SCÈNE VIII
LOUISE, Mrae BARNECK.
Mme BARNECK.
Je reviendrai.. . Qu'il en ait l'audace !. . .
LOUISE
Comment, ma tante, est-ce que vous croyez?. . .
Mme BARNECK.
Pure bravade!... Mais n'importe, je vais donner des ordres pour que Ton veille toute la nuit.
LOUISE
Ah ! ma tante. . . quelle scène î. . .
MmeBARNECK.
Pauvre petite î... j'espère que je me suis bien montrée... C'est d'autant mieux à moi, que je ne savais pas trop de quoi il était question , ni le motif de sa résistance.
LOUISE
Je vous l'expliquerai. . . mais je dois convenir que c'est d un honnête homme. . .
Mme BARNECK.
Hum !. . . ce n'est pas cela ... et j'ai bien une autre idée.
LOUISE
Quoi donc , ma tante ?
Mme BARNECK.
Une idée qui m'est venue comme un coup de foudre , et qui rendrait notre vengeance complète. . . As-tu remarqué son trouble... son agitation?... S'il s'avisait de t'aimer réellement?
LOUISE, troublée.
Lui!...
Mme BARNECK.
Je donnerais tout au monde pour que ce fût vrai. . . quel bonheur de le désoler !
LOUISE
Je n'y tiens pas.
COMÉDIE-VAUDEVILLE. 5i
Mm'J BARNECK.
Et tu as tort.. . Dieu! si c'était de moi qu'il fût amoureux.. . Adieu, mou enfant , adieu-, ne t'inquiète pas.. . ne te tourmente pas.. . je me charge du procès, de la séparation.. . toi , songe seulement qu'il est parti désolé , désespéré.. . Ah ! qu'il est doux de se venger , et quelle bonne nuit je vais passer ! {Elle embrasse Louise, et rentre chez elle.)