

LA baronne , se laissant aller dans ses bras. Ah ! je me meurs.

PHILIPPE

Allons . . . elle n'y a pas manqué , v'ià qu'elle me tombe sur les bras.

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