‹ La famille et ses traditionsChapitre 130 sur 235 · C. G. de Montréal · texte numérisé non relu

C. G. de Montréal

Le 28 Avril, 1873.

Aujourd'hui, 28 avril, l'honorable Ministre de l'Instruction Publique, dont nous attendions la visite depuis le 14 mars dernier, a pu enfin trouver dans les nombreuses occupations et préoccupations de son nouveau ministère assez de loisir pour accomplir sa promesse.

Accompagné de M. le principal Archambault et de Messieurs les Commissaires L. Bélanger et P. S. Murphy, Son Honneur visita d'abord les cours primaire, intermédiaire et commercial, sans interrompre les classes. Partout il manifesta sa satisfaction,pour la manière dont se fait l'enseignement dans cette institution.

A la salle académique l'Honorable Premier prit plaisir à voir les élèves de M. A. J. Boucher exécuter en cadence leurs évolutions callisthéniques, et surtout à les entendre solfier avec une harmonie,

un aplomb qu'aurait pu leur envier plus d'un président de lutrin.

A la suite de ces différents exercices, Alphonse Parant, élève de la classe de littérature, lut et présenta à Son Honneur l'adresse suivante :

Monsieur le Ministre,

Nous sommes heureux de saluer en vous non seulement le successeur, mais encore le digne remplaçant de l'Honorable M. Ghauveau au poste éminent de Ministre de l'Instruction Publique.

En apprenant que cet homme illustre, dont le zèle et le talent ont fait marcher, pendant près de vingt ans, le char de l'Education dans une voie si glorieuse, venait d'abdiquer la charge qu'il a si dignement remplie, nous avons ressenti une grande douleur ; et cette douleur n'était que de la reconnaissance, car cette maison doit, en partie, à l'Honorable M. Ghauveau son existence et sa renommée.

Mais nous nous sommes consolés en apprenant que la succession de notre bienfaiteur était tombée dans les mains d'un légiste aussi distingué, d'un homme d'Etat aussi consciencieux, et d'un ami aussi sincère que l'Honorable M. Gédéon Ouimet.

Puisse la Providence vous maintenir aussi longtemps que votre prédécesseur à cette charge importante, dont cette maison est glorieuse de voir aujourd'hui dans ses murs l'un des premiers actes officiels, acte qu'elle energistrera avec orgueil dans ses Archives.

Tel est, Monsieur le Ministre, le vœu que nous

Page 1