VIII LETTRES DE BIENVENUE
duction en allemand de mon livre intitulé : La Vie Domestique, ses modèles et ses règles, qui vient de paraître à Golmar. Le traducteur me dit qu'elle se propagera sûrement, grâce au concours de tous les journaux catholiques de l'Alsace-Lorraine, de la Bavière, de la Prusse rhénane, du Wurtemberg etc. Vous aurez, je n'en doute pas, un semblable appui dans votre presse canadienne.
Je vous prie, très-honoré monsieur, d'agréer l'expression de mes sentiments les plus distingués et dévoués.
Charles de Ribbe.
(Aix-en-Provence).
Monsieur,
Un livre, comme le vôtre, écrit dans le but de faire aimer la religion et la patrie en faisant aimer la famille, est certainement une œuvre excellente et qui mérite encouragement.
Je vous loue d'avoir écrit sur un sujet aussi important. Votre ouvrage devrait être dans toutes les familles, car il est écrit dans un esprit qui ne peut qu'affermir la foi et exalter le patriotisme.
En vous souhaitant le succès que vous méritez à si justes titres, je me joins à ceux qui aiment à répandre la saine littérature dans nos familles canadiennes.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, Votre obéissant serviteur,
Gédéon Ouimet, Surintendant de F List. Pub. de la Prov. de Québec
lettres de bienvenue ix
Mon cher monsieur Brunet,
Votre livre sera non seulement une œuvre utile, mais encore une bonne œuvre. Il fera envisager, sous un point de vue trop oublié, une des actions les plus importantes de la vie. Les jeunes gens, en Canada, plus qu'ailleurs, il me semble, surtout ceux qui' étudient dans des pensionnats, ne voient, trop souvent, dans l'avenir qu'une occasion de distractions et d'amusements. Trompés par leurs illu sions, ils se préparent assez peu à la vie de famille. Aussi, ils en oubliant bien vite les devoirs, s'ils les ont jamais connus. C'est ce qui explique pourquoi l'éducation des enfants est mal dirigée, et pourquoi tant de parents se plaignent de leur conduite quand ils n'ont pas à en rougir.
Il se passe au milieu de nous un fait qui devrait frapper les esprits sérieux : c'est qu'il ne se fonde plus de famille aujourd'hui. Quand un jeune homme est parvenu à s'établir, son premier soin est de faire de ses enfants des espèces d'idoles. Ceux-ci, habitués au luxe et à l'oisiveté, ignorant le côté sérieux de la vie, ne songent jamais à porter plus haut la réputation et la fortune que leur père s'est acquises. Ils lui sont presque toujours inférieurs du côté des talents, et ils élèvent à leur tour une famille sans nom qui disparaît bientôt dans les recoins obscurs de nos villes. Et c'est à recommencer.
Nos ancêtres étaient loin d'en agir ainsi : M. de Ribbe l'a montré assez clairement dans ses ou-