QUATRIÈME PARTIE
foyer de la fraternité, de la science et du dévouement.
Deux autres brochures, — deux bouquets de fleurs odorantes, — sont sur ma table.
La première chante la cinquantième année de la fondation du séminaire de Nicolet, et la seconde nous fait le récit de la " Réunion générale des Elèves du séminaire de St-Hyacinthe. De ces pages, où la poésie du cœur coule à pleins bords, s'exhale un parfum de famille qu'on ne se lasse pas de respirer. Ce sont deux soeurs charmantes qui font tour à tour passer devant nous, dans un panorama enchanteur, les qualités de leurs mères, avec les souvenirs qui les attachent au berceau de leur joyeuse enfance : c'est à qui ferait le plus beau portrait de sa mère bien-aimée.
Nicolet et St-Hyacinthe ! Quels noms, en effet, méritent plus l'amour et la reconnaissance, et commandent plus l'estime et l'admiration que ces deux noms ? Il suffit, pour en faire l'éloge, de nommer les Brassard — les Girouard — les Leprohon — les Lefrançois— les Ferland — les Provencher— les Prince — les Cooke — les Taché — les Larocque — les Laflèche — les Fabre — les Moreau — les Désaulniers— les Garon — les Raymond — les Gravel — les Ouimet — les Papineau — les Sicotte — les Laviolette — les Drummond— les Loranger — les Cassidy-— les Carter — les Ghapleau — les Langelier — les Rain ville— les Lavallée — les Millier — les Godard — les Gendron — les Bellemare — les Jacques — les Rémillard — les Primeau — les Allard — les Dumesnil — les Montpetit — les Brunelle et les Fontaine.
Messieurs, u après avoir vu passer devant nous cette glorieuse phalange, l'honneur de l'Eglise et de l'Etat, écoutons deux morceaux d'éloquence, que je choisis parmi tant d'autres qui ont un égal droit à l'admiration.
En sa qualité d'aîné, Nicolet a la parole. Son organe est M. Isaac Désaulniers, l'illustre professeur de philosophie au collège St-Hyacinthe :
" Il y a maintenant trente-sept ans que je demeure à St-Hyacinthe, et jamais je n'ai perdu un seul instant le souvenir de Nicolet. Malgré tout le plaisir et tout le bonheur que j'ai goûté à St. Hyacinthe, le séminaire de Nicolet a toujours eu néanmoins mes premières affections. J'ai beaucoup voyagé, j'ai parcouru une grande partie du monde, et j'ai eu l'occasion de contempler bien des monuments, d'admirer bien des beautés. Cependant, dans tous mes voyages, lors même que je voyais se dérouler devant moi toutes les grandeurs antiques de la Grèce ou de Rome, mes souvenirs classiques m'accompagnaient toujours, la pensée de Nicolet se retraçait toujours dans mon esprit.
Pour faire de bonnes études, un habile professeur et un bon directeur sont essentiels à l'élève. Je les ai eus dans la personne de M. Leprohon et de M. Ferland, qui a reflété tant de gloire sur cette maison et sur tout son pays. M. Ferland était tellement aimé de tous ses élèves qu'il semblait les tenir tous dans son cœur et dans sa main ; tous mes compagnons doivent se le rappeler. Comme chacun a aimé à parler de son temps, je parle, moi aussi, du mien. Nicolet peut être fier d'avoir produit St-Hya-