VI LETTRES DE BIENVENUE
rons ici sur des ruines ; nous travaillons autant qu'il est en nous à sauver les derniers débris de Tordre social chrétien, que la révolution triomphante s'acharne à mettre en poussière ; nous sommes plus que jamais aux prises avec des ennemis implacables, dont toute la politique consiste à arracher du cœur de nos enfants et de la conscience du peuple les premières idées de respect. Vous, Canadiens, au contraire, vous demeurez comme les héritiers et les représentants de ces principes éternels, auxquels vous devez votre constitution et même votre existence. La Nouvelle-France d'autrefois, que peuplèrent et civilisèrent les rejetons de nos familles modèles, peut contempler dans l'histoire intime de ces familles les sources morales de sa propre histoire.
Je vous remercie, très-honoré monsieur, et en même temps, je vous félicite ; car l'œuvre que vous voulez bien m'annoncer comme devant paraître prochainment ne pourra que vous faire grand honneur. Les accents qui éclatent sous votre plume, dans les lignes dont vous m'avez offert les suaves parfums, ces accents vibrants, reproduits dans un livre que la poésie concourra à embellir, vous assureront un succès fécond de propagande.
Pour moi, je m'applaudis et m'applaudirai de plus en plus d'avoir rencontré en votre personne un apôtre si distingué et si dévoué de la cause sacrée qui, depuis dix ans, au milieu de nos épreuves chrétiennes et nationales, a le rare privilège de rallier les gens de bien de tous les partis.
Le Canada n'a-t-il pas, du reste, de beaux mo-