‹ La Famille Du Gué de BoisbriandChapitre 4 sur 6 · JACQUES DIT GUE · texte numérisé non relu

JACQUES DIT GUE

Né à Montréal le 17 janvier 1673.

Le 1er mars 1688, il entrait dans les troupes du détachement de la marine avec le grade d'enseigne. Ce grade fut confirmé par le roi le 16 mars 1691.

En 1692, il était promu lieutenant réformé. Il fut con-

cis) Sur leur descendance voir notre Famille Ccloroii de Blainville.

firaié clans ce nouveau grade par brevet du roi en date du 1er mars 1693.

Jacques Du Gué décéda à Québec le 14 décembre 1702, et fut inhumé dans l'église paroissiale (14).

En 1692, le gouverneur de Frontenac avait demandé pour Jacques Du Gué une place de garde-marine. "Je vous demande, écrivait-il au ministre le 10 octo])re 1692, princi- ])alemcnt des places de gaixle-marine, pour le sieur de Saint-Ours, lieutenant réformé, le sieur Du (jué, aussi lieutenant réformé, et les sieurs de la Pérade et Berthier. Ils sont tous jolis garçons, et fils d'anciens capitaines" (15).

Né à Montiéal le 21 février 1675.

En 1691, il était fait enseigne réformé dans les troupes du détachement de la marine servant en Canada.

Le 2 janvier 1694, il était pronui enseigne en \)'wd. (.'e gi-ade fut confirmé par le roi le 16 avril 1695.

Dans l'hiver de 1()94-1695, le gouverneur de Froi tenac mit i)lusieurs partis en campagne, tant pour employer ses gens que i)our faire quehiues ])ris()nniers afin d'av'.ir do-; renseignements sur les projets des ennemis.

Le premier de ces ])artis était com})osé de ciiupiant' Sauvages du Sault commandés ])ar le lieutenant di- S;'.iiii- Oui-s Deschaillons et l'enseigne Du (îué de l>(ùs])ria'i(l. Il se dirigea vers Orange. • Là, il se divisa. Le 15 avril 1()95, inie partie d'entre eux revint avec trois prisonniers iroquois.

Dix (»u dou/.c Jours phis tard, Saint-Ours l)(-<cliaillons. Du (Jué de Boisbriand et le reste du ))arti revinrent avec un Hollandais dont ils s'étaient emi)aré à une lieue d'0range(16).

14 L'art»' de Bônulturo no donno pum los noms (h> sos p^ro ot in^rt» et I* dit ÛK*' d'environ 35 an», mais 11 est évident qu'il s'agit de Jacques Pu Oué.

(15) Archives tlu Cana<la, Corn-spondance K^nf-ralo.

tir>) 10-15 (>('Hll.it:li;iii. DtHMinirnls ri'iatlvr «o llir enl.mlal hKi<>r> of the Stato of Now-York. vol. IX. p. GOO.

En 1696, M. Du Gué de Boisbriand prit part à l'expéditiou de M. d'Ibe^'ville contre Terre-Neuve. Envoyé pour s'emparer de Kirividi, à trois quarts de lieue de Saint- Jean, il l'éussit parfaitement et fit mi bon nombre de prisonniers.

Charlevoix dit à propos de cette expédition :

*' Après M. d'Iberville, qui donna en cette rencontre de grandes preuves de sa capacité et se trouvait partout où il y avait plus de risques à courir et plus de fatigues à essuyer, et Montigny, qui prenait pour l'ordinaire les devants, et souvent laissait peu de choses à faire à ceux qui le suivaient, Boucher de la Perrière, Damours de Plaine, Du Gué de Boisbriand, gentilshonmies canadiens, et Nescambiouit, furent ceux qui se distinguèrent le plus" (17).

L 'année suivante, M. Du Gué de Boisbriand accompagna d'Iberville dans son expéditions de la baie d'Hudson. Le 12 septembre 1697, le commandant du fort Bourbon, Henry Bailey, capitulait. M. d'Iberville prit possession de sa conquête, et après avoir établi pour commandant le sieur de Marigny et pour lieutenant de roi M. Du Gué de Boisbriand, il s'embarqua (24 septembre) sur le Profond pour la France (18).

La paix de Ryswick ayant donné quelque espoir de repos à la France, Pierre Le Moyne d'Iberville s'offrit au roi pour continuer les entreprises de Cavelier de La Salle. Sa proposition fut acceptée, et le ministre Pontchartrain lui donna deux frégates de trente canons et deux autres bâtiments. Cette petite flotte partit de Larochelle le 24 septembrel698. Elle portait deux cents colons et quelques officiers.

Ce ne fut qu'au mois de février 1699 qu'elle arriva à la Louisiane, d'Iberville ayant d'abord fait escale au Cap Français, dans l'île de Saint-Dominique, puis à Sainte-Kose, près de Pensacola.

D'Iberville décida d'établir le point principal de sa

(11) Histoire de la Nouvelle-France, tome II, p. 197. (18) Idem, tome II, p. 208.

colonie à rextrérnité orientale d'une baie qu'il nonuna la baie de Biloxi. Un fort lut iiiiiiiédiatenient (.-onstruit, el d'Iberville retourna en France laissant MM. de Sauvole et de iîien ville le ijremier eonmie conmiandant du fort et l'autre comme lieutenant.

Le 7 décembre 1G99, M. d'Iberville était de retour et annonçait que le roi avait nonmié M. de Sauvole gouverneur de la Louisiane, Bienville lieutenant gouverneur et Du Gué de J-Joisbriand major du fort Biloxi. La conmiission de ce dernier avait été signée par le roi le 30 août l(i99.

En février 1704, M. de Bienville envoya aux Cliactas, sous l'escorte de vingt-cinq soldats commandés par M. Du (iué de Boisbriand, soL\ante-dix Cliikassas qui voulaient faire la paix avec eux. Mais les Cliactas qui étaient des perfides massacrèrent les Cliikassas sous les yeux de l'officier canadien. Que pouvait-il faire avec* vingt-cinq lionmies { Dans leur lutte avec les Cliikassas, les Cliactas avaient blessé M. Du (iué de Boisbriand. Pour lui en marquer leur regret, ils l'escortèrent au nombre de trois cents jusqu'à la Mobile.

De 1704 à 1716, nous avons i)eu de renseignements sur la carrière de M. Du (Jué de Boisbriand.

Le 10 sei)tembre 171b, M. Du Gué de B(>isl)iiand était iioinmé major de la I^ouisiane et commandant en l'absence du gouverneur et du lieutenant de roi.

Un an plus tard, le 20 sej)tembre 1717, il rcccvail la même commission ])our la Mobile.

En cette même année 1717, M, Du (Jué de Boisbriand obtenait le permission de passer en Fiance.

Au pi'inteni|)s de 17 IH, deux frégates LA DUCilLS- SL DE NOAILLES et LA VICTOIRE jetaient l'ancre à l'île aux Vaisseaux, Louisiane. La ]>remière de ces deux frégates i)ortait M. Du (Jué de J^oisbriand nommé lieutenant de roi à F^a Louisiane et commandant aux Illinois (13 avi'il 1718). Il apiK)rtait avec lui la conmiissioii nommant M. de Bienville gotiverneur de la Louisiane à la pbice de M. de Lespinay, rappelé (19),

(19) Fronoh. nLst4>rl«-nl CothN-llons, N'ow Sorlos (1S69). p. UO.

Au mois d 'octobre suivant, M. Du Gué de Boisbriand l)artait de la Mobile avec un fort détachement de troupes réuulières pour aller établir aux Illinois un poste militaire permanent afin de protéger les habitants français de cette innnense région. Arrivé à Kaskaskia, il s'établit là temporairement, puis au bout de quelques mois il faisait commencer la construction d'un fort à seize milles au nordouest de Kaskaskia. Ce fort fut terminé au printemps de ] 720 et reçut le nom de fort de Chartres.

"M. Du Gué de Boisbriand resta plusieurs années conmiandant aux Illinois et se rendit très populaire parmi les naturels qui habitaient cette région.

"M. de Boisbriand n'avait point ces avantages de la nature qui préviennent les gens en leur faveur. Né avec une éjjaule plus haute que l'autre, il était voûté. Mais il était d'un mérite si distingué et parlait l'idiome illinois avec une si grande facilité, qu'il racheta tout de suite ses défauts ]:)liysiques qui, chez les Illinois, étaient mis en ligne de comj^te.

"Peu de temps après son arrivée au milieu des lilii.cis, il reçut les députés de chaque tribu qui vinrent lui présenter le calumet de paix. La cérémonie terminée, M. de Boisbriand harangua lui-même les Illinois, sans le secours de l'interprète, à peu près dans les termes suivants :

"Illustre et valeureuse nation illinoise, alliée et amie des Français, ouvrez vos oreilles pour écouter ma parole qui est vraie, aussi pure et claire que le soleil qui paraît aujourd'hui sur l'horizon, et que je prends à témoin, comme l'agent du maître de l'univers.

"Le grand chef des Français demeure, vous ne l'ignorez pas, au delà du grand lac d'eau salée, dans l'ancien Tiionde, où des hommes blancs, ses sujets, sont en aussi grand nombre que les familles des arbres dans vos forêts. Ce puissant monarque ayant été informé par l'écorce parlante, que ses fidèles alliés et enfants les hommes rouges illinois, ainsi que leurs confédérés les braves Kaskakias, Mitchigamias, Penhenguichias, Kaokias, Tamaroes, etc., lui avaient donné en toute rencontre des preuves signalées de

leui- attachement inviolable envers sa couronne et pour Je l)ien de sa colonie, Sa Majesté a bien voulu in'lion(n'ei- p-'ile choix qu'elle a daigné taire de ma personne, pour vci.ijrésider sur vos terres, afin de les conserver toujours blanches, et i)our vous donner des marques authentiques de sa Iwnté pateinelle, i)uisqu'il sait que c'est à iuste titre que les honnnes rouges illinois se qualifient de ses enfants. Cette prédilection de la ])art du grand empereur des Français, et qui me flatte infiniment, m'autorise à vous dire en même temps que si je suis i)etit de corps, mon coeur est assez grand pour y loger, connue dans une spacieuse cabane, tous nos enfants les lionmies rouges illinois.

"Je viens donc 2)our vous ratifier cette i)arole, qui est celle du i)lus tendre ])ère et du meilleur roi de la terre, l)uisque je suis chargé de vous apporter de ses magasins, (k's marchandises (pi 'il vous envoie pour couvrir vos femmes et vos jeunes filles ; car le coeur de ce grand chef des lumunes blancs .^<.uifre l)eaucoup de savoir (pie se^ enfai'.ts les hommes rouges, sont dignes de ])itié (c'est-à-dire qu'ils ont le cor])s nu) en outre, pour les faire vivre de \iande de chasse, les faire redouter et les défendi'e contre vos ennemis mortels les Renards, je leur a]iporte des armes blanches, des fusils de la ])()U(lre et des })alles. VA connue un véritable ])f're, il a ajouté de son lait (20) ])our n'jouir et (hmner de la vigueur aux vénérables vieillards de la nation, afin (pi'ils conseillent sagement les jeunes guerriers, et leur recomiiKnideiit expressément de ne ])oint perdre r(\sprit, cVst-;V (Ure, de ne jamais se moquei' du maître de la vie ou de l'K- Ire supr('me, (jui vous ])rotégera contre la nation des fins Renards, vos ennemis pei])(''tuels.

*'Kt si a])rès. ils étaient assez téméraires pour venir vou- morguer ])endant (pie je i-ésiderai sur vos terres, vous me verrez élever, c'est-à-dire (pie je marcherai alors sur la ])lante des pieds, à la tête de tous mes valeureux guerriers fran(;ais et illinois, avec des gros fusils (21) (pii foudroye-

(20) Eau-de-vlo.

(21) l'.'IltoH pl^OMS (rartlllorlo

rout ces audacieux fanfarons, et nous ferons des bourres à canon de leurs chevelures.

"Vous saurez donc que le grand chef de tous les Français ne manquait nullement de capitaines mieux faits et bien plus grands que moi, pour venir dans votre pays ; mais cet auguste souverain appréhendait, avec juste raison, que s 'il en eût envoyé un autre que moi, pour expliquer sa parole royale, cet autre Français n'eût pu la rendre à ses enfants les honunes rouges avec la même force ou la même intelligence, parce qu'il a été informé que je parle conmie vous la langue illinoise (22) ; voilà précisément pourquoi le bon monarque des Français m'a préféré aux capitaines les plus grands de son vaste empire, pour venir dans votre pays, avec ses marchandises et ses munitions de guerre, afiii que je vous en fasse la repartition suivant ses ordres, que j'exécuterai ponctuellement sans qu'il en soit détourné une aiguille."

"Ce discours qui avait été écouté avec le plus profond silence n'était pas plutôt terminé que les applaudissements éclatèrent dans toute l'assemblée.

"Le plus ancien orateur de la nation se leva ensuite, et fit la harangue, suivante :

' ' Ta parole a pénétré dans nos coeurs aussi promptement que le trait d'un arc. Nos guerriers et nos jeunes gens, qui souvent ne jugent que sur l'apparence, t'avaient auparavant, comme des ignorants, méprisé ; ils reconnaissent présentement, avec justice, que tu es plus haut en lumière et en valeur, que ne sont les étoiles sur nos têtes que tu es plus profond en pénétration et en connaissance que les gouffres du fleuve de Méchassepi (appelé le Mississipi ou fleuve Saint-Louis, par les Français) ; ils pensent comme moi, que c'est la force de ton esprit qui a empêché ton corps de croître. Aussi le maître de la vie, ou l'auteur de la nature t'a copieusement dédommagé de la petite taille de ton

(22) L'Idiome illinols est extrêmement difficile à apprendre. Cependant M. de Boisbriand surpassa toutes les difficultés de cette langue barbare, et il rapprit si parfaitement que par l'usape qu'il en fit, l'on eût dit qu'elle lui était naturelle. - • .

corps, en t 'accordant la grandeur de l'âme, avec des sentiments vraiment liéroi(iues, j)Our défendre et protéger contre leurs ennemis, les lioimnes rouges illinois et leurs alliés, qui s'efforceront de gagner t(m amitié, et en même temps qu'ils chérissent l'adoption qu'a bien voulu faire de notre nation le grand empereur des Fi'ancjais.

•'En conséquence, nous te prions très-instanunent de mander, dans l'écorce qui parle, à notre père, le grand chef des honunes blan<.*s, ({ue nous ne trouvons point dans notre langue de termes assez exiiressifs pour le remerciei* de l'attention i)aternelle qu'il a l)ien voulu avoir j)our notre nation, en envoyant l'ésidei* sur notre terre, afin de la conserver toujours ])lanche, un cajjitaine de valeur tel que toi. Aussi, pénétrés d'amour envers ce digne chef, et i)our lui en marquer notre sincère et vive reconnaissance nous députerons des considérés ou des notables pour aller di- l'autre côté du grand lac d'eau acre, assurer notre père dans sa grande cabane, au village des Français, (jue nous voulons vivre et mourir ses plus fidèles alliés et enfants les hommes rouges illinois " (23).

En 1724, le gouvei-neur de Hienville, ])ai" suite de l'o])position de ses ennemis, fut rai)})elé en France, et son frère. Châtcaii^uay, perdit aussi son em})loi de lieutenantgouverneur de la Louisiane. De l^oisbriand, comme lieutenant de roi, prit, ])aî" intérim, la charge de gouverneur de la Louisiane en vei'tu d'une conunission du roi du 21) octobre 1723. Il laissa donc la i)lace de commandant des Illinois |)( ur venir ])rendre ses quartiers- généraux à la Nouvelle- Orléans.

^I. de l>()isbriand fut en butte aux mêmes intrigues (pie ."-on ])iédécesseur. Le 24 octobre 172Ô, il se ))laignait au ministre de l'esjn'it de (toterie, d'injustice et d'insnbordination dont était animé le Conseil Supérieur de la liouisiaiie.

(23) Nouvrniix voyatjt's daif' 1' \in«'rl(|ui' Si-|»(«"ii(rl<>iinU\ édition do 1778. I). 2-'K. M. Hossu, chcviilUT i\v Sjiliil-l^ouls. et ou|iitaine d'une conip:»KniP »1^ •" iiiaritu'. qui vl.slta les IllinoiH, en 1771. dit «juc la mf-niolro do M. de Holsbrinnd Ctalt encore en v<>nf'rutlon paiinl ces Indien».

qui, disait-il, ne se plaisait qu'à le contrecarrer et à opprimer les habitants.

Le 9 août 1726, M. Périer, officier de marine, était nonmié gouverneur de la Louisiane en remplacement de M. de Bienville. Il vint quelques mois plus tard relever M. de Boisbriand.

M. de Boisbriand, paraît-il, aurait peut-être obtenu le g'ouvei-nement de la Louisiane. Mais pendant son règne intérimaire M. de la Chaise aA^ait été nommé pour faire un enquête sur la conduite des principaux officiers de la Louisiane. M. de Boisbriand n'exécuta pas les ordres qu'il avait reçus d'aider M. de La Chaise. Il fit, au contraire, tout ce qu'il put, pour l'empêcher de connaître la vérité.

Il fut sévèrement censuré, et le ministre le rappella en France, pour avoir des éclaircissements sur sa conduite.

Il faut croire que ses explications ne furent pas trouvées satisfaisantes, puisque le 27 octobre 1727, malgré ses beaux états de service, il était destitué.

Le roi reconnut un peu plus tard son erreur sur le compte de ce brave officier et, le 8 octobre 1730, il lui accordait une pension de huit cents livres sur le trésor royal.

M. Du Gué de Boisbriand mourut en France le 7 juin 1736 (24).

Née à Montréal le 14 janvier 1677.

En 1694, elle entrait à l'Hôtel-Dieu Saint- Joseph de Montréal pour se consacrer à la vie religieuse. Elle fut témoin du premier incendie de l'Hôtel-Dieu de Montréal qui eut lieu le 24 février 1695.

Les Annales de l'Hôtel-Dieu de Montréal nous donnent d'intéressants détails sur la cérémonie de sa prise d'iiabit qui fut un événement i)our toute la ville.

(24) Mgr Tanguay, dans son Dictionnaii-e Généalogique, vol. 1er, p. 210 fait marier Pierre DuGué de Boisbriand à l'Ange-Gardien, le 17 février 1694, avec Angélique Lugré. 1} fait erreur. C'est Pierre DuGué, fils de Guillaume DuGué et de Marie Bouguet, de la paroisse de Cherac, évêché de Savières, qui se marie à l'Ange-Gardien le 17 février 1694.

*'Nos chères postulants ne se dégoûtèrent pi.int de tant de peines (causées par l'incendie) et de la part de la communauté, elles furent bien éprouvées pour s'assuroi tie leur fermeté, ce qui parut affermir leur vocation et auî^menter le désir de prendre le saint habit des religieuses hospitalières de Saint-Joseph et se consacrer entièi-ement à Notre Seigneur en la personne des pauvres. Connue nos charitables hôtesses (les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame où elles s'étaient retirées ai)rès l'incendie) n'avaient point encore d'église et que leur chapelle intéi-ieuie était trop petite pour faire nos cérémonies, Messieurs I)ollier et Séguenot jugèrent à propos qu'(m les fit dans la i)aroisse de Ville-Marie, qui n'était pas bien loin de la maison des soeurs; et cela avec toute la solennité possible. Tous les prêtres du Séminaire y assistèrent et chantèrent la grand'messe et nos soeurs chantèrent les motets. Le concours du peuple y était si nombreux que l'église, quoique grande, avait peine à le contenir, pcmr voir ce qui ne s'était jamais vu. La prise d'habit de ma Soeur Du Gué fut prêchée par Monsieur Séguenot et se fit le 18 avril 1695. "Et plus loin, nous lisons : "Toutes celles de nos soeurs qui ont i>ris le voile l)lanc pendant notre demeure chez les Soeuis de la Congrégation ont toutes pei'sévéré généreusement et fait ])rofession et donnent lieu d'espérer, par la fidélité qu'elles ont à se former et acquérir les vertus de leur état, (pi 'elles seront un jour l'honneur de la i-eligion, la joie et l'exemple de leurs compagnes et \v l)onlieur de celles (jui les ont reçues."

La soeur Du (hié décéda le 21 décembre 1734, à l'Age de 57 ans, ai)rès (piai-ante ans de vie religieuse. Elle succomba à une maladie contagieuse contractée au service des ]): uvres.

JOSEPH-FRANCOlS DU GUE DE lîOIS- BRIAND

Né à l'île Sainte-Thérèse le 18 mars ](u9 ('Jô).

(25) naptl8<^ A la PoInto-uux-Troniblea

Décédé au même endroit le 10 février 1688, et iiiimmé à la Pointe-aux-Trembles.

ELISABETH DU GUE DE BOISBRIAiN 0

Née à l'île Sainte-Thérèse le 6 juin 1681 (26).

Coimne sa soeur aînée, elle se consacra à la vie religieuse à l'Hôtel-Dieu Saint-Joseph de Montréal. Entrée en 16: '7, elle fit profession en 1699.

Cette sainte religieuse succomba à la maladie contagieuse iiui ravagea cet hôpital en 1734. Elle décéda le 20 novembre 1734, dans la cinquante-quatrième année de son âge et la quarantième de religion.

Le passage suivant des Annales de l'Hôtel-Dieu de Saint-Joseph fait connaître ce que fut le terrible fléau qui emporta les deux soeurs Du Gué :

"Le navire du roi arriva, infecté de maladies contagieuses, fièvre pourpreuse et espèce de peste. On amena à l'hôpital un soldat pris de cette maladie, qui la donna dès le premier jour aux deux veilleuses." "Ma Soeur Du Gué, qui fut la cinquième attaquée du mal, eut d'abord tout le côté droit enflé prodigieusement et noir comme du charbon, ensuite, ce même côté dépérit si fort que son bras et sa main n'étaient pas plus gros que celui d'un enfant d'un an et que ses os semblaient avoir diminué. Ceux qui la veillaient et qui virent changer son visage plusieurs fois au point d'effrayer les plus hardis, pardonnaient volontiers d'avoir peur de cette cruelle maladie."

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