CINQUIÈME PARTIE
Et nous, dont tous les cœurs, sur un lointain rivage, Nocher trois fois béni, sont tournés vers ton bord, Apprends qu'Ignace ici fait chérir de notre âge Ta devise précieuse, et ton astre et ton port.
R. P. A. Vasseur, S. J.
Le Colisée.
u Le Colisée est sans contredit le monument le plus admirable de la puissance romaine sous les Césars : c'était le grand amphithéâtre de Rome. Les empereurs Vespasien et Titus employèrent les juifs à sa construction ; et ainsi deux grands monuments perpétuent le souvenir de la double captivité de ce peuple infidèle et déicide : les Pyramides en Egypte, et le Colisée à Rome.
Cette terre abreuvée du sang de nos ancêtres dans la foi est un des lieux les plus émouvants de Rome, et l'on peut lui appliquer les paroles de Saint Pie V à un ambassadeur polonais qui lui demandait des reliques pour son souverain. Prenant en ses mains de la poussière, il lui dit : " Portez cette terre à votre maître, il suffit de la presser pour en faire sortir le sang des martyrs."
La vue des ruines de ce célèbre monument a inspiré à M. le juge Routhier les beaux vers sui vants :
On dit que le Boa, le grand serpent d'Afrique, Quand il est bien repu de chair vive et de sang, Se recourbe et s'endort d'un sommeil léthargique, En serrant les anneaux de son orbe impuissant.
Quand je te vois gisant sur ton lit de poussière, Immense Golisée aux arceaux surannés, Je me dis que sans doute, ô grand monstre de pierre, Tu cuves les festins que César t'a donnés !
Hélas ! il t'a servi tant de chair virginale, Versé tant de sang pur pour apaiser ta faim, Que tu n'as pu survivre à l'orgie infernale, Et que ton lourd sommeil n'aura jamais de fin !
Eternel monument de haine et de luxure Je suis à ton aspect tenté de t'exécrer ; Mais le sang des martyrs a lavé ta souillure, Et quand je viens à toi, c'est pour te vénérer !
Je le baise en pleurant ton marbre séculaire, Et tremblant de respect, d'amour et de terreur, Je pétrirais mon pain de ta sainte poussière, Sûr d'y puiser un sang qui me rendrait meilleur.
Un ange a sa mère.
A Mme U. E. Archambaull.
fel n te quittant, ma mère, au ciel je suis monté ! d n jour, j'en descendrai pour fermer ta paupière ; tJ ans les palais d'azur de la sainte Cité, C ù brillera sans fin la divine lumière, td éunis, triomphants, pendant l'éternité W nsemble nous dirons : Gloire à Dieu, notre Père !
Ls-A. Brunet.