DISCOURS DE M. LE JUGE A. B. ROUTHIER
SUR LA NATIONALITÉ CANADIENNE-FRANÇAISE ET LA RELIGION CATHOLIQUE AU U CONGRÈS CATHO- LIQUE de Québec" du 25 juin, 1880.
Messeigneurs, Excellence, Mesdames, Messieurs,
Pour m'élever à la hauteur du sujet qui m'est indiqué et pour le traiter d'une manière digne de l'auditoire qui m'écoute, je voudrais avoir l'éloquence d'un homme dont on a peu parlé comme orateur, et qui, cependant, avait reçu de Dieu, plus
qu'aucun autre peut être, le don puissant de l'éloquence.
Je voudrais avoir la parole de cet éloquent merveilleux que Jésus Christ lui-même a proclamé le plus grand des enfants des hommes, et qui a été donné pour patron au dernier-né des peuples.
Saint Jean-Baptiste, en effet, a dû être un très grand orateur, puisque sa parole austère et inspirée attirait autour de lui des foules immenses.
C'était un homme étrange qui sortait du désert, qui vivait comme un sauvage, qui ne cherchait à plaire à personne, qui ne craignait pas de dénoncer à la réprobation publique le roi Hérode et les puissants de Jérusalem, qui prêchait la pénitence et poursuivait le crime de ses anathèmes.
Et cependant, lorsque cet homme étrange s'arrêtant au bord du Jourdain, à l'ombre d'un palmier ou d'un sycomore, montait sur une pierre pour an. noncer au monde la venue du Christ, sa parole avait un tel retentissement que, dans toutes les villes de la Judée, de la Samarie, et du fond même de l'Arabie, les multitudes accouraient l'entendre! (Applaudissements.)
Grâce à Dieu, je m'adresse à des Canadiens-français, c'est-à dire à des catholiques, car il n'y en a pas d'autres — au moins dans cette enceinte — et je n'ai pas besoin d'avoir l'éloquence de leur admirable patron pour les convaincre de cette vérité : que la nationalité canadienne-française et la religion catholique doivent rester inséparablement unies.
Cette affirmation me paraît tellement évidente que je suis tenté de la considérer comme un lieu