‹ La famille du baron, vaudeville épisodique en un acteChapitre 2 sur 25 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

OSCAR, CORINNE, DESTAILLIS a^^w, NATHALIE, M»»« JUDITH assise *

CORINNE , regardant une corbeille.

Oui , cerUînement^ cela vient de Paris ; car ce n'est pas à Vendôme qu^on ferait des broderies pareilles!... Ne trouvez-vous pas, Oscar, que celle corbeille a quelque chose d'élégant , de poétique , qui donne à rêver ?

OSCAR- Oh! vous, ma belle cousine, qui êtes la Sapho du département , vous voyez de la poésie partout... mais moi , qui suis pour la prose, pour le solide... pour cet écrin, par exemple.. . parlez-moi de celui-là.. . il y en a là au moins pour trente mille francs... n'est-ce pas , mon oncle ?

DESTAILLIS.

£h ! qu'importe ?... voilà ce qui me plaît... voilà ce que j'aime î (Montrant le dessus de récrin, ) Des armes gravées et dorées... Savez -vous que ce cher Varinville a de brillantes armoiries !

M^'' JUDITH

Il est d'assez bonne famille pour cela... II y a eu un Varinville tué à la Terre-Sainte ; car il y a toujours eu dans cette maison-là de bons sentimens et de bons exemples.

* Le premier acteur inscrit tient toujours en scène la droite du théâtre.

-&rgi

[ i iWWjyC(»i)glQ*'

OSCAB.

De bons exemples que notre futur cousin a bien fait de ne pas suivre.

C^est un baron qui a de Tesprit.

DESTAILLIS, lis en ont tous, ma chère.

m"** JUDITH.

Et celui-là encore plus que les autres^

OSCAR

Si c'est possible.

m"* JUDITH.

M. Oscar rit toujours.

OSCAR

Et ma tante Judith ne rit jamais... elle est presque aussi grave et aussi sérieuse que Nathalie*., une fiancée quF a l'air d'une veuve.

NATHALIE

Moi, mon cousinl

CORINNE

£h ! oui... Ton ne se douterait pas que tu es la mariée... je n'étais pas comme cela , quand j'ai éuousé M. de Bré van-, nés voire frère, qui alors était chambellan... Yeyons, comment trouves-tu la corbeille ?

NATHALIE

Cela ne me regarde pas , ma cousine... Dès que ma iannUe la trouve bien..-..

CORINNE

Et le prétendu?

NATHALIE

Dès que ma famille l'a choisi...

DESTAILLIS A merveille^ ma nièce , à merveille I... voilà comme pajrlaient les demoiselles d'autrefois.

La famille avant tout

DESTAILLIS.

Oane faisait rien sans l'avis et le consentement de ses. ascendans.

OSCAR

Laissez donc..» quand on voulait mener son ëpoilx, on> demandait...

PESXAILLIS.

L'avis des parens.

COBINNE.

Et quand il élait maussade , ou jaloux j et qu^ou, voulait le punir... it fallait peut-être...

^^'^ JUDITH., L'avi$ des parens.. >;

DESTAILLK.

Qui ne le ipefusaient jamais. .

Aia de Marianne* Oui, pour rhonneur de là morale,.

En famille tout se passait; Et roQ arrêtait U scandale/ Avec des lettres de cachet.

Ce'tait parfait:

On euferinait Un fils joaeur, Un neveu se'ducteur; La femme aussi ; Pub , dieu, merci »

Ses cr<!anciers y mettaient le mari

Si bien que, sous la même grille.

Femme ) enfans, ^poux et neveux / Disaient : Oà peut-çn être mieux Qu^au sein de sa famille ?

Page 1