‹ La famille et ses traditionsChapitre 32 sur 235 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

de ces grandes familles. Parlant de ces races illustres que de mémorables services, d'incontestables talents, de brillantes vertus, ont placées à la tête de la société comme des phares lumineux, le célèbre Evêque d'Orléans dit : u Ces grandes familles, je les aime, je les respecte, je les vénère, parce que j'aime, je respecte et je vénère les grands souvenirs et les grandes choses. Je ne sache pas une nation dont elles ne soient la gloire et la force. Un grand nom, c'est le plus précieux des héritages. Un homme illustre, en donnant à ses fils l'éclat de la naissance, leur impose aussi l'obligation de ses vertus, car noblesse oblige."

" Nous avons, en outre, une noblesse à nous, dit encore M. l'abbé Tanguay, noblesse qui s'est acquise dans des luttes terribles, au commencement de la colonie. Elle est moins ancienne que l'autre, mais elle est plus nationale, plus complètement canadienne. Un sentiment bien digne de respect porte chacun à savoir jusqu'à quel point il s'y rattache."

C'est ce sentiment qui fait dire à M. de Ribbe : " Chacun, si modeste qu'il soit, lorsqu'il est issu de gens de bien, devrait avoir sa généalogie ; chacun doit y prendre intérêt et la transmettre à ses successeurs. La religion. eL la.- -nature créant aux descendants l'obligation de garder un culte.pour la mémoire de leurs ascendants^ pour ceux dont ils s'honorent de porter le nom, dont ils continuent la race, et auxquels ils tiennent comme les fruits aux branches, comme les branches aux racines. "

Fléchier disait dans l'oraison funèbre de Mme de

Montausier : " Il y a une noblesse d'esprit plus glorieuse que celle du sang, qui inspire des sentiments généreux et une louable émulation, et qui fait descendre, par une heureuse suite d'exemples, les vertus des pères aux enfants. "

Cette noblesse, Messieurs, ne nous a pas plus manqué que les autres. Les paroles suivantes du vénérable historien de la Nouvelle-France en font foi : " On doit rendre cette justice à la colonie, dit le Père Gharlevoix, que la source de presque toutes les familles qui y subsistent est pure. Je crains d'autant moins d'être contredit sur ce point que j'ai vécu avec quelques-uns des premiers colons, tous gens encore plus respectables par leur probité, leur candeur et la solide piété dont ils faisaient profession que par leurs cheveux blancs et le souvenir des services qu'ils avaient rendus. "

Enfin, un dernier genre de noblesse doit nous rendre fiers de nos ancêtres : c'est la noblesse du talent. De cette noblesse, comme d'une source intarissable, sont sortis la plupart de nos grands hommes : nos intrépides évêques, nos guerriers sans peur et sans reproche, nos juges intègres, nos savants légistes, nos hommes d'état, nos médecins distingués, nos orateurs, nospoëtes, nos publicistes et nos grands historiens !

A nous, leurs fils et leurs concitoyens, d'étudier leur noble vie, et de transmettre à nos enfants, avec l'admiration- pour leurs talents, le désir d'imiter leurs vertus.

Une grande dame, à qui l'auteur de " l'Histoire

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